Samedi 21 janvier 2012 6 21 /01 /Jan /2012 19:31

Rappelez-vous la fin 2010 et la crise financière internationale vécue par tous comme marquée par des difficultés économiques qui exacerbaient un sentiment d'injustice largement partagé par les Français.

 

Un an après, la crise grecque a sonné le tocsin sur l'ensemble de la zone euro, le triple AAA permettant à l'État d'emprunter à meilleur compte se réduit à une triple Apparence, tandis que le chômage atteint un taux record de 2,9 millions de demandeurs d'emploi, non compris les personnes exerçant une activité réduite et celle qui, pour une raison ou une autre, sont rayées des listes. Ajoutez-y l'estimation de l'INSEE qui attend un chômage dépassant les 10% de la population active en juin prochain et la pauvreté qui s'étend au point que les Resto du Coeur enregistrent de 5 à 8% de demandes d'aide supplémentaires depuis la fin du mois de novembre et vous ne pourrez pas voir les mois qui viennent autrement qu'en gris foncé.

 

Or, nous aurons beau multiplier les dispositifs d'accompagnement, sans croissance aucune reprise de l'emploi ne peut être espérée et le mouvement de désindustrialisation engagé depuis 2009 (880 sites fermés et 100 000 emplois industriels perdus, selon une récente étude Trendéo) ne fera que se prolonger.

 

Après l'annus horribilis de 2011, nous nous apprêtons à entrer dans une annus dolorosa. Et les salaires pratiqués dans le monde du football ne viendront pas calmer le sentiment d'injustice en faisant espérer l'ouverture d'une annus mirabilis.

 

 

Par Patrick Lamarque - Publié dans : Le fil d'Ariane
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Samedi 21 janvier 2012 6 21 /01 /Jan /2012 00:00

Exclamation Cela faisait beau temps que l'on attendait une méthode pour prendre en compte les risques psychosociaux dans le document unique. Chacun (moi inclus!) bricolait de son côté, avec plus ou moins de bonheur. Or, voilà que l'ANACT vient de publier un kit, clair et pédagogique, accompagné de fiches pratiques, pour conduire une démarche rigoureuse et véritablement opérationnel.

 

De surcroît, le kit est téléchargeable sur le site de l'ANACT à l'adresse ci-après : http://www.anact.fr/web/actualite/essentiel?p_thingIdToShow=23389598......

 

 

Par Patrick Lamarque - Publié dans : Management
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Lundi 16 janvier 2012 1 16 /01 /Jan /2012 19:40

 

 

NaufrageLe naufrage du Costa Concordia dans la nuit du vendredi 13 janvier vient nous rappeler combien il est important pour toute entreprise de se préparer à la gestion des crises.

 

Certes, comme l’indiquait à l’AFP le président de Costa Croisières France, Georges Azouze « c'est le premier accident de ce type depuis 26 ans que je suis dans la compagnie ». Certes, le bâtiment était récent puisque sa mise en service ne remontait qu’à 2006. Certes, les interventions médiatiques des responsables de l’entreprise ont montré qu’ils maîtrisaient assez bien la prise de parole dans pareille situation : évocation des faits, des enquêtes en cours, pensées pour les victimes (même si c’était un peu tard dans le discours et relativement formel).

 

Qui n’est pas préparé…

Mais voilà, quand un commandant quitte le navire trois heures avant les derniers passagers valides et après avoir tergiversé plusieurs heures sur la conduite à tenir, quand l’équipage donne des ordres contradictoires, quand le matériel de sauvetage fonctionne mal, on ne peut pas reprocher leur colère aux survivants. Quand s’ajoute à cette situation une absence de prise en charge correcte (cellule psychologique, soutient financier au rapatriement, mise en place de lignes téléphoniques…) à l’image de ce qui se passe dans les compagnies aériennes en cas de crash ou de grève et que quatre jours plus tard les membres d'équipage sont abandonnés par leur employeur et livrés à eux-mêmes, on est forcé de considérer que Costa Crociere ne s’est pas préparée à une situation de crise de cette nature. Pourtant une évidence dans une entreprise de transport maritime. De surcroît, il est patent qu’elle n’a pas réalisé le moindre benchmark sur la façon de gérer les naufragés, malgré les expériences nombreuses existantes, tant en matière maritime qu’aéronautique ou autoroutière.

 

D’ailleurs, cette impéritie se manifeste sur le site Internet de l’entreprise qui, plusieurs jours après la catastrophe, ne mentionne rien sur son site et même, laisse ouverte la page d’inscription aux prochaines croisières sur le Concordia ! Ce n'est que trois jours après le naufrage qu'un communiqué de circonstance apparaît.

Costa 1

Costa 2

 

 

 

 

   

Communiquer c’est bien, agir c’est mieux 

Cette situation donne à penser que communiquer c’est essentiel en période de crise, mais agir ne l’est pas moins. Si, l’entreprise responsable de la crise donne le sentiment qu’elle laisse les pouvoirs publics la régler, cette socialisation impudente du risque passe mal dans l’opinion.

 

S’ajoute à cette remarque le constat selon lequel, plus un dispositif devient massif (plus de 4200 passagers dont 3000 touristes, embarqués sur un bâtiment de 290 mètres de long) plus les conséquences communicationnelles et commerciales d’un accident s’accroissent : une demi-douzaine de morts sur un yacht de 15 mètres ne causent évidemment pas le même bruit médiatique qu’un nombre équivalent de morts sur un aussi spectaculaire paquebot.

 

Tout un secteur impacté

Un troisième constat doit être enfin apporté, celui de la grande porosité des images d’entreprises, tant il est vrai que dans les prochains mois c’est tout le secteur de la croisière qui va être touché de plein fouet. Un secteur pourtant florissant et qui promettait de forts taux de croissance cette année.

Par Patrick Lamarque - Publié dans : Crises
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Vendredi 13 janvier 2012 5 13 /01 /Jan /2012 15:58

Self help1L'accroissement de l'inquiétude pour l'avenir - phénomène global qui accompagne la mondialisation - introduit, chez nos contemporains, un déplacement de la compréhension de leur relation au monde. D'un ancien paradigme social structuré autour des liens institutionnalisés avec les autres, on a glissé vers un paradigme personnel centré sur son propre bien-être comme voie principale d'insertion dans sa vie. Sur cette base, s'est développé ce que les américains nomment le "self help", ou "self improvement". En témoigne la part croissante des ventes d'ouvrages traitant du bien-être personnel. Ainsi, par exemple, l'ouvrage de Rick Warren "The Purpose Drive Life", vendu à 25 millions d'exemplaires en 3 ans).

 

Or, cette évolution représente une contrainte dont le poids s'accroît à mesure que le rythme des changements s'accélère au point même de constituer le mode de vie actuellement dominant. L'individu y est soumis à une réélaboration constante de lui-même, liée à l'interpénétration grandissante de sa vie professionnelle et sa vie personnelle. Le travail sur lui-même qu'il est plus ou moins forcé de conduire consiste principalement à maintenir sa sécurité personnelle dans un contexte d'incertitude accrue et de pression émotionnelle renforcée.

 

D'où, à la fois la montée en flèche du syndrome de fatigue chronique et le succès croissant des associations d'entraide mutuelle qui permettent de rompre l'isolement et d'entrer d'une façon sécurisé dans l'arène des relations interpersonnelles.

Par Patrick Lamarque - Publié dans : Responsabilité sociale
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Dimanche 8 janvier 2012 7 08 /01 /Jan /2012 07:50

Ch AndréMéditer, jour après jour - 25 leçons pour vivre en pleine conscience

 

Christophe André

 

L'Iconoclaste, Paris, 2011

 

 

Voilà, tout simplement dit, un manuel de vie. Comment arriver à être présent à ce qui nous advient, sans nous laisser submerger par les événements du quotidien? Comment s'appuyer sur son souffle et ses perceptions pour accueiller avec bienveillance et détachement les souffrances de la vie sans se laisser submerger? Comment apprendre à savourer un à un les bonheurs, grands et petits, qui confèrent à la vie sa saveur?

 

Christophe André, qui anime à l'hôpital Sainte-Anne de Paris des groupes de méditation pour aider les patients à se libérer de leurs souffrances nous livre, à travers 25 leçons empreintes d'humanité, les clés de la pratique de la peine conscience. Il le fait dans un ouvrage qui se présente comme un objet magnifique, superbement illustré et complété d'un CD pour accompagner les méditations.

 

C'est là une occasion, dans ce siècle précipité, d'arrêter un instant le flot des choses pour vivre mieux.

Par Patrick Lamarque - Publié dans : Le coin des livres
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Le fil d'Ariane

 

Un besoin de lumières et de couleurs 

 

En cette rentrée, pour l'amateur d'art contemporain, la couleur investit les galeries. Voici revenu le temps des teintes franches, joyeuses, avec un faux air de sixties. Le dessin devient souvent plus libre, la technique "all over" (l'utilisation de toute la toile comme si l'oeuvre la débordait) qui fit fureur à la suite de Jackson Pollock dès les années cinquante est de retour. Fini la raideur des noirs, l'enfoncement des gris et les sonorités sourdes des terres.

 

Comme souvent, la peinture annonce ce qui est en train d'arriver dans les intérieurs, les objets, la vie, les esprits. Dans les temps moroses que nous traversons, où l'inquiétude imbibe les âmes, où le chômage tutoie ses records et où la crise économique fait couler le bain de la morosité, le besoin de lumière dans les yeux et de couleurs dans le coeur se fait plus fort que jamais.

 

peut-être suis-je exagérément optimiste, mais j'y vois là la prémonition d'une mobilisation des enthousiasmes pour employer à plein nos capacités de rebond.

 

 

Digest

 

Patrick Lamarque est conseil de dirigeants en matière de stratégie, de gestion des crises et de management du changement. Il est également coach pour dirigeant privés et publics. Il opère en France et à l’étranger.


Ancien élève à l'Ecole Nationale d’Administration, Patrick Lamarque, dans les années 80, a créé la mission communication interne et maîtrise du climat social à la Ville de Paris, coordonné la communication gouvernementale auprès du Premier ministre et conseillé pour sa communication le ministre de la Défense. Dans les années 90, il dirige la communication de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Bordeaux, puis celle de la Ville et de la Communauté Urbaine de Lyon. Il est ensuite appelé comme Conseiller auprès du Secrétaire d'État à la Défense, puis auprès de la Secrétaire d’Etat aux Personnes handicapées avant d’être chargé de la concertation et de l’accompagnement social à la Délégation Générale pour l’Armement.


Introducteur des études qualitatives dans l’analyse politique il a développé ces méthodes pour structurer une démarche globale de maîtrise du climat interne de l’entreprise. Il a développé une approche novatrice d’entretiens de confrontation pour la résolution de conflits.


À partir de son expérience dans la gestion de la communication de la Défense durant la première guerre du Golfe, il a créé une méthodologie de maîtrise des crises qui a fait ses preuves dans de multiples situations difficiles, lors de crises de changement, de situations d’urgence psychosociale ou de plans de sauvegarde de l’emploi.


Il enseigne à l’ENA, au CELSA, à l’EFAP, dans plusieurs universités françaises ainsi qu’à l’École Supérieur du Commerce et des Affaires de Casablanca et à l’Université de Buenos-Aires. Chroniqueur radio, il est auteur d’une vingtaine d’ouvrages.

 

 

 

Le jardin haïku

 

Quelques beaux poêmes

 

Dans une vieille mare,

une grenouille saute,

le bruit de l'eau.

Bashö (1644-1694)

 

 

Porté par l'obscurité.

Je croise une grande ombre

dans une paire d'yeux.

Tomas Transtromer (Prix Nobel 2011), traduit par Jacques Outin


 

Sur la plage

je regarde en arrière

pas la moindre trace de pas.

Hosai  (1885-1926)

 

 

J'étais là moi aussi -

et sur un mur blanchi à la chaux

se rassemblent les mouches.

Tomas Transtromer (Prix Nobel 2011), traduit par Jacques Outin

 

 

Il n'y a rien

dans mes poches -

rien que mes mains.

Kenshin (1961-1987)

 

 

Un papillon blanc sort
D'entre les rayures d'un zèbre.

Sei Imai

 

 

Plus que de l'aveugle
Du muet fait le malheur

La vue de la lune.

Kyoraï


 

Quelques essais personnels

 

Le bolet doré

au couteau de l'automne

craque mollement.

P.L.

 

 

La nuit est posée

l’hiver gagne la ville –

Frisson de moineau. 

P.L.


 

Un mille-pattes trébuche

-bruit de catastrophe-

entre quelques brins d'herbe.

P.L.


 

Cul grisâtre 

d'une bouteille lancée

dans la mer étroite -

bonjour Trieste.

P.L.

 

 

Goutte à goutte

- loupes hallucinées -

le toit s'égoutte.

P.L.

 

 

Au profond de la nuit

rentrent les meurtriers

le devoir accompli.

P.L.

La citation de la semaine

 

Que demander de mieux à un penseur que d’inquiéter son temps par le fait d’avoir lui-même un rapport inquiet à son histoire comme à son présent ? Georges Didi-Huberman. Survivance des lucioles.

 

Patrick Lamarque

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