Le coin des livres

Samedi 6 mars 2010 6 06 /03 /Mars /2010 19:11
Risques PS (VTE)SCOP VTE (Violence, Travail, Environnement)

Risques psychosociaux au travail

Paris, Éd. Liaisons sociales, 2008



VTE est un collectif pluridisciplinaire qui explore les risques psychosociaux au travail, constitué en Société Coopérative Ouvrière de Production depuis 1998. Il aborde la problématique des RPS en tentant de prendre en considération leurs différentes dimensions : il s'agit, écrive ses auteurs, de "considérer l'ensemble des conséquences de la situation. La crise ne touche pas seulement les salariés. Elle contamine l'ensemble de l'organisation du travail et de son management."

Phénomène systémique donc, qui nécessite cependant de regarder "les besoins des personnes tels qu'ils s'exprime" de sorte qu'entre "curatif et préventif, (...) il est impératif d'agir sur l'ensemble des niveaux de prévention..." D'où, leur refus des simplifications dans l'approche de la souffrance au travail et leurs efforts pour penser le "besoin de contenance", "d'enveloppe protectrice"  qui participe du sens du travail pour les salariés.

S'ensuit un parcours très clair à travers les concepts de de base, puis une série d'approches terrain : mal-être et stress, risques suicidaires, agressions, harcèlement, conflits, conduites addictives, plans sociaux.

Une lecture intéressante qui remet les choses en perspectives, en leur donnant leur juste place.
Par Patrick Lamarque - Publié dans : Le coin des livres
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 28 février 2010 7 28 /02 /Fév /2010 22:18
BinebineMahi Binebine

Les étoiles de Sidi Moumen

Paris, Flammarion, 2010



Je connaissais Mahi Binebine comme l'un des meilleurs peintres et sculpteurs contemporains du Maroc. J'aime ses corps épurés et graphiques tendus par toutes les émotions du monde. La souffrance souvent. Le cri, la jouissance avec une irrésistible évocation du célèbre Guernica de Picasso. J'avais d'ailleurs trouvé beaucoup de plaisir à découvrir son exposition à Venise l'été dernier.

Mais, à ma grande honte, je ne connaissais pas l'écrivain. En traînant chez un libraire la semaine dernière je suis tombé sur son dernier opus, à peine sorti des presses. "Les étoiles de Sidi Moumen" s'inspire des attentats de Casablanca, le 16 mai 2003. Il y campe un enfant du bidonville de Sidi Moumen, en lisière de la capitale économique marocaine qui grandit parmi ses dix frères et ses copains, réunis dans une équipe de foot, Les étoiles de Sidi Moumen, laquelle brille dans le championnat des bidonvilles.

Avec une tendresse infinie, il décrit les combats, les souffrances et les petits bonheurs de celui qui a choisi le surnom de Yachine, parce qu'il est le goal de son équipe et qu'il admire le grand Lev. Tout Binebine est là, dans ce mélange de misère et de bonheurs simples, qu'il s'exprime avec le pinceau, le burin ou le stylo.

On renifle la puanteur de la décharge publique que les gamins fréquentent assidûment, le hashich et la colle qu'ils sniffent. On se glisse dans l'atelier de réparation de mobylettes et on prend part aux bagarres homériques où l'on étripe pour passer le temps et imposer son existence. On fréquente aussi ce garage désaffecté où un certain Abou Zoubeïr accueille un par un les gamins et leur promet un monde béni aux milliers de houris, ces vierges offertes à celui qui franchit les sept cieux pour atteindre la lumière. "À l'entendre, remarque le jeune Yachine, on aurait juré qu'il était mort dix fois et que dix fois il avait ressuscité..."

Progressivement, on comprend comment ces enfants élevés par la rue et la décharge reconstituent entre eux une famille de substitution et combien il est aisé, pour les jeunes prédicateurs, de camper pour eux les référents qui leur manquent. Jusqu'au carnage dans un grand hôtel.

Tout est suggéré de cette humanité humiliée et douloureuse et de la force que donne le groupe pour traverser les épreuves aussi bien que pour se jeter dans le néant. Une leçon pour qui, au-delà de la question des attentats s'efforce, de comprendre la dureté de certaines banlieues et, plus généralement, l'indispensable soutien du groupe pour affronter les épreuves. Quelle que soit leur nature. Dans la vie comme dans l'entreprise parce qu'aujourd'hui individualisme et compétition conjugués font qu'il est de plus en plus difficile "d'être soi", comme disait Ehrenberg.
Par Patrick Lamarque - Publié dans : Le coin des livres
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 12 janvier 2010 2 12 /01 /Jan /2010 18:21
survivre aux crisesJacques Attali

Survivre aux crises

Paris, Fayard, 2009



Après la trêve des confiseurs, retour à la réalité. Cette réalité, c'est le monde en crise. Et on n'est pas sorti d'affaire.Même si les bourses ont repris du poil de la bête, plusieurs banques sont encore insolvables, les produits spéculatifs risqués continuent de s'accumuler, les déficits publics se creusent, le niveau de la production et la valeur des patrimoines restent inférieurs à ce qu'ils étaient avant la crise, le nombre des faillites croît, le chômage s'amplifie...

En résumé, «l'incapacité de l'Occident à maintenir son niveau de vie sans s'endetter, qui est la cause profonde de la crise, est loin d'avoir été résorbée», selon Jacques Attali. Et pour ne pas se faire mettre en pièces par cette crise, un seul impératif : ne compter que sur soi et adopter d'audacieuses stratégies. Car, à l'en croire, le pire reste à venir.

Dans ce nouvel essai, "Survivre aux crises", il propose une stratégie de survie destinée tant aux individus qu'aux entreprises ou aux gouvernements.

Cette survie, explique-t-il, se joue sur le long terme. Extrait : «Elle ne réside pas dans la conservation, mais dans le dépassement. Elle n'est pas un pari sur l'unité, mais sur la diversité. Elle dépend moins de la prudence et de la précaution que de l'audace. Elle n'est pas invite à la destruction des autres, mais à la construction de soi. Elle n'implique pas la compétition, mais la coopération et la recherche d'alliés.»

Concrètement, sa stratégie de survie s'organise autour des sept principes  :

1. Respect de soi-même : prendre pleinement conscience de soi et de son propre sort sans rien attendre des autres.

2. Intensité : se former une vision de soi-même et se projeter sur le long terme en n'oubliant jamais que le temps est une rareté et qu'il faut vivre chaque instant comme si c'était le dernier.

3. Empathie : toujours se mettre à la place des autres, tenter de les comprendre et d'anticiper leurs comportements afin de pouvoir identifier les amis et les ennemis.

4. Résilience : constituer assez de défenses, de réserves et de plans de rechange pour faire face à chaque difficulté.

5. Créativité : si la crise s'installe ou s'inscrit dans une tendance irréversible, transformez tout cela en opportunités.

6. Ubiquité : si malgré tous vos efforts vous ne vous en sortez pas, passez sans hésiter dans le camp des vainqueurs et tenez-vous prêt à naviguer dans l'ambiguïté et dans l'ubiquité.

7. Pensée révolutionnaire : dans une conjoncture extrême, osez transgresser les règles du jeu tout en persistant dans le respect de vous-même.

Reste simplement à appliquer le programme...

Par Patrick Lamarque - Publié dans : Le coin des livres
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 10 janvier 2010 7 10 /01 /Jan /2010 19:05
MerveilleuxBoris Cyrulnick

Un merveilleux malheur

Odile Jacob, 2002 (édition originale 1999)


On s'est toujours émerveillé devant ces enfants qui ont triomphé d'épreuves immenses. Le malheur n'est jamais pur, pas plus que le bonheur. Un concept permet de comprendre comment ont fonctionné ceux qui en ont triomphé, celui de résilience. Il a fait avancer, depuis les années 70, l'approche de la maltraitance des enfants.

p. 8 "Quand le mot "résilience" est né en physique, il désignait l'aptitude d'un corps à résister à un choc. Mais il attribuait trop d'importance à la substance. Quand il est passé dans les sciences sociales, il a signifié "la capacité à réussir, à vivre et à se développer positivement, de manière socialement acceptable, en dépit du stress ou d'une adversité qui comportent normalement le risque grave d'une issue négative". Cette définition, citée par Cyrulnik, est empruntée à S. Vanistendael.

Pour l'auteur, une défense contre l'adversité, prend la forme de l'oxymoron, cette figure de rhétorique qui associe deux termes antinomiques (ex. l'obscure clarté). Par un travail sur lui-même, mais dans le contexte de son environnement, l'individu trouve la réponse personnelle qui lui permet de valoriser le positif qui est en lui.

Ainsi, la résilience est-elle une démarche personnelle dans laquelle intervient l'inter-relation avec le contexte. Face à l'adversité, certains individus sont plus résilients que d'autres et l'essentiel de la démarche de Cyrulnik consiste à s'attacher à observer ceux qui s'en sont sortis pour comprendre les moyens qu'ils ont mis en oeuvre? C'est une démarche originale qui dépasse le tropisme habituel du "professionnalisme" qui conduit, parce qu'il ne s'attache qu'aux cas difficiles, à prédire, par exemple, que ceux qui ont été maltraités, maltraiteront. Or, c'est ommettre une règle habituellement observée: 1/3 s'en sortent bien, 1/3 ont des difficultés, 1/3 basculent dans la délinquance. De plus, ceux qui ont traversé des épreuves difficiles, parce qu'ils deviennent plus créatif ou plus combattifs, réussissent souvent mieux que ceux qui n'ont pas connu de vraies difficultés.

Mécanismes à l'oeuvre chez les résilients :

> la sublimation (le rôle du rêve qui vous protège du réel ou qui vous pousse à espérer)
> le contrôle des affects et la relativisation des événements qui s'ensuivent
> l'humour et l'altruisme.

Mécanismes sociaux qui l'aident :

> l'exercice de la parole (à condition qu'elle ne devienne pas une arme contre les autres)
> la socialisation, le sentiment d'appartenir à un groupe, de ne plus être seulement marqué par son étrangeté
> le "pouvoir façonnant du regard des autres" (qui peut être très négatif ou très positif).

... S'en souvenir dans la gestion des risques psychosociaux...
Par Patrick Lamarque - Publié dans : Le coin des livres
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 3 janvier 2010 7 03 /01 /Jan /2010 23:02
NDNicole d'Almeida

La société du jugement - Essai sur les nouveaux pouvoirs de l'opinion

Armand Colin, Paris, 2007.



L'ouvrage de Nicole d'Almeida, professeur au CELSA, analyse la notion de réputation "au croisement du voir et du juger". La réputation est ainsi une opinion qui mobilise un jugement. Et, en jugeant, l'individu se confronte au monde et lui donne un intelligibilité, un sens. Ainsi, "juger(...) c'est entrer en société".

L'auteur conteste ainsi implicitement l'idée de société du spectacle et entend refonder la notion d'opinion, fondement de la vie démocratique : "L'opinion, écrit-elle, ne produit pas que du brouhaha (...) elle produit aussi de l'interprétation et du sens, elle exerce une forme de contrôle ou d'interpellation des pratiques et des institutions.."


Extension du domaine du jugement


La dynamique de l'opinion croise le fonctionnement des sociétés et des marchés. Le régime de l'opinion n'est pas celui du consensus mais de la pluralité et de la publicité, en tant qu'annonce faite à autrui. Partant des thèses d'Habermas sur l'espace public, elle montre que plus nombreuses sont les parties prenantes (ONG...) et plus divers les sujets (économie, environnement, santé), plus les choix économiques et de consommation sont ainsi mis en question, valeur d'usage contre valeur symbolique. Du coup, de nouveaux espaces de débat apparaissent dans lesquels il s'agit d'organiser l'accord en maîtrisant le conflit.

Trois lieux de l'espace public émergent : le spectaculaire (Act Up....), le médiatique (cf. la construction de l'icône Florence Aubenas, en son absence) et le juridique (sur ce point cf. class action). La gouvernance s'étend à ce que l'on nomme aujourd'hui les "parties prenantes" ("stakeholders") et Internet est un lieu de plus en plus usité tant par les minorités agissantes que par les entreprises qui cherchent (un peu comme les États) à élargir les bases et la crédibilité de leur action.


La réputation entre imputation et députation


La réputation devient donc une variable économique à part entière et ce terme ancien reprend une vigueur qui détrône des notions voisines comme celles de renommée, de notoriété ou d'image". Cette remarque renvoie à la fama latine ou au fame anglais et croise l'économie et la morale.

Nicole d'Almeida propose alors de "penser la réputation entre deux termes proches qui renvoient à deux positions : l'imputation consiste à attribuer à un auteur présumé une action, objet d'un jugement positif (éloge) ou négatif (blâme) tandis que la députation consiste à prendre en charge une mission d'intérêt général". Ainsi, la réputation "n'est pas un capital statique mais le résultat d'un façonnage permanent de la relation...".


Les institutions de la réputation


Les stratégies de réputation s'appuient sur des tiers garants : certification, notation, labels... Ce point est essentiel car il
s'agit de produire de la certitude dans l'opinion. Mais ce système n'est pas à l'abri de critiques.

 Il s'agit alors de créer une légende (de legenda, ce qui est à lire) en nourissant un "nom propre", vide au départ, de connotations riches et positives en s'appuyant sur son propre système d'expression (architecture, page web, logo, parfums...). Une "architecture du soi", écrit-elle, en positionnant finalement ce concept dans la toute proximité de la bonne vieille notion d'image.


Par Patrick Lamarque - Publié dans : Le coin des livres
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 3 octobre 2009 6 03 /10 /Oct /2009 22:30
Marie Pezé

Ils ne mourraient pas tous mais tous étaient frappés
Journal de la consultation "Souffrance et Travail" 1997-2008

Pearson, 2008.




Vous voulez comprendre les ravages causés par les dérèglements manégériaux et les pratiques de harcèlement, depuis l'ignorance ou la critique systématique du collaborateur, jusqu'aux pratiques punitives, en passant par le mépris et l'injonction paradoxale? Alors lisez le livre de Marie Pezé. Vous vous glisserez dans le secret de la consultation "souffrance et travail" de cette psychologue clinicienne, pour entendre les confidences des victimes et des harceleurs.

Vous mesurerez les dégâts, physiques comme psychiques, d'Agathe, aide-soignante, qui se ronge pour la sécurité de ses malades au point de sombrer dans la paranoïa, de Serge, cadre sup qui se dope au boulot, de Solange, la secrétaire propulsée téléopératrice après un congé maladie. Vous croiserez François, juriste d'entreprise qui fait une tentative de suicide au bureau parce qu'il n'y "arrive pas" et quelques autres victimes des troubles liés au travail depuis que le productivisme hyperbolique s'est imposé dans les entreprises en fragilisant ses collaorateurs.

Par-delà l'alerte, Marie Pezé décrypte les situations et met en relief des processus générateurs de stress afin que nous puissions chacun identifier les dangers et intervenir en cas de danger.
Par Patrick Lamarque - Publié dans : Le coin des livres
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 16 septembre 2009 3 16 /09 /Sep /2009 22:25

Alexandre des Isnards et Thomas Zuber

L'open space m'a tuer

Hachette Littératures, 2008.


Le titre est astucieux et il a sans doute contribué à la notoriété de l'ouvrage d'Alexandre des Isnards et Thomas Zuber, même s'il parle très peu de l'open space.Très bien tourné, vif et agréable à lire, le livre traverse le quotidien professionnel de ces jeunes gens brillants, nantis de diplômes prestigieux qui en viennent à occuper des fonctions à responsabilités dans des entreprises de premier plan.

Pourtant, ces jeunes cadres sont au bord de l'explosion. Ils ne lâchent rien sur leurs RTT, refusent même les promotions et pensent que la vraie vie est ailleurs.

À travers des saynettes truculentes, nous voilà promenés dans ce monde en "mode projet", où le tutoiement de rigueur n'enlève rien à la rigueur des objectifs. Flexibilité, mobilité et BlackBerry forment une trinité qui condamne ces jeunes à la déception, au stress et aux malaises vagaux. Tout les tics de langage, les comportements de convenance et les faux-semblants de ce monde faussement cool se déroulent sous nos yeux en nous renvoyant inévitablement une série de questions sur l'ontologie du cadre égaré sur la dalle d'un centre d'affaires, le sandwich d'une main et le mobile de l'autre.

Le miroir tendu est roboratif.

Et vous pouvez même les rejoindre sur leur site pour prolonger le plaisir : http://www.lopenspacematuer.com/
Par Patrick Lamarque - Publié dans : Le coin des livres
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 3 septembre 2009 4 03 /09 /Sep /2009 08:10
Ulrich Beck

La société du risque ; sur la voie d’une autre modernité

Trad. de l’allemand par Laure Bernardi

Ed. Flammarion, coll. Champs, 2001.



C’est en 1986, peu de temps après la catastrophe de Tchernobyl, que paraissait en Allemagne La société du risque. Livre pionnier, traduit en français au lendemain des attentats du 11 septembre 2001 et de l’explosion d’une usine chimique à Toulouse. Alors qu’on s’interroge plus que jamais sur le « risque zéro », la prévention, le développement durable, l’ouvrage d’Ulrich Beck fournit les clés pour ce que l’auteur diagnostique comme un véritable changement de société.

Car, si nous ne vivons pas dans un monde plus dangereux qu’avant, le risque devient beaucoup plus qu’une menace. Il représente désormais la mesure de notre action. À une logique de répartition des richesses a succédé une logique de répartition des risques. Contrainte de se poser continuellement la question des ses propres fondements, la « société du risque » fait de la question de l’avenir du monde que nous laisserons en héritage, une question essentielle aujourd’hui.

Professeur de sociologie à l’université de Munich, Ulrich Beck est l’auteur d’une œuvre importante consacrée à l’individualisme contemporain, à la mondialisation et aux conséquences des changements technologiques.
Par Patrick Lamarque - Publié dans : Le coin des livres
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Le fil d'Ariane

 

Conserver près de soi le Manuel d’Épictète

 

Épictète est né en 50 à Hiérapolis , en Phrygie. Esclave, il gagne Rome avec son maître Épaphrodite et suit les cours du stoïcien Musonius Rufus. Affranchi, il est banni par l’empereur Domitien et s’installe à Nicopolis, en Épire où il ouvre une école et c’est son élève Arrien qui compile son enseignement dans « le Manuel ».  Ce livre porte ce titre parce qu’il faut toujours l’avoir « sous la main » et nombre de ceux qui s’y sont référés, de Marc Aurèle à Frédéric II de Prusse, le transportait avec eux dans les fontes de leurs montures.

 

La principale leçon du grand philosophe stoïcien se fonde sur la nécessaire distinction entre ce qui dépend de nous et ce qui n’en dépend pas. Seul ce qui dépend de nous peut être considéré comme un bien ou un mal, à savoir nos décisions, nos jugements, nos désirs. Ce qui ne relève pas de nous doit nous laisser froids et distants. Cependant, nous recevons des influences ou des faits extérieurs auxquels nous ajoutons généralement un jugement de valeur. Ainsi, ajoutons-nous à la vision d’un mort le fait qu’elle soit redoutable alors qu’une vision plus exacte du cycle de la vie et de la mort nous permettrait de mieux réguler nos craintes et nos émotions. Et de mieux diriger notre vie.

 

Voilà une leçon que nous gagnerions à faire notre dans une période où les agressions du monde son nombreuses et font des ravages. D’ autant qu’Épictète en parle dans un langage simple, quotidien et qui en rien n’a vieilli : le lecteur tombe malade, embrasse sa femme et ses enfants, prend un bain, voyage en bateau, fait l’amour…

 

Depuis vingt siècles et pour longtemps encore il est bon de glisser ce petit manuel dans ses fontes.

 

ÉPICTÈTEUn précieux manuel facile à se procurer.

Arrien, Pierre Hadot, LGDF, Essai, poche, 2000

 

 

 


 

 

Digest

 

Patrick Lamarque est conseil de dirigeants en matière de stratégie, de gestion des crises et de management du changement. Il est également coach pour dirigeant privés et publics. Il opère en France et à l’étranger.


Ancien élève à l'Ecole Nationale d’Administration, Patrick Lamarque, dans les années 80, a créé la mission communication interne et maîtrise du climat social à la Ville de Paris, coordonné la communication gouvernementale auprès du Premier ministre et conseillé pour sa communication le ministre de la Défense. Dans les années 90, il dirige la communication de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Bordeaux, puis celle de la Ville et de la Communauté Urbaine de Lyon. Il est ensuite appelé comme Conseiller auprès du Secrétaire d'État à la Défense, puis auprès de la Secrétaire d’Etat aux Personnes handicapées avant d’être chargé de la concertation et de l’accompagnement social à la Délégation Générale pour l’Armement.


Introducteur des études qualitatives dans l’analyse politique il a développé ces méthodes pour structurer une démarche globale de maîtrise du climat interne de l’entreprise. Il a développé une approche novatrice d’entretiens de confrontation pour la résolution de conflits.


À partir de son expérience dans la gestion de la communication de la Défense durant la première guerre du Golfe, il a créé une méthodologie de maîtrise des crises qui a fait ses preuves dans de multiples situations difficiles, lors de crises de changement, de situations d’urgence psychosociale ou de plans de sauvegarde de l’emploi.


Il enseigne à l’ENA, au CELSA, à l’EFAP, dans plusieurs universités françaises ainsi qu’à l’École Supérieur du Commerce et des Affaires de Casablanca et à l’Université de Buenos-Aires. Chroniqueur radio, il est auteur d’une vingtaine d’ouvrages.

 

 

 

Le jardin haïku

 

Quelques beaux poêmes

 

Dans une vieille mare,

une grenouille saute,

le bruit de l'eau.

Bashö (1644-1694)

 

 

Porté par l'obscurité.

Je croise une grande ombre

dans une paire d'yeux.

Tomas Transtromer (Prix Nobel 2011), traduit par Jacques Outin


 

Sur la plage

je regarde en arrière

pas la moindre trace de pas.

Hosai  (1885-1926)

 

 

J'étais là moi aussi -

et sur un mur blanchi à la chaux

se rassemblent les mouches.

Tomas Transtromer (Prix Nobel 2011), traduit par Jacques Outin

 

 

Il n'y a rien

dans mes poches -

rien que mes mains.

Kenshin (1961-1987)

 

 

Un papillon blanc sort
D'entre les rayures d'un zèbre.

Sei Imai

 

 

Plus que de l'aveugle
Du muet fait le malheur

La vue de la lune.

Kyoraï

 

 

Au coucou

Elle ne répond rien

La girouette en fer.

Seiho Awano

 

 

Le printemps passe.

Les oiseaux crient

Les yeux des poissons portent des larmes.

Bashö (1644-1694)

 

 

Plutôt  que les fleurs de cerisier

Les petits pâtés !

Retour des oies sauvages.

Matsunaga Teitoku (1571-1654)


 

Quelques essais personnels

 

Le bolet doré

au couteau de l'automne

craque mollement.

P.L.

 

 

La nuit est posée

l’hiver gagne la ville –

Frisson de moineau. 

P.L.


 

Un mille-pattes trébuche

-bruit de catastrophe-

entre quelques brins d'herbe.

P.L.


 

Cul grisâtre 

d'une bouteille lancée

dans la mer étroite -

bonjour Trieste.

P.L.

 

 

Goutte à goutte

- loupes hallucinées -

le toit s'égoutte.

P.L.

 

 

Au profond de la nuit

rentrent les meurtriers

le devoir accompli.

P.L.

 

 

Tendu comme un arc,

l'hiver scarifie

d'une autre ride le visage.

P.L.

 

 

Dans la nuit luisante

résonnent des pas

- un chien lève la patte -

P.L.

 

 

Inconsciente,

la rue se rue

vers sa fin.

P.L.

 

 

Au bal de la nuit

aux phalènes,

le pied glisse

sur les cadavres joyeux.

P.L.

 

 

La brume

nappe le relief

du jardin myope.

PL

 

 

Le rictus du caïman

remonte à l'oeil qui pétille.

Sa proie lui sourit.

PL

 

 

Le lacet défait

flâne près du soulier -

Le nez au vent.

PL

La citation de la semaine

  La logique est une manière méthodique de se tromper en toute confiance. Robert Heinlein 


Patrick Lamarque

Créez votre badge

Le cabinet de curiosités

  
Salazie

Salazie

 

Recherche

Calendrier

Juin 2012
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30  
<< < > >>

Syndication

  • Flux RSS des articles
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés