Par les temps qui courent, la technique de la médiation revient au devant de la scène pour
sortir de conflits durablement bloqués. Dans l'affaire Molex, l'été dernier, l'intervention de Francis
Latarche avait rouvert la discussion entre une direction américaine campée sur ses positions et des personnels en situation de désespoir. À la Sodimatex, la semaine dernière, l'intervention
du préfet a autorisé le retour à la table de partenaires sociaux engagés depuis une dizaine de mois dans un conflit autour de la fermeture de l'usine de Crépy-en-Valois.
Dans les deux cas, l'ancienneté de la confrontation et l'épuisement du dialogue avaient conduit à un état d'affrontement stable, dont la seule voie de sortie conduisait à la destruction de
l'outil de production. Un forme de suicide industriel comme réponse au blocage. L'intervention d'un "tiers de bonne foi", crédible au regard des parties, permet ainsi de franchir le premier pas,
celui qui modifie le paradigme ou, en tout cas, change le prisme de lecture.
Partant de là, un redémarrage de la discussion devient possible. Il rend imaginables des options que les parties au conflit refusaient d'envisager, enfermées qu'elles étaient dans leur
posture d'affrontement. Certes, il ne faut pas attendre de miracle de cette réanimation d'une négociation exsangue. Les solutions les plus positives auraient été trouvées par les
partenaires si elles avaient existé. Mais, la médiation aide chacun à clôturer le conflit pour tourner la page, au prix d'une douleur qu'il faut mesurer pour l'accompagner ensuite durant le temps
nécessaire.
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