Que 2011 soit, pour vous une année heureuse et sans crise :
No stress / No bug / No stop n' go... mais beaucoup de rock n'
roll...
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Que 2011 soit, pour vous une année heureuse et sans crise :
No stress / No bug / No stop n' go... mais beaucoup de rock n'
roll...
Les syndicats n'ont certes pas gagné la bataille de fond sur les retraites. Mais, il est clair aujourd'hui
qu'ils ont remporté à cette occasion la bataille de l'opinion. Une récente étude de la SOFRES, réalisant la troisième vague de son baromètre d'image des organisations syndicales (lancé en 2005 et
renouvelé en 2008), vient d'en faire la démonstration. Quelques éléments l'attestent.
1 - Aujourd'hui, 54% des Français font totalement ou plutôt confiance aux syndicats. Le pic historique qui s'était établi à 50% en 2008 est donc largement dépassé.
2 - La comparaison entre les mois de septembre (avant le plus fort de la crise) et le mois de novembre (après le vote de la loi) est éloquante :
| Septembre 2010 | Novembre 2010 | |
| Confiance | 46% | 54% |
| Pas confiance | 45% | 38% |
3 - Mieux encore, dans absolument toutes les catégories, la progression de l'image syndicale se constate de septembre à novembre. Quelques exemples :
Proches du PS + 9% , proches de l'UMP + 11%
Secteur public + 8%, secteur privé + 11%
18-24 ans + 8%, 24-34 ans + 12%, 65 ans et plus + 9%.
Comme le souligne la SOFRES, les syndicats ont engrangé une "prime à la pugnacité responsable".
Les salariés jugent majoritairement satisfaisant leur niveau de bien-être au travail. C'est l'enseignement majeur du premier
baromètre du bien-être au travail Ipsos-«La Tribune», qui mérite cependant d'être nuancé, puisque les salariés relèvent simultanément une
dégradation de la situation pendant les six derniers mois. 64 % des salariés interrogés sont satisfaits de leur niveau de bien-être, parce qu'ils ont la possibilité de s'investir dans leur
travail et d'avoir du relationnel. C'est un niveau cohérent avec les autres études sur le sujet, mais il faut acter une certaiane détérioration, puisque 45 % d'entre eux considèrent qu'il s'est
dégradé au cours des six derniers mois (et 59 % dans les entreprises de plus de 500 personnes).
Du chemin reste à faire
De façon générale, les salariés jugent positivement les actions sur le bien-être au travail conduites par leurs entreprises
: 86 % des salariés des entreprises qui ont pris des mesures pour lutter contre le stress sont satisfaits de leur niveau de bien-être, contre 64 % en moyenne. Leur niveau de stress est également
sensiblement plus faible.
C'est dans le domaine de l'organisation du travail dans l'entreprise et de la reconnaissance du travail que les efforts ont
été les mieux perçus. Voilà qui témoigne que les efforts en ce sens ne sont pas vains. Ils sont une source de mieux-être pour les salariés et de productivité pour les entreprises. Toutefois, du
chemin reste à faire. En effet, un an après le plan d'urgence sur les risques psychosociaux mis en place par le ministère du Travail, seules 21 % des personnes interrogées ont le sentiment que
leur entreprise en fait plus pour lutter contre le stress, indique l'étude.
Niveau de stress élevé
Au quotidien, les salariés jugent d'ailleurs leur niveau de stress élevé (62 %). Les cadres sont les premiers à s'en
plaindre, mais le niveau de malaise des agents de maîtrise devient à son tour préoccupant. Cette population, qui est au plus près des clients, semble prendre de plein fouet l'augmentation du
stress. Et il ne faudrait pas que ce maillon lâche, compte tenu de son rôle stratégique tant sur le bien être des salariés que sur la productivité.
Lien entre bien-être et productivité
Le baromètre montre également que 88 % des salariés jugent le sujet du bien-être au travail important et estiment que le
lien avec la productivité est réel. 42 % d'entre eux estiment en effet que leur performance est affectée par le manque de bien-être. Pour inverser cette tendance, ils mettent en avant trois
axes-clés : la visibilité professionnelle, le temps accordé au dialogue dans l'équipe, l'écoute du management et le confort de l'environnement de travail.
Vers qui se tourner ?
Les résultats du sondage montrent également qu'un tiers des Français estiment que leur travail peut provoquer de graves
problèmes psychologiques et une majorité d'entre eux (54 %) et admettent ne pas savoir vers qui se tourner pour obtenir de l'aide.
Le travail aggrave les maux
Une large majorité de salariés en est persuadée, selon une étude publiée en fin de semaine dernière par le ministère du
Travail : le travail accentue les pathologies choniques dont ils souffrent. D'après cette enquête, 68 % des salariés ont un ou plusieurs problèmes de santé chroniques, qu'il s'agisse de «
problèmes de stress ou d'anxiété » (30 %), de « problèmes de dos » (26 %) ou de « maux de tête ou de migraines » (24 %). Or, dans près de la motié des cas (48 %), les salariés touchés considèrent
que leur pathologie est « causée ou aggravée » par le travail. Les affections lombaires et musculo-squelettiques ainsi que les problèmes psychologiques sont les maux les plus fréquemment liés au
monde du travail. Plus de 60 % des personnes qui en sont victimes citent, en effet, un lien de cause à effet entre leur pathologie, ou son ampleur, et leur emploi. Au premier rang des catégories
socioprofessionnelles les plus sensibles à la pénibilité de leur métier, figurent les agriculteurs, les commerçants et artisans et les ouvriers. Et les hommes plus souvent que les femmes : ils
sont 55 % à estimer que leurs maux sont aggravés ou causés par le travail, contre 47 % pour les secondes.
La France est un pays à la culture particulière : l'individu y est construit par l'institution,
le collectif. Hors l'institution, point de statut. C'est ainsi l'école qui fait le citoyen. Mais, ce modèle ne tient que si l'institution est portée par des espérances collectives. Or, nos
espérances se sont effondrées : le mur de Berlin a fait disparaître une certaine espérance sociale et la faillite de Lehman Brothers a montré les limites de l'espoir libéral. Le religieux et du
politique s'étant de leur côté affaiblis, il n'y a plus d'enchanteur de l'avenir.
L'après-68 nous a d'ailleurs fait basculer de cette société dans laquelle l'individu émanait du collectif à un système dans lequel prédomine l'autonomie de la personne. La question n'est plus
"que m'est-il permis de faire?" mais "de quoi suis capable?". Ainsi, la recherche de son identité et de l'estime de soi se constitue en paradigme de la construction individuelle.
Reste que les institutions (État, entreprises...) s'en tiennent encore largement au modèle ancien, celui dans lequel le pouvoir (et la jouissance du pouvoir) est largement préféré à
l'accompagnement des hommes et au management du changement. Alors, deux grands sentiments s'imposent en matière de gouvernement des hommes : l'humiliation et la peur.
L'humiliation, il suffit de faire un tour dans les écoles pour vérifier que, si le bonnet d'âne a disparu (je l'espère, du moins), la notation, les zéros enfilés en colliers et la "pédagogie de
l'échec" demeurent très présent quand d'autres systèmes éducatifs (Finlande, Norvège) ne mettent en avant que les résultats positifs (du moins au primaire et dans les premières années du
collège). Et, si vous assistez aux désormais rituels entretiens d'évaluation, surtout quand y est associée la fixation d'un salaire variable, vous ne vous sentirez pas dépaysé.
Quant à la peur, elle aussi suinte des entretiens que nous avons avec les salariés. Peur du chômage, peur de la Xième restructuration, du déménagement forcé, du nouveau système qui va vous forcer
à oublier ce que vous venez d'apprendre pour vous former de nouveau, mais autrement...
En sorte que si nous ne sommes plus crevés au boulot, nous y sommes stressés. Nous le savons bien : les personnes ne sont plus à regarder seulement dans leurs compétences mais aussi dans leurs
fragilités. Ce qui pose la question de la fonction du manager : doit-il assurer son confort en faisant respecter la procédure plus que les individus?
N'en déplaise à Michel Crozier et son école, nous ne sommes plus tant dans une société bloquée que dans une société tendue, où l'enjeu n'est plus l'objectif du changement, mais la conduite de ce
changement. Or, face à une demande de service de plus en plus réactif, nous brandissons l'absolu de la culture qualité. Mais, où survit le droit à l'erreur, au tâtonnement, à l'apprentissage, à
l'analyse des retours d'expérience? Franchement, dans les actions que vous conduisez, quelle place prennent ces "rétex" et le coaching de vos équipes?
Or, on ne gagne pas une bataille en refusant de prêter attention à l'intendance.
Les grandes entreprises ont commencé à mettre en place des accords sur les risques psychosociaux au travail,
mais ils sont encore peu nombreux, et leur contenu laisse parfois à désirer aux yeux des syndicats.
Plusieurs entreprises, comme la RATP, Arkema, France Télécom, EADS, ont déjà suivi la consigne de l'ex-ministre du travail
Xavier Darcos, qui en octobre 2009, a demandé aux 1.300 entreprises de plus de 1.000 salariés d'entamer des négociations sur le stress, après une série de suicides à France Télécom-Orange.
Quelque 230 accords sur le stress ont déjà été signés entre employeurs et syndicats, a annoncé la Direction générale du travail (DGT), lors des premières rencontres parlementaires sur la santé au
travail cette semaine à Paris.
D'autres employeurs ont par ailleurs fait le choix de "plans d'action concertés", décidés sans accord mais "dans une
démarche étroite de collaboration avec le CHSCT, les organisations syndicales ou la médecin du travail". 200 plans d'actions concertés sont recensés à ce jour.
Même si les chiffres semblent peu élevés, discuter des risques psychosociaux prend du temps et si trop d'accords avaient été
signés, il faudrait douter de leur réelle applicabilité.
Pour l'instant, deux-tiers des accords ne sont que des accords de méthode. Ils prévoient par exemple de former les
membres des CHSCT à la question des risques psychosociaux, de recourir à un cabinet de consultants, d'élaborer un diagnostic partagé à partir d'un questionnaire, etc.
Sur le terrain, les délégués du personnel sont désemparés devant ce genre de négociation dont le contenu relève des CHSCT
mais dont ils sont appelés à signer l'accord, sans souvent véritablement connaître de façon approfondie le sujet.
Assez spontanément, on négocie donc des dispositions-outils comme des numéros verts, ce qui ne peut pas tenir lieu de mesure
de prévention.
Dans l’entreprise, les risques psychosociaux se nichent partout. L’entretien annuel notamment, qui se déroule sans témoins,
est un terrain propice aux débordements. Les critères d’évaluation étant de plus en plus fondés sur les comportements, le danger, pour le manager, est de glisser vers la vie intime du
salarié.
L’entretien annuel représente une situation de pression pour le manager comme pour le managé. D’un côté comme de l’autre,
chacun va activer ses défenses. Le manager aura tendance à être plus directif, plus manipulateur, plus agressif… nourrissant ainsi les tensions, l’inquiétude, le stress, bref les risques
psychosociaux. » À la sortie d’un échange mal conduit, le collaborateur sera rongé par la sensation d’injustice, d’absurdité des directives, ou se sentira mis en échec. La qualité du climat dans
lequel il se déroule, le type de questionnement et la formulation des commentaires écrits sont essentiels. Il faut y veiller comme au lait sur le feu. Quelques erreurs à éviter.
1.Formulations aventureuses
« Quel est votre niveau d’engagement ? », « Quel investissement psychique faites-vous dans le
travail ? »… Depuis dix ans, les formules types n’ont cessé de s’enrichir de thèmes sur les comportements personnels, le « savoir être ». Ils s’intéressent autant au
quantitatif (chiffres, niveau de business) qu’à la dimension humaine de l’individu, pourtant délicate à évaluer. Exemples d’items : comportement transversal, empathie, leadership (noté de 1
à 5). Ceci conduit les managers à poser ce type de questions tendancieuses. Ou bien à affirmer : « Vous êtes vraiment trop timide, enfant vous avez dû souffrir dans les cours
d’école ».
Il est donc bien préférable de parler aux gens de ce qu’ils font et pas de ce qu’on pense qu’ils sont.
2. Manipulations
« Cela va comme tu veux sur le projet Z ? », « Tu te sens bien par rapport à tes
compétences ? », « Est-ce que tu n’aurais pas besoin d’une formation par hasard ? » (sur un ton ironique). Manipuler quelqu’un dans l’échange, c’est entre autre lui
poser une question qui simule l'intérêt pour lui en pointant es faiblesses. avec une manière de perversité..
Autre exemple de manipulation : le manager qui questionne la vie privée en insistant : « Comment ça va chez
toi ? », « J’ai l’impression que ça ne va pas bien. », « Est-ce que tu es sûr de ne pas vouloir en parler ? ». L’entretien annuel n’est pas fait pour cela, ni
pour lister les erreurs ou les difficultés professionnelles.
Ainsi, lorsqu'on désire conduire un entretien positif et motivant, il est préférable de ne pas s’appesantir sur les moments « critiques » du passé pour préférer les enjeux d'avenir (accompagnés des soutiens nécessaires).
3. Flou artistique
« Sois un peu moins perso, plus engagé ». Ce commentaire n’a rien d’un argument objectif. Vous n’êtes pas obligé
de dire à votre collaborateur qu’il est génial. Il ne s’agit pas de lui faire plaisir, mais de lui donner du sens, des perspectives. Dites ce qui ne va pas, sans concession, mais avec le souci de
la rigueur, de la précision. Le flou suscite l’interprétation, l’incompréhension et le malaise.
Il faut donc préférer « J’aimerais que tu parles de tel sujet, dans telle réunion et que tu
prennes le lead ! ». Vous donnerez ainsi des axes de progrès mesurables.
Il est donc bon d'avoir en tête des objectifs SMART : Spécifiques, Mesurables, Ambitieux, Réalistes, délimité dans le
temps.
4. Injonctions paradoxales
« Il faut être réactif mais ne pas faire d’erreur », « Tu dois développer tes équipes et faire du
chiffre ! »… Je relève trois facteurs de risques psychosociaux majeurs dans l’entretien d’évaluation. Primo, donner des objectifs qui n’ont pas sens pour le collaborateur. Il n’adhèrera
pas et sera tiraillé entre son devoir et sa perception. Dans l’exemple ci-dessus, il se trouvera pris dans des injonctions paradoxales ingérables. Déboussolant !
Autre risque : examiner de façon partielle et partiale le travail de son collaborateur. Sans reconnaître sa performance, ni
chercher à saisir pourquoi il n’a pas réussi sur certains points. Le sentiment d’injustice est alors garanti.
Enfin, fixer des objectifs impossibles à tenir aux yeux du collaborateur présente des dangers importants. Parce qu’il aura
l’impression qu’ils dépassent ses ressources personnelles. Il ne se sentira alors pas à la hauteur, incapable, voire rabaissé.
5. Blocages ou précipitations
J’ai vu des entretiens durer de deux à trois heures ! C’est anormal. Personne n’y avait réfléchi en amont. Le désaccord
a surgi et, bien sûr, chacun campa sur ses positions avec ses arguments.
À l’inverse, les entretiens express sont bien trop fréquents. Quand ils ne se passent pas par mails, avec échanges de
formulaires remplis de chaque côté. Il n’y a alors aucune discussion. De quoi créer du stress !
6. Bachotage
L’entretien n’est ni une revue de résultats, ni du reporting, Il faut avoir quelque chose à dire de dense. Le manager ne s’y
préparera donc pas en bachotant en quinze jours. Il récoltera de la matière toute l’année, en observant, en prenant des notes, en s’interrogeant. La seule façon de donner du sens à cet acte
managérial essentiel. Et attention à ne pas escamoter les questions qui fâchent. Ce qui se produit dans 3 cas sur 5. Le non-dit est aussi un facteur de risque psychosocial. Aussi intense que la
peur d’affronter son chef.
Les risques psychosociaux au travail (stress, dépression, violences...) varient suivant la qualification, le
secteur d'activité mais aussi le sexe du salarié, selon une étude publiée ce mercredi 1er décembre par le ministère du Travail. Cette étude conduite par la DARES (ministère du Travail)et la DRESS analyse des résultats intermédiaires qui devraient être complétés
dans le courant de l'année prochaine. Elle fait suite au rapport "Nasse-Légeron" de 2008.
Cette étude sur les indicateurs de RPS montre que les professions qualifiées sont plus confrontées à de fortes exigences au
travail, les professions peu qualifiées étant plus touchées par le manque d'autonomie, de soutien ou de sécurité économique.Elle démontre également que les femmes sont plus exposées que les hommes au manque de marge de manoeuvre, de soutien social et de
reconnaissance au travail.
Un rapport d'experts remis au gouvernement en octobre 2009 avait identifié une batterie provisoire de 40 indicateurs
destinés à mieux cerner les risques psychosociaux. Ces indicateurs, regroupés en six familles (exigences du travail,
exigences émotionnelles, autonomie et marges de manoeuvre, rapports sociaux et relations de travail, conflits de valeur), font l'objet de cette étude de la Dares , qui dresse un tableau
d'ensemble des risques psychosociaux à partir d'enquêtes statistiques existantes.
L'étude souligne que les exigences au travail (quantité de travail, pression temporelle, complexité du travail, difficultés
de conciliation vie professionnelle et vie familiale) sont plus importantes pour les salariés qualifiés, même si les ouvriers sont plus contraints dans leur rythme de travail. En 2007 par exemple, 23% des actifs occupés affirmaient qu'on leur demandait "toujours" ou "souvent" une quantité de travail excessive,
les cadres et les professions intermédiaires se disant plus touchés que les ouvriers et employés.
A l'inverse, le manque de marge de manoeuvre et d'autonomie concerne en particulier les emplois d'exécution. En 2007, 20%
des actifs occupés estimaient avoir "souvent" ou "toujours" très peu de liberté pour décider comment faire leur travail", et 38% disaient ne pas pouvoir interrompre momentanément leur travail
quand ils le souhaitent. Ces chiffres montent à 29% et 46% pour les ouvriers.
De même, le manque de soutien et de reconnaissance au travail est le plus souvent ressenti par les femmes et les professions
les moins qualifiées, note l'étude. Les conflits de valeurs (entre les exigences du travail et les valeurs
personnelles ou professionnelles) touchent quant à eux plus souvent les hommes, et plus souvent les personnels de l'administration. Les ouvriers et indépendants y sont plutôt moins
exposés.
Les salariés de l'industrie et plus précisément les ouvriers sont plus particulièrement exposés au sentiment d'insécurité de l'emploi et du travail, qui touche en revanche moins le secteur de l'administration, de la santé et du social.
Enfin, les exigence émotionnelles (tensions avec le public, obligation de maîtriser ses émotions, etc.) concernent plus
souvent les femmes, parce qu'elles sont "plus présentes chez les employés et les professions intermédiaires ainsi que dans des secteurs où l'activité se déroule en général au contact du public,
comme l'éducation, la santé ou l'action sociale", explique l'étude. Mais "à âge, secteur d'activité et catégories
socioprofessionnelles identiques, ce sont en revanche les hommes qui sont les plus exposés aux tensions et agressions".
Les grandes théories du management ont vécu. Désormais, une multitude de nouveaux concepts revisitent l’organisation et la
stratégie de l’entreprise : créativité collective, résilience, responsabilité sociale.
Trente ans après leur heure de gloire, les “papes” de la pensée managériale peinent à trouver des successeurs. Qui pour
assurer la relève de Peter Drucker ? Quel théoricien pour succéder à Henry Mintzberg, fondateur de “l’école de la contingence” ? Les experts capables de penser l’entreprise dans sa globalité
semblent aujourd’hui en panne de théorie.
D'autant que les entreprises se méfient des modèles et des solutions clés en main. Elles s’aperçoivent qu’être manager est
plus complexe que ce que l’on apprend dans les livres ou dans les écoles. Un paradoxe, à l’heure où dirigeants et cadres recherchent des clés pour repenser les modèles organisationnels et
stratégiques, tandis que les chercheurs avancent en tâtonnant.
Pragmatisme : en avant toute
De là, à ériger en nouveau paradigme “l’océan bleu”, il y a un pas. Cet enseignement théorisé par Chan Kim et Renee
Mauborgne, deux chercheurs de l’Insead, s’appuie sur l’étude de 150 cas. Les professeurs y invitent les acteurs économiques à quitter les rives de “l’océan rouge” fait de concurrence acharnée
pour plonger dans “l’océan bleu” réservé aux pionniers qui, en se positionnant sur des marchés encore inexplorés, ont réussi à s’affranchir de leurs compétiteurs.
Les consultants spécialisés font
le même constat : “Dans les années 1980, on allait à Chicago rencontrer des universitaires pour comprendre les évolutions, trouver de nouveaux concepts. Désormais, nous sommes devenus
pragmatiques et soucieux du spécifique.
Comment en est-on arrivé à cette situation ? Les recherches ne s’organisent plus autour de maîtres à penser, mais
autour de réseaux thématiques regroupant plusieurs chercheurs travaillant sur les mêmes problématiques.Parmi eux, ceux abordant les questions de gouvernance, la transformation des organisations
ou l’entrepreneurship ont particulièrement le vent en poupe. Sans oublier la responsabilité sociale, l’innovation, les risques psychosociaux, ou encore la gestion de la diversité.
La responsabilité sociale, une préoccupation également partagée dans les business schools. Car, aujourd'hui, la performance
d’une entreprise dépend de sa capacité à adopter une démarche offensive prenant en compte les attentes de la société dans sa stratégie de développement, au lieu de se borner à étudier les
conséquences de ses activités sur leur environnement.
Travail collaboratif et créativité
Ces recherches aident à nous poser de bonnes questions, à l’image de Morten Hansen, enseignant à l’Insead dont le récent
ouvrage “Collaboration” met l’accent sur l’intérêt du travail collaboratif en s’appuyant sur son concept de “T-shaped management” : les managers doivent encourager leurs collaborateurs à
donner le meilleur d’eux-mêmes dans leur domaine d’expertise (barre verticale du T) tout en veillant à prendre des éléments leur permettant de progresser dans les activités développées par
d’autres (barre horizontale du T).
C'est grâce à ses conférences sur le management 2.0 et la créativité collective née de l’utilisation des réseaux sociaux que
Gary Hamel, professeur à la London Business School fait un tabac dans les amphis et dans les cercles où se retrouve la crème des dirigeants. Quant à Jochen Menges, enseignant à Cambridge, il
surfe sur le concept de “slow management”. Les dirigeants doivent, selon lui, revoir leurs méthodes de management et prendre le temps nécessaire pour construire le futur de l’entreprise avec
leurs salariés.
Le credo de Don Sull, pour sa part, consiste à apprendre à manager dans l’incertitude. Pour ce professeur de la London
Business School, repéré par le magazine “Fortune” comme l’un des dix penseurs en management les plus influents du moment, surfer sur la nouveauté du moment, en combinant de différentes manières
des éléments déjà existants, permet de développer de nouveaux produits qui ne nécessitent pas de longs développements technologiques (parfois d’ailleurs sans utilité réelle une fois sortis des
labos). Exemple : en pleine crise économique, le constructeur automobile Hyundai est le seul à avoir tiré son épingle du jeu outre-Atlantique en proposant aux consommateurs une “assurance”
les autorisant à mettre fin au remboursement ou à rééchelonner les crédits consentis pour l’achat d’une voiture en cas de licenciement. Au moment où ses concurrents misaient sur les technologies
propres… Côté français, les travaux sur la gouvernance de Pierre-Yves Gomez, enseignant à l’EM Lyon suscitent un véritable engouement. Il met en garde les décideurs contre les excès des modes
managériaux bureaucratiques ne laissant pas de place à la créativité des salariés.
S’ouvrir à d’autres disciplines
Les managers se tournent également vers des recherches conduites dans d’autres disciplines dont les enseignements sont
transposés dans le monde de l’entreprise. “Boris Cyrulnik et son concept de ‘résilience’ trouve de plus en plus d’écho”. Cette notion issue de la métallurgie – la disposition des métaux à
reprendre leur forme après une forte déformation –, devient dans le domaine des sciences humaines, la capacité à rebondir et continuer à vivre pendant et après des événements imprévus ou
douloureux.
Les décideurs sont également intéressés par les sociologues, à l’heure où la contestation des élites risque de créer de
nouveaux fossés entre dirigeants et dirigés.
Bref, tout le monde cherche en sachant que les démarches actuelles (flux tendus, organisation matricielle...) sont de plus
en plus risquées et pathogènes. Mais, sur le terrain des entreprises, les ravages continuent et se prolongeront tant qu'un nouveau gourou n'aura pas produit le "couteau suisse" du management,
aisément applicable et qui résout tout.
Boris Cyrulnik
Mourir de dire
La honte
Odile Jacob, Paris, septembre 2010
Boris Cyrulnik continue d’explorer nos âmes, avec cette proximité tendre et souriante qui caractérise son écriture. Dans son dernier opus, il aborde le thème si complexe de la honte qui se situe au point de contact de l’individu et de son environnement humain, du psychologique et du social.
En partant d’anecdotes vécues, il décortique ce sentiment qui s’inscrit dans l’image de soi déchirée et rejetée par les autres, que perçoit le honteux. Tout tient dans cette perception et dans l’évaluation qu’il en fait. Ce qui, un jour fait honte, plus tard - ou pour un autre-, vu sous un angle différent, constituera peut-être une singularité qui créera une manière de fierté. Il en va ainsi, de toutes ces différences douloureuses qui impriment leur marque en nous.
Mais, chacun sa résilience. Comme l’ambitieux, qui n’est souvent qu’un honteux ayant su trouver la force de se réhabiliter à ses propres yeux. Cyrulnik est bien là, dans cet optimisme constant qui s’attache à montrer que nos blessures, pourvu qu’on parvienne à les dépasser, nous renforcent à long terme.
Car, souligne-t-il, « le je n’existe qu’auprès d’un autre ». Aussi individualiste soyons-nous, le besoin du groupe est inscrit en nous. Or, tout groupe humain s’organise pour faire honte à ceux qui n’appartiennent pas à sa communauté. Pensez à ces rituels sociaux qui font moquer ceux qui ne les maîtrisent pas : baisemain, rince doigts à ne pas confondre avec une boisson désaltérante…
La honte peut disparaître en quelques instants ou bien s’accrocher et durer. Parfois même elle se coule dans un caveau silencieux peuplé de fantômes qui viennent régulièrement nous tirer par les pieds. Toutefois, il est possible de s’en libérer grâce à un processus de « restructuration cognitive ». Autrement dit, un remaniement de la représentation de soi. Mais, cela ne repose pas sur une simple volonté personnelle car, l’acquisition de la vulnérabilité dépend beaucoup des émotions des autres. Voyez, par exemple, combien les émotions d’une mère se transmettent à son enfant et s’inscrivent en lui durablement.
Ces considérations nous renvoient, bien sûr, à la façon dont certaines victimes de risques psychosociaux se dégradent à leur propres yeux et se recroquevillent dans l’effacement de l’estime de soi et dans l’humiliation qui les efface des relations sociales.
Voilà une lecture qui aidera peut-être certains lecteurs à « sortir de la honte comme un sort d’un terrier », selon l’expression taillée par Cyrulnik. Pour les autres, elle les fera sans doute avancer un peu plus dans la compréhension de leurs congénères atteints par ces souffrances silencieuses qui caractérisent tant notre époque.
La pression monte à France Télévisions. Et la nouvelle direction n'est pas loin de déclarer l'état
d'urgence. Plus que tout, elle vit dans la hantise de voir la télévision publique atteinte du syndrome France Télécom. Et pour cause: au cours de ces derniers mois, l'entreprise a connu un cas de
suicide d'un médecin du travail à France 3 Alsace, la mort d'un salarié de RFO que ses confrères continuent de trouver suspecte, et plusieurs cas de personnes ayant attenté à leurs jours à RFO ou
à France 3.
La situation est suffisamment grave pour que le social soit devenu la priorité de la nouvelle direction. Elle a mis en place
une commission dont la mission consiste autant à enquêter sur ces différents cas que de trouver des solutions à un malaise social qui fait courir «des dangers graves et imminents» aux salariés
les plus fragiles de l'entreprise. Un mois après son arrivée, le nouveau directeur des ressources humaines a commandé un rapport à un cabinet. Ses conclusions sont sans appel.
Il estime l'«état du corps social préoccupant» et le juge «fatigué physiquement et psychiquement». Il fait le «constat
indéniable et unanime d'un sentiment de malaise». Ce constat vaut pour tous les échelons de l'entreprise, y compris les fonctions hiérarchiques les plus élevées puisque le rapport relève que «les
managers eux-mêmes sont en difficulté». Les fonctions administratives seraient particulièrement atteintes. Ainsi le rapport dénonce «des RH de proximité débordés», un «sentiment d'impuissance»,
«trop de réunions, trop de messages». Le point central porte sur la nouvelle organisation mise en place au 1er janvier 2010. Le rapport affirme que c'est «une logique qui passe mal», et
donne aux salariés le «sentiment d'un travail empêché».
Ce constat alarmant avait déjà été dressé dans un rapport commandé au cabinet Cédaet par les représentants des comités
d'hygiène de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) de France 2, France 3, RFO, et France 4 à l'occasion des premiers déménagements et de la mise en place du nouveau «fonctionnogramme» de
l'entreprise. Datant du 6 septembre dernier, ce rapport dénonce «l'appauvrissement du contenu du travail», celui du «rôle professionnel», ou encore du «champ relationnel», «la réduction du
champ des prérogatives au profit d'une logique de contrôle» , ainsi que «la dilution des collectifs de travail et des collaborations». Des avertissements qui ont incité la direction à suspendre
les mouvements de personnes et de se repencher sur l'organisation de l'entreprise et de ses besoins humains.
La fébrilité sociale est telle que pour éviter toute interférence, France Télévisions a décidé d'«arrêter la pendule» des
négociations sur la convention collective qui aurait dû être discutée d'ici au 7 février. Elles ne reprendront qu'après les élections professionnelles.
Tapies : la grande figure renversée
Lundi 6 février disparaissait, à l'âge de 88 ans, Antoni
Tapies. Ce n'est pas simplement une part de l'âme catalane qui s'efface avec lui, mais une des plus grandes figures de la peinture européenne de la seconde moitié du XXème siècle. Celui qui, dans
le monde de la peinture informelle, plus qu'abstraite, faisait le pendant à l'anglais Francis Bacon (mort d'ailleurs à Madrid en 1992) dans un ordre plus figuratif.
Tapies a toujours été viscéralement attaché à sa ville, celle de son aîné Miro, qu'il admirait et dont il a retenu la
leçon, alors qu'il accompagnait le dadaïsme. Mais, sa grande période fut celle des années 60 à 2000, au cours desquelles il développa un langage singulier avec un vocabulaire récurrent ses traces
de mains ou d'objets bruts arrachés à la ville.
Surtout, Tapies fut un humaniste, à travers son engagement contre le franquisme qui le jeta en prison en
1966, son goût aussi de l'écrit (il était fils d'éditeur, ami des
poêtes, grand lecteur) et ses matières terreuses aux couleurs sourdes. Sa peinture traduisait la société en marche, fière et douloureuse, riche de son humilité aussi, quand celle de Bacon
fouaillait l'introspection.
Je dois le dire simplement, Tapies va me manquer, moi qui ai été, depuis longtemps, accompagné par ses oeuvres. Cette
semaine, les drapeaux de l'art et de la délectation sont en berne. Heureusement qu'en catalan "adieu" se dit "comiat", mot dans lequel je veux lire un appel à se rapprocher.
Patrick Lamarque est conseil de dirigeants en matière de stratégie, de gestion des crises et de management du changement. Il est également coach pour dirigeant privés et publics. Il opère en France et à l’étranger.
Ancien élève à l'Ecole Nationale d’Administration, Patrick Lamarque, dans les années 80, a créé la mission communication interne et maîtrise du climat social à la Ville de Paris, coordonné la communication gouvernementale auprès du Premier ministre et conseillé pour sa communication le ministre de la Défense. Dans les années 90, il dirige la communication de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Bordeaux, puis celle de la Ville et de la Communauté Urbaine de Lyon. Il est ensuite appelé comme Conseiller auprès du Secrétaire d'État à la Défense, puis auprès de la Secrétaire d’Etat aux Personnes handicapées avant d’être chargé de la concertation et de l’accompagnement social à la Délégation Générale pour l’Armement.
Introducteur des études qualitatives dans l’analyse politique il a développé ces méthodes pour structurer une démarche globale de maîtrise du climat interne de l’entreprise. Il a développé une approche novatrice d’entretiens de confrontation pour la résolution de conflits.
À partir de son expérience dans la gestion de la communication de la Défense durant la première guerre du Golfe, il a créé une méthodologie de maîtrise des crises qui a fait ses preuves dans de multiples situations difficiles, lors de crises de changement, de situations d’urgence psychosociale ou de plans de sauvegarde de l’emploi.
Il enseigne à l’ENA, au CELSA, à l’EFAP, dans plusieurs universités françaises ainsi qu’à l’École Supérieur du Commerce et des Affaires de Casablanca et à l’Université de Buenos-Aires. Chroniqueur radio, il est auteur d’une vingtaine d’ouvrages.
Quelques beaux poêmes
Dans une vieille mare,
une grenouille saute,
le bruit de l'eau.
Bashö (1644-1694)
Porté par l'obscurité.
Je croise une grande ombre
dans une paire d'yeux.
Tomas Transtromer (Prix Nobel 2011), traduit par Jacques Outin
Sur la plage
je regarde en arrière
pas la moindre trace de pas.
Hosai (1885-1926)
J'étais là moi aussi -
et sur un mur blanchi à la chaux
se rassemblent les mouches.
Tomas Transtromer (Prix Nobel 2011), traduit par Jacques Outin
Il n'y a rien
dans mes poches -
rien que mes mains.
Kenshin (1961-1987)
Un papillon blanc sort
D'entre les rayures d'un zèbre.
Sei Imai
Plus que de l'aveugle
Du muet fait le malheur
La vue de la lune.
Kyoraï
Au coucou
Elle ne répond rien
La girouette en fer.
Seiho Awano
Quelques essais personnels
Le bolet doré
au couteau de l'automne
craque mollement.
P.L.
La nuit est posée
l’hiver gagne la ville –
Frisson de moineau.
P.L.
Un mille-pattes trébuche
-bruit de catastrophe-
entre quelques brins d'herbe.
P.L.
Cul grisâtre
d'une bouteille lancée
dans la mer étroite -
bonjour Trieste.
P.L.
Goutte à goutte
- loupes hallucinées -
le toit s'égoutte.
P.L.
Au profond de la nuit
rentrent les meurtriers
le devoir accompli.
P.L.
Tendu comme un arc,
l'hiver scarifie
d'une autre ride le visage.
P.L.
Dans la nuit luisante
résonnent des pas
- un chien lève la patte -
P.L.









Nulle action n'est assurée d'oeuvrer dans le sens de son intention. Edgar Morin