Dans l’entreprise, les risques psychosociaux se nichent partout. L’entretien annuel notamment, qui se déroule sans témoins,
est un terrain propice aux débordements. Les critères d’évaluation étant de plus en plus fondés sur les comportements, le danger, pour le manager, est de glisser vers la vie intime du
salarié.
L’entretien annuel représente une situation de pression pour le manager comme pour le managé. D’un côté comme de l’autre,
chacun va activer ses défenses. Le manager aura tendance à être plus directif, plus manipulateur, plus agressif… nourrissant ainsi les tensions, l’inquiétude, le stress, bref les risques
psychosociaux. » À la sortie d’un échange mal conduit, le collaborateur sera rongé par la sensation d’injustice, d’absurdité des directives, ou se sentira mis en échec. La qualité du climat dans
lequel il se déroule, le type de questionnement et la formulation des commentaires écrits sont essentiels. Il faut y veiller comme au lait sur le feu. Quelques erreurs à éviter.
1.Formulations aventureuses
« Quel est votre niveau d’engagement ? », « Quel investissement psychique faites-vous dans le
travail ? »… Depuis dix ans, les formules types n’ont cessé de s’enrichir de thèmes sur les comportements personnels, le « savoir être ». Ils s’intéressent autant au
quantitatif (chiffres, niveau de business) qu’à la dimension humaine de l’individu, pourtant délicate à évaluer. Exemples d’items : comportement transversal, empathie, leadership (noté de 1
à 5). Ceci conduit les managers à poser ce type de questions tendancieuses. Ou bien à affirmer : « Vous êtes vraiment trop timide, enfant vous avez dû souffrir dans les cours
d’école ».
Il est donc bien préférable de parler aux gens de ce qu’ils font et pas de ce qu’on pense qu’ils sont.
2. Manipulations
« Cela va comme tu veux sur le projet Z ? », « Tu te sens bien par rapport à tes
compétences ? », « Est-ce que tu n’aurais pas besoin d’une formation par hasard ? » (sur un ton ironique). Manipuler quelqu’un dans l’échange, c’est entre autre lui
poser une question qui simule l'intérêt pour lui en pointant es faiblesses. avec une manière de perversité..
Autre exemple de manipulation : le manager qui questionne la vie privée en insistant : « Comment ça va chez
toi ? », « J’ai l’impression que ça ne va pas bien. », « Est-ce que tu es sûr de ne pas vouloir en parler ? ». L’entretien annuel n’est pas fait pour cela, ni
pour lister les erreurs ou les difficultés professionnelles.
Ainsi, lorsqu'on désire conduire un entretien positif et motivant, il est préférable de ne pas s’appesantir sur les moments « critiques » du passé pour préférer les enjeux d'avenir (accompagnés des soutiens nécessaires).
3. Flou artistique
« Sois un peu moins perso, plus engagé ». Ce commentaire n’a rien d’un argument objectif. Vous n’êtes pas obligé
de dire à votre collaborateur qu’il est génial. Il ne s’agit pas de lui faire plaisir, mais de lui donner du sens, des perspectives. Dites ce qui ne va pas, sans concession, mais avec le souci de
la rigueur, de la précision. Le flou suscite l’interprétation, l’incompréhension et le malaise.
Il faut donc préférer « J’aimerais que tu parles de tel sujet, dans telle réunion et que tu
prennes le lead ! ». Vous donnerez ainsi des axes de progrès mesurables.
Il est donc bon d'avoir en tête des objectifs SMART : Spécifiques, Mesurables, Ambitieux, Réalistes, délimité dans le
temps.
4. Injonctions paradoxales
« Il faut être réactif mais ne pas faire d’erreur », « Tu dois développer tes équipes et faire du
chiffre ! »… Je relève trois facteurs de risques psychosociaux majeurs dans l’entretien d’évaluation. Primo, donner des objectifs qui n’ont pas sens pour le collaborateur. Il n’adhèrera
pas et sera tiraillé entre son devoir et sa perception. Dans l’exemple ci-dessus, il se trouvera pris dans des injonctions paradoxales ingérables. Déboussolant !
Autre risque : examiner de façon partielle et partiale le travail de son collaborateur. Sans reconnaître sa performance, ni
chercher à saisir pourquoi il n’a pas réussi sur certains points. Le sentiment d’injustice est alors garanti.
Enfin, fixer des objectifs impossibles à tenir aux yeux du collaborateur présente des dangers importants. Parce qu’il aura
l’impression qu’ils dépassent ses ressources personnelles. Il ne se sentira alors pas à la hauteur, incapable, voire rabaissé.
5. Blocages ou précipitations
J’ai vu des entretiens durer de deux à trois heures ! C’est anormal. Personne n’y avait réfléchi en amont. Le désaccord
a surgi et, bien sûr, chacun campa sur ses positions avec ses arguments.
À l’inverse, les entretiens express sont bien trop fréquents. Quand ils ne se passent pas par mails, avec échanges de
formulaires remplis de chaque côté. Il n’y a alors aucune discussion. De quoi créer du stress !
6. Bachotage
L’entretien n’est ni une revue de résultats, ni du reporting, Il faut avoir quelque chose à dire de dense. Le manager ne s’y
préparera donc pas en bachotant en quinze jours. Il récoltera de la matière toute l’année, en observant, en prenant des notes, en s’interrogeant. La seule façon de donner du sens à cet acte
managérial essentiel. Et attention à ne pas escamoter les questions qui fâchent. Ce qui se produit dans 3 cas sur 5. Le non-dit est aussi un facteur de risque psychosocial. Aussi intense que la
peur d’affronter son chef.

Les risques psychosociaux au travail (stress, dépression, violences...) varient suivant la qualification, le
secteur d'activité mais aussi le sexe du salarié, selon une étude publiée ce mercredi 1er décembre par le ministère du Travail
Les grandes théories du management ont vécu. Désormais, une multitude de nouveaux concepts revisitent l’organisation et la
stratégie de l’entreprise : créativité collective, résilience, responsabilité sociale.
La pression monte à France Télévisions. Et la nouvelle direction n'est pas loin de déclarer l'état
d'urgence. Plus que tout, elle vit dans la hantise de voir la télévision publique atteinte du syndrome France Télécom. Et pour cause: au cours de ces derniers mois, l'entreprise a connu un cas de
suicide d'un médecin du travail à France 3 Alsace, la mort d'un salarié de RFO que ses confrères continuent de trouver suspecte, et plusieurs cas de personnes ayant attenté à leurs jours à RFO ou
à France 3.
Comment peut-on être femme ou homme politique ? De quel bois sont-ils faits pour encaisser tout ce
stress, ces affrontements violents, ces heures de travail tardives tout en se surveillant constamment puisque, désormais, la moindre petite phrase de travers se paie cash ? Quoi qu’on en
dise, ce sont des « athlètes de haut niveau » dont l’énergie et la résistance forcent l’admiration.
En termes de risques psychosociaux, l'époque des pionniers est nettement derrière nous. Nous avons plus récemment passé celle de
la sensibilisation et de la légitimation du phénomène. Désormais, même si le déni demeure présent lorsque nous mettons le doigt sur des difficultés susceptibles de toucher certains acteurs, il
n'est plus possibile de nier le risque, son existence et la nécessité de s'en saisir. Le temps est donc venu du déploiement des outils de prévention.
L’humain est enfin de retour chez France Telecom. Dimanche soir sur TF1, le making of des nouveaux spots publicitaires d’Orange a
été diffusé, dans un écran événementiel de 2 minutes 30 secondes. On y retrouve les fous rires, les ratages et les inhibitions des salariés, devenus acteurs d'un jour. Bref, de l'humain
derrière une signature publicitaire.
Lundi 6 février disparaissait, à l'âge de 88 ans, Antoni
Tapies. Ce n'est pas simplement une part de l'âme catalane qui s'efface avec lui, mais une des plus grandes figures de la peinture européenne de la seconde moitié du XXème siècle. Celui qui, dans
le monde de la peinture informelle, plus qu'abstraite, faisait le pendant à l'anglais Francis Bacon (mort d'ailleurs à Madrid en 1992) dans un ordre plus figuratif.





















