Mardi 6 avril 2010
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Vous vous inquiétiez,
j'en suis certain, des bonus de nos traders. La crise, les faillites de banques, la fiscalisation de leurs revenus exceptionnels allaient les jeter sur la paille. Et avec eux, les restaurateurs
étoilés, les concessionnaires de voitures de luxe... les bijoutiers et autres couturiers. Car les traders aussi, sont amoureux. Tout un monde de métiers précieux et d'élégance un peu trop voyante
allait s'enfoncer dans l'Atlantide des souvenirs.
Si tel était votre cas, une récente enquête devrait vous rassurer (eFinancialCareers, conduite entre le 28 janvier et le 9 mars, auprès de 387 professionnels de la finance en France, 694 au
Royaume-Uni et 190 en Allemagne). Elle révèle que les plus méritants, c'est-à-dire plus de la moitié, ont reçu des bonus au titre de 2009 : 46% en France, 54% en Allemagne et 57% au Royaume-Uni.
Mieux, 60% ont révélé avoir reçu une augmentation de salaire en 2009 à hauteur de 12% en France, 26% au Royaume-Uni et 32% en Allemagne. Ne soyez donc pas étonné de ne pas avoir aperçu de
cortèges revendicatifs autour de la Bourse. Une chose tourmente cependant la profession : la taxation des bonus. Pour les Français, par exemple, 58% se résignerait à l'expatriation si perdurait
cette folie. Plutôt à Londres, Genève ou New York qu'à Bamako, mais cela vous vous en seriez douté.
Constatons donc que l'univers mondialisé dans lequel ils baignent mondialise leur horizon personnel. Il sont prêt à suivre l'argent là où il va. Désormais, la thématique de la fuite des
meilleurs cerveaux, qui alarmait les esprits soucieux de développement national, ici ou dans les pays en émergence (Inde, Chine, Brésil...) devient obsolète. Il faut plutôt parler de la
mondialisation du marché des cerveaux, laquelle constitue un risque pour les places qui ne s'imposent pas en phares de leur profession.
Face à cette situation, les mesures locales (i.e. nationales) seront pas plus dissuasives que des sabres de bois. À l'évidence, une régulation plus large s'impose. Idéalement, bien sûr, au niveau
international. Mais, si les intérêts des principaux acteurs mondiaux divergent au point qu'aucune entente soit possible, il faudra bien réguler au niveau régional (Europe, par exemple) ou à
travers des partenariats ponctuels entre États ou groupes d'États. Même si les trous que ces dispositions laisseront, engendreront quelques fromages.
Par Patrick Lamarque
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Publié dans : Le fil d'Ariane
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Dimanche 4 avril 2010
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17:07
François Bon
Daewoo
Paris,Fayard, 2004
La Lorraine. Paysage de fer et d'acier ravagé par la crise de la sidérurgie et "revitalisé" à
coup de subventions publiques qui auront permis l'implantation de trois usines du groupe Daewoo, fabricant de fours à micro-ondes et de téléviseurs. Entre septembre 2002 et janvier 2003, les
trois usines ferment brutalement. L'une d'entre elles sera incendiée. Pourtant, lorsque l'usine Famek est vendue aux enchères, aucune trace de cette violence ne subsiste. Pas plus que celle des
1200 personnes, surtout des femmes, jetées à la rue pour l'occasion.
François Bon est sollicité par le Théâtre de la Manufacture de Nancy pour réaliser une enquête
sur le terrain, plusieurs mois après et mettre en mots les souffrances des ouvrières pour en créer une oeuvre théâtrale Il les rencontre jour après jour pour reconstituer le puzzle et les
entraîner dans une pièce qui les racontera. Le livre reprend ce compagnonnage sous une forme différente, mais avec la même puissance et la même vérité. On y retrouve les visages éprouvés par
l'angoisse, le chômage à perpète, les fins de mois difficiles qui commencent très tôt et ces anciennes collègues qui tournent en rond chacune de son côté. Une fois, on apprend que l'une d'entre
elle est devenue pocharde, une autre, que l'ancienne déléguée - une grande gueule, battante et tout- s'est suicidée en silence dans son HLM. On traverse la vie d'après, celle qui n'a plus sens ni
espoir.
Un livre fort qui renvoie chacun de nous face à ses responsabilités
sociales.
Par Patrick Lamarque
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Publié dans : Le coin des livres
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Dimanche 4 avril 2010
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13:20
L'observatoire de l'ANPE a publié, en mars, une étude intéressante sur le
chômage des plus de 50 ans (vous pourrez la télécharger en PDF en cliquant ci-desous).
Il apparaît d'abord que le taux de chômage des seniors, moins élevé que celui des autres tranches d’âge. Mais, ceci ne rend compte que partiellement leur situation sur le marché du travail. En
effet, si environ 600 000 demandeurs d’emploi (catégories 1, 2, 3, 6, 7 et 8) étaient âgés de 50 ans ou plus à fin décembre 2005, 400 000 autres personnes bénéficiaires du régime d’assurance
chômage ou du régime de solidarité chômage étaient également sans emploi mais dispensées d'en rechercher un. Ce que porte à 1 million le nombre du plus de 50 ans éloignés du marché du
travail.
Les demandeurs d’emploi seniors se caractérisent par leurs difficultés à se réinsérer : plus d’un sur deux est au chômage de longue durée et près d’un sur trois est au chômage depuis plus de deux
ans. Leur entrée au chômage se produit le plus souvent à la suite d’un licenciement et leur sortie du chômage se révèle difficile : trois sur dix reprennent un emploi, contre un sur deux pour les
25 à 49 ans. De surcroît, à partir de 55 ans, ils sortent principalement vers l’inactivité.
Majoritairement employés qualifiés, on trouve cependant des proportions plus importantes d’ouvriers et de cadres que chez les plus jeunes. Parmi les ouvriers, la part des demandeurs d’emploi de
nationalité étrangère est relativement importante : 23% contre 12 % pour l’ensemble. Par ailleurs, si environ un senior sur sept est reconnu travailleur handicapé, cette situation concerne plus
d’un senior sur cinq parmi les non qualifiés.
En ce qui concerne les emplois et métiers recherchés par les seniors, plus d’un tiers des hommes est inscrit dans un métier du transport et de la logistique, de la mécanique et de l’électronique
ou du BTP, tandis que pour les femmes, plus d’un tiers d’entre elles recherchent un emploi dans la seule catégorie des services aux personnes et aux collectivités. Cette concentration des femmes
sur un nombre restreint de métiers est plus marquée que chez leurs cadettes.
Cliquer ici pour accéder au rapport : http://ddata.over-blog.com/3/17/15/09/Chomage-seniors.pdf
Par Patrick Lamarque
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Samedi 3 avril 2010
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08:06
Encore une fois, Steve Jobs a démontré, non seulement son talent, mais encore sa science de la présentation
convaincante lors du lancement de l'ipad, le 27 janvier.
Bien sûr, l'appareil est malin, son prix attractif et il fera un tabac. Mais regardez surtout
comment il travail son message autour d'une même idée sur laquelle il revient, son déplacement dans l'espace. Voyez comment la répartition des rôles est bien assurée entre les intervenants. Et
surtout, à l'usage de ceux qui nous abreuvent de présentation power point illisibles, observez comment l'image sert d'appui au discours comme autant de slogans... Magistral
!
Par Patrick Lamarque
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Publié dans : Communication
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Samedi 27 mars 2010
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09:37
Patronat et syndicats ont trouvé un accord sur le harcèlement et la violence au
travail, ce vendredi 26 mars, Comme on le pressentait, dès le mois de février, après six mois de négociations,les
entreprises ont finalement accepté de reconnaître que le mode de management ou de fonctionnement pouvait être responsable de ces phénomènes.
Les partenaires sociaux, ont finalisé un texte permettant de "mieux prévenir ces agissements, les réduire et si possible les
éliminer". Ils divergeaient jusqu'à présent sur un point majeur : les syndicats (CGT, CFDT, CFTC, FO, CFE-CGC) souhaitaient que soit inscrit dans l'accord que "certaines formes d'organisations du
travail et de gestion du personnel provoquent par elles-mêmes de la violence et du harcèlement". Au final, le texte ne parle pas d'organisation du travail, mais de mode de management et de mode
de fonctionnement de l'entreprise, deux formules qui semblent satisfaire les syndicats.
Il s'agit ici d'un pas important dans le sens de la prise en considération sérieuse des dimensions collectives et organisationnelles à l'origine d'une forme de violence qu'on avait tendance à
circonscrire à l'influence néfaste des "petits chefs". Pas à pas, les esprits avancent, mais il reste encore à faire pour comprendre que manager ne se limite pas à gérer du rationnel et que
nos modes actuels de fonctionnement sont en
crise.
Par Patrick Lamarque
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Jeudi 25 mars 2010
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08:11
Dans les grandes
organisations, privées comme publiques, la tendance est à l'organisation matricielle. Sur chaque site, les collaborateurs ne se trouvent plus sous l'autorité hiérarchique du responsable local,
lequel n'est plus investi que de fonctions d'aubergiste industriel. Dans ce qui a cessé d'être "son" usine, chacun dépend maintenant d'une filière professionnelle. Le comptable relève du
directeur financier, les RH d'un DRH situé à l'autre bout de la France quand ce n'est pas à l'étranger... et ainsi de suite.
Cette organisation,
reconnaissons-le, est économique en ce qu'elle permet la mutualisation des compétences les plus rares, le traitement en série d'opérations identiquement répétitives et une structuration
efficiente du back office. Même l'État évolue en ce sens, qui prépare la création d'un seul organisme chargé d'assurer la paie des fonctionnaires de tous poils et de tous
ministères.
Tout ceci serait parfait si les
collaborateurs avaient le sentiment de :
1 - connaître effectivement celui
qui les évalue et détermine le montant de leur rémunération variable,
2 - savoir qui incarne l'entreprise
en assumant le rôle de "chef" dans leur proximité.
Dans les organisations
décentralisées, la situation n'est plus aujourd'hui régulée. Le responsable local n'est plus le "patron", celui entre les mains duquel repose l'essentiel décisions impactant la situation des
personnes. Cette fonction "paternante" s'est disloquée et les salariés se trouvent désormais aussi égarés que des "enfants sans père". Ils n'ont plus aucun référent. Plus "d'autorité" (au sens
riche) pour définir le cadre dans lequel ils peuvent s'exprimer.
Comme, parallèlement, l'entreprise
a cessé de représenter la "mère" qui assure la protection (et l'amour) de ses "enfants" dans des temps où elle les répudie sans honte ni ménagement, les collaborateurs sont dépourvus de toute
structure "contenante".
Ainsi assistons-nous à l'effacement
du leadership. Un leadership qui manque d'autant plus que personne ne sait plus comment se diriger dans un monde déboussolé. C'est un fait grave, générateur d'inquiétudes voire de risques
psychosociaux pour les plus déstabilisés, que cette trahison des leaders dans des entreprises qui ne connaissent plus ni père, ni mère. Ni foi, ni loi...?
Par Patrick Lamarque
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Publié dans : Le fil d'Ariane
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Mardi 16 mars 2010
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21:12
L'abstention considérable du premier tour des élections régionales a été relevée par tous les spectateurs de la soirée électorale autant que par les observateurs. Mais, exclusivement
en termes politiques. Or, la dimension massive du phénomène ne doit pas le cantonner à la sphère politique. Il existe bien une forte déception des citoyens mais celle-ci provient surtout du
sentiment qu'ils éprouvent d'être insuffisamment protégés de la tourmente économico-sociale. Ce n'est donc pas seulement la "classe politique" ou le "Pouvoir" qui se trouvent contestés dans le
silence assourdissant du parti des pêcheurs à la ligne, mais tout ce qui, d'une façon ou d'une autre pèse sur le destin de ceux qui se perçoivent comme les "petits".
Avec beaucoup d'intuition, Jean-Luc Mélenchon a évoqué, au soir du premier tour, une "insurrection civique" pour parler de ce refus qui n'est pas de circonstance mais clair et choisi. Et, ce
mardi, avec d'autre mots, Alain Juppé évoqué un sentiment de trahison chez ceux qui n'avaient pas bénéficié de la mondialisation financière.
Il y a tout lieu que ces analyses le soient justes, car on voit bien que l'abstention concerne les lieux qui sont les plus à la peine. Il faut alors craindre que cette opposition sourde,
puissante mais sans débouché parce qu'elle n'est pas canalisée par une protestation organisée, traverse la paroi de plus en plus poreuse que la mondialisation a installée entre la sphère du
politique et celle des entreprises. Alors il faudra craindre une forme d'implosion rampante dans les unités de production, faite d'augmentation des congés maladie (comme on le constate dans les
entreprises en souffrance), de réduction de la productivité et d'un défaut d'engagement des salariés jusque assez haut dans les hiérarchies.
Une insurrection professionnelle côté de l'insurrection civique pour emprunter la formule puissante de Mélenchon.
Par Patrick Lamarque
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Publié dans : Stratégies
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Dimanche 14 mars 2010
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10:44
France Télécom est mis en cause pénalement dans le suicide d'un salarié dans le Doubs en août 2009. Dans une lettre
adressée en février au syndicat Sud, l'Inspection du travail indique avoir remis au parquet de Besançon (Doubs) un rapport concluant au non-respect par l'opérateur d'un article du Code pénal sur
"la mise en danger délibérée de la personne d'autrui". Transmis à la
direction régionale de France Télécom et au parquet de Besançon, ce rapport porte sur le suicide de Nicolas G., un jeune technicien muté en janvier 2009 dans l'unité d'intervention clients du
secteur Bourgogne/Franche-Comté.
Dans son courrier, l'Inspection du travail conclut au "non-respect des dispositions de l'article 121-3 du Code pénal relatives à l'homicide involontaire par imprudence". L'article visé fait
référence à la "mise en danger délibérée de la personne d'autrui", précisant qu'il y a crime ou délit "en cas de faute d'imprudence, de négligence ou de manquement à une obligation de prudence ou
de sécurité". Il revient désormais au procureur de la République de Besançon de qualifier les faits.
Selon les éléments recueillis, le technicien "n'a bénéficié que de trois jours de formation théorique" pour ses nouvelles fonctions, alors que "le parcours de professionnalisation pour un
technicien intervention client dure entre huit et neuf mois". Nicolas G. n'a été inscrit que quelques jours avant sa mort au parcours de formation, le 4 août 2009, "soit sept mois après ses
débuts, et après la connaissance par l'entreprise de risques psychosociaux très sérieux", et "quatre mois après avoir été laissé seul sur les interventions". Dans l'intervalle, le salarié a été
soumis aux mêmes objectifs que les techniciens aguerris, malgré son défaut de formation.
Pour l'Inspection du travail, France Télécom n'a pas pris les mesures nécessaires "à la prévention des risques psychosociaux lors de changement de métier". Et ce, alors qu'un rapport d'un cabinet
de diagnostic insistait, en juin 2008, "sur les risques d'atteinte à la santé mentale des techniciens dans les relations parfois tendues avec les clients". "C'est donc en pleine connaissance de
cause, et notamment sur l'existence de risques liés à la santé mentale de ses techniciens d'intervention, que France Télécom a décidé de ne pas mettre en place une grande partie des mesures de
prévention proposées" par ce cabinet, estime l'Inspection du travail. Qui ajoute: "Non seulement les mesures de prévention n'ont pas été mises en oeuvre, mais l'enquête montre que les cadences
des techniciens ont considérablement augmenté, notamment à partir de décembre 2008, avec un point culminant en juin 2009".
Sans attendre les décisions de la justice sur cette affaire, ces éléments méritent d'être médités par chacun. Car il est fréquent que les plans de formations mettent "un certain temps" avant
d'être effectivement mis en oeuvre et la pression de l'urgence l'emporte
régulièrement sur les doutes prudentiels.
Par Patrick Lamarque
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Publié dans : Responsabilité sociale
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Samedi 13 mars 2010
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21:52
Les idées sont neuves par rapport à l'époque au cours de laquelle elles émergent. La plupart du
temps, elles correspondent à une reprise d'anciennes idées, occultées un temps durant, et revisitées parce que le besoin s'en fait sentir. En ce sens elles ne sont pas "inouïes" mais
"ré-vélées".
Or, les temps actuels nous invitent à ouvrir les yeux pour revisiter le réel, le dés-oblitérer. Ainsi, en économie, les propositions actuelles de Dominique
Strauss-Kahn, du haut de ses fonctions au FMI, correspondent à une façon de re-lire l'époque en refusant le dogme visant à limiter l'inflation mondiale à 2% pour le porter à 4%. Bien sûr, celà
hérisse le fameux "consensus de Washington", rigoureusement libéral, que Stieglitz a déchiré à belles dents il y a quelques temps. Mais, si un peu d'inflation permet de relancer l'activité,
recréer de la richesse et donner de l'espoir à nombre de ceux qui l'ont perdu, pourquoi s'en priver sous prétexte de ne pas manquer à une doxa ?
De même, dans l'entreprise où l'on voit certaines méthodes d'organisation faire fureur : organisation matricielle, flux tendus, hyper-contrôle réduisant
l'autonomie, valorisation de l'appréciation individuelle au détriment de l'équipe... De plus en plus, on mesure combien cette fureur peut engendrer de dégâts humains et, du coup, poser plus de
problèmes qu'elle en résout (France Telecom en est l'exemple criant).
Pourquoi alors ne pas, de façon toute pragmatique, corriger le dispositif. Non pas aux marges en colmatant quelques trous, mais au centre pour faire
globalement mieux et économiser une ressource essentielle, même si elle est non fossile et reproductible, je veux dire la ressources en humains ? Franchement, pourquoi ?
Par Patrick Lamarque
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Publié dans : Le fil d'Ariane
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Mardi 9 mars 2010
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18:57
Nous devons avoir le courage de refonder notre vision du
management en mesurant combien nous avons tous trop poussé à l'individuation du travail. Et pas seulement pour de mauvaises raisons de rentabilité. Car, nous avons sincèrement suivi Herzberg sur
sa vision de l'engagement de l'individu à travers sa motivation, et Maslow dans sa pyramide des besoins humains dont le niveau le plus élevé correspondait à "l'accomplissement de soi" dans le
travail. Il n'y a d'ailleurs pas à rejeter l'ensemble de ces apports.
Mais, l'évolution du travail contemporain nous montre, dans ses crises individuelles (burn out,
stress...) comme dans ses crises collectives (conflits interpersonnels, harcèlement...) que les humains ressentent un autre besoin, sans doute négligé depuis trop d'années : celui d'être soutenus
par les leurs. Et ce soutien est d'autant plus fort qu'il est le produit d'un collectif. Parce que le groupe sera toujours plus puissant que l'individu isolé.
Nous le savions, certes. Certains ont continué à le mettre en pratique (les militaires, par
exemple), mais dans l'univers de la production industrielle et, plus encore, tertiaire, cette idée simple a déserté la doxa ambiante.
Il faut donc, très vite, que nous retrouvions la richesse du collectif dans nos fonctionnement.
Pas seulement cet "allez les petits" inspiré du rugby, mais un réel partage des enjeux, une plus grande pratique de la décision commune. Et aussi lier au groupe des évaluations et des
éléments de rémunération retraçant la performance de l'équipe. À procéder ainsi, je suis certain que nous limiterons grandement la plaie des risques psychosociaux que nous cherchons
convulsivement à cautériser.
Par Patrick Lamarque
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Publié dans : Le fil d'Ariane
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