Samedi 21 janvier 2012 6 21 /01 /Jan /2012 00:00

Exclamation Cela faisait beau temps que l'on attendait une méthode pour prendre en compte les risques psychosociaux dans le document unique. Chacun (moi inclus!) bricolait de son côté, avec plus ou moins de bonheur. Or, voilà que l'ANACT vient de publier un kit, clair et pédagogique, accompagné de fiches pratiques, pour conduire une démarche rigoureuse et véritablement opérationnel.

 

De surcroît, le kit est téléchargeable sur le site de l'ANACT à l'adresse ci-après : http://www.anact.fr/web/actualite/essentiel?p_thingIdToShow=23389598......

 

 

Par Patrick Lamarque - Publié dans : Management
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Le fil d'Ariane

 

  La leçon de Bram Van Velde

 

Bram Van VeldeJ'ai trouvé chez le peintre Bram Van Velde (1895-1981) une attitude, face à la vie comme face à son oeuvre, qui présente toutes les caractéristiques d'une leçon posturale à l'usage du coach (si j'y allais de façon cavalière, le parlerais même de "l'assiette" du coach). Bram, tel que le décrit son ami  le poête et critique d'art Charles Juliet (1), sait se retirer, s'absenter de la vie pour laisser advenir la fulgurance qui donnera naissance à la toile.

 

Plus on sait, moins on est
Il faut dire qu'il a assez peu peint dans sa longue carrière exclusivement consacrée à son art. Environ 300 toiles en toute une vie, soit à peu près la production de Picasso dans la dernière année avant sa mort ! C'est un homme qui - au prix de l'acceptation d'une misère souvent profonde qui l'accompagna tout du long - est parvenu à s'abstraire du monde et de ses nécessités pour laisser advenir à lui l'impératif de créer. "L'artitste, dit-il, est celui qui est sans vouloir". Au point de se tenir dans l'absolue concentration du présent : "l'important, c'est de n'être rien", jette-t-il avant de compléter par ce constat, "le plus difficile c'est de ne pas vouloir". Car, et c'est peut-être là une de ses clés, "plus on sait, moins on est". Ou encore, "surtout, ne jamais s'affirmer".

 

Évidemment, il ne faut lire là aucune ode à l'inaction ni à la mollesse. Assis sous un arbre où il passe des heures à méditer, "je ne reste pas là sans rien faire. Mais, je travaille intensément". Tout simplement parce que "la toile ne vient pas de la tête, mais de la vie".

 

 

Je suis aux côtés de la faiblesse

Car une extrême intensité traverse cet oeuvre homogène, obsédé par le centre, le point focal, cet ombilic de la toile autour duquel se désagrège le tragique de la vie dans des tons souvent terreux. Un désordre de catastrophe qui pourrait bien révéler la profondeur et la beauté chahutée du monde.

 

Bram Van Velde doit nous inspirer dans notre pratique de coach. Singulièrement par cette présence en vérité, sans fard ni tentation de se relier au passé pour y trouver l'explication ou la justification qui sauverait. En apparence. Un présence qui ne fait pas l'économie du tragique ("je suis aux côtés de la faiblesse", dit-il) mais qui dispose toujours de ce centre essentiel autour duquel tout s'organise et qu'il nous appartient de rechercher pour soutenir notre client dans sa volonté d'avancer. Même si, comme l'énnonce Bram, "nous sommes toujours deux (i.e. en chacun de nous). Un vivant et un mort. Et ils sont constamment aux prises".

 

Avec, enfin, cette modestie en manière de leçon à tout thérapeute futur, accompagnant ou ami qui fait un bout de parcours avec un autre : "on ne peut que très peu pour autrui. Il est très difficile d'aider l'autre sans le trahir". Pourtant, nous nous y efforçons.

 

 

1 - Les citations sont issues de l'ouvrage de Charles Juliet, Rencontres avec Bran Van Velde, P.O.L., 1998.

 


 


 

 

Digest

 

Patrick Lamarque est conseil de dirigeants en matière de stratégie, de gestion des crises et de management du changement. Il est également coach pour dirigeant privés et publics. Il opère en France et à l’étranger.


Ancien élève à l'Ecole Nationale d’Administration, Patrick Lamarque, dans les années 80, a créé la mission communication interne et maîtrise du climat social à la Ville de Paris, coordonné la communication gouvernementale auprès du Premier ministre et conseillé pour sa communication le ministre de la Défense. Dans les années 90, il dirige la communication de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Bordeaux, puis celle de la Ville et de la Communauté Urbaine de Lyon. Il est ensuite appelé comme Conseiller auprès du Secrétaire d'État à la Défense, puis auprès de la Secrétaire d’Etat aux Personnes handicapées avant d’être chargé de la concertation et de l’accompagnement social à la Délégation Générale pour l’Armement.


Introducteur des études qualitatives dans l’analyse politique il a développé ces méthodes pour structurer une démarche globale de maîtrise du climat interne de l’entreprise. Il a développé une approche novatrice d’entretiens de confrontation pour la résolution de conflits.


À partir de son expérience dans la gestion de la communication de la Défense durant la première guerre du Golfe, il a créé une méthodologie de maîtrise des crises qui a fait ses preuves dans de multiples situations difficiles, lors de crises de changement, de situations d’urgence psychosociale ou de plans de sauvegarde de l’emploi.


Il enseigne à l’ENA, au CELSA, à l’EFAP, dans plusieurs universités françaises ainsi qu’à l’École Supérieur du Commerce et des Affaires de Casablanca et à l’Université de Buenos-Aires. Chroniqueur radio, il est auteur d’une vingtaine d’ouvrages.

 

 

 

Le jardin haïku

 

Quelques beaux poêmes

 

Dans une vieille mare,

une grenouille saute,

le bruit de l'eau.

Bashö (1644-1694)

 

 

Porté par l'obscurité.

Je croise une grande ombre

dans une paire d'yeux.

Tomas Transtromer (Prix Nobel 2011), traduit par Jacques Outin


 

Sur la plage

je regarde en arrière

pas la moindre trace de pas.

Hosai  (1885-1926)

 

 

J'étais là moi aussi -

et sur un mur blanchi à la chaux

se rassemblent les mouches.

Tomas Transtromer (Prix Nobel 2011), traduit par Jacques Outin

 

 

Il n'y a rien

dans mes poches -

rien que mes mains.

Kenshin (1961-1987)

 

 

Un papillon blanc sort
D'entre les rayures d'un zèbre.

Sei Imai

 

 

Plus que de l'aveugle
Du muet fait le malheur

La vue de la lune.

Kyoraï

 

 

Au coucou

Elle ne répond rien

La girouette en fer.

Seiho Awano


 

Quelques essais personnels

 

Le bolet doré

au couteau de l'automne

craque mollement.

P.L.

 

 

La nuit est posée

l’hiver gagne la ville –

Frisson de moineau. 

P.L.


 

Un mille-pattes trébuche

-bruit de catastrophe-

entre quelques brins d'herbe.

P.L.


 

Cul grisâtre 

d'une bouteille lancée

dans la mer étroite -

bonjour Trieste.

P.L.

 

 

Goutte à goutte

- loupes hallucinées -

le toit s'égoutte.

P.L.

 

 

Au profond de la nuit

rentrent les meurtriers

le devoir accompli.

P.L.

 

 

Tendu comme un arc,

l'hiver scarifie

d'une autre ride le visage.

P.L.

 

 

Dans la nuit luisante

résonnent des pas

- un chien lève la patte -

P.L.

La citation de la semaine

 

Nulle action n'est assurée d'oeuvrer dans le sens de son intention. Edgar Morin 

 

Patrick Lamarque

Créez votre badge

Le cabinet de curiosités

Recherche

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>

Syndication

  • Flux RSS des articles
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés