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Samedi 12 novembre 2011 6 12 /11 /Nov /2011 23:57

EKRSur le chagrin et sur le deuil

 

Elisabeth Kübler-Ross et David Kessler

 

JC Lattès, Paris, 2009

 

 

Élisabeth Kübler-Ross est une femme importante, non seulement parce qu’elle fut la pionnière des soins palliatifs, mais aussi parce qu’elle écrivit de nombreux ouvrages sur le thème du deuil et qu’elle en théorisa le déroulement en cinq phases : le déni, la colère, le marchandage, la dépression et l’acceptation, tout en indiquant immédiatement que « tout le monde ne passe pas forcément par ces cinq étapes et les réactions ne suivent pas toujours le même ordre ».

 

Reste cependant que le management contemporain s’est accaparé l’approche pour la transférer au champ des « deuils professionnels », comme les licenciements ou les mutations forcées. Avec, sans doute, quelques bonnes raisons, tant il est vrai que notre métier nous est identitaire et que nous avons avec lui des liens familiers. Mais également avec une radicalité mécanique qui aime à se rassurer à travers les modélisations.

 

Déni

À commencer par la phase de déni, dont EKR note : « Pour celui qui a perdu un être cher (…), le déni est à prendre au sens symbolique plutôt que littéral ». À noter tout de même qu’il s’agit-là d’un passage important (évidemment d’une durée variable) car « le déni est un mécanisme de protection psychique » face à un événement qui a d’abord procuré une profonde sidération.

 

Colère

Quand survient la colère, il est clair que nous sommes désormais en situation « d’affronter l’avenir sans la personne disparue ». Elle est une bouée à laquelle s’agripper et qui structure temporairement le néant de la perte. Et « plus vous ressentirez de la colère, plus vite elle se dissipera et plus vite vous guérirez », car c’est l’émotion que nous savons le mieux gérer.

 

Mais surtout, dans le deuil comme dans les situations professionnelles, il est inutile d’appeler les personnes à réprimer leur colère car nous les éloignerions de nous. « Exiger de quelqu’un qu’il soit différent, qu’il ressente des sentiments qui ne sont pas les siens, c’est ne pas l’accepter tel qu’il est »… Avis aux dirigeants trop pressés.

 

Marchandage

Surtout, ne prenons pas ce mot au pied de la lettre ! Dans le deuil, il renvoie aux implorations formulées pour que la situation ne soit qu’un mauvais rêve. De fait, il va souvent de pair avec un sentiment de culpabilité de la part de celui qui reste (mais, n’y en a-t-il pas chez ceux qui ne parviennent pas à comprendre une décision managériale qui leur paraît proprement impensable ?).

 

La fonction du marchandage consiste à donner à « croire que nous sommes en mesure de restaurer l’ordre dans le chaos qui a bouleversé notre existence ».

 

Dépression

Après ce temps de marchandage survient un temps de vide. On se replie sur soi, happé par une tristesse immense. Mais, remarque EKR « dans le deuil, cependant, la dépression est un moyen de protection naturel qui engourdit la système nerveux pour que nous puissions nous adapter à une situation apparemment impossible à affronter ».

 

Et, durant cette détresse, ce qu’attendent les personnes qui en sont saisies, ce n’est surtout pas qu’on leur « remonte le moral » mais que l’on sache « prêter une oreille attentive en gardant le silence ».

 

Acceptation

L’acceptation n’est pas, comme beaucoup le pensent, un accommodement de disparition. Progressivement, elle permet seulement de se réorganiser, de « redistribuer les rôles » qu’assurait le défunt. Elle ne consiste pas à voir les choses sous un angle positif, mais simplement à ré-agencer sa vie.

 

Est-elle jamais achevée ? En tout cas « l’acceptation est un lent processus, non pas une phase finale conclue par un point final » alerte EKR.

 

Ainsi, le deuil est-il un lent processus de guérison qui ne transforme en rien la réalité mais qui permet à ceux qui le vivent bien de ré-agencer leur relation avec le monde et la vie.

Par Patrick Lamarque - Publié dans : Le coin des livres
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Le fil d'Ariane

L'animation ci-dessous présente ma pratique du coaching individuel et d'équipe à destination des dirigeants. En cliquant sur l'image en bas à droite (petite croix) vous pourrez l'ouvrir en mode plein écran et, ainsi, la lire plus confortablement.

 


Digest

 

Patrick Lamarque est conseil de dirigeants en stratégie, gestion des crises et management du changement. Il est également coach pour dirigeant privés et publics et expert en prévention des risques psychosociaux. Il opère en France et à l’étranger.


Ancien élève à l'Ecole Nationale d’Administration, Patrick Lamarque, dans les années 80, a créé la mission communication interne et maîtrise du climat social à la Ville de Paris, coordonné la communication gouvernementale auprès du Premier ministre et conseillé pour sa communication le ministre de la Défense. Dans les années 90, il dirige la communication de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Bordeaux, puis celle de la Ville et de la Communauté Urbaine de Lyon. Il est ensuite appelé comme Conseiller auprès du Secrétaire d'État à la Défense, puis auprès de la Secrétaire d’Etat aux Personnes handicapées avant d’être chargé de la concertation et de l’accompagnement social à la Délégation Générale pour l’Armement.


Introducteur des études qualitatives dans l’analyse politique il a développé ces méthodes pour structurer une démarche globale de maîtrise du climat interne de l’entreprise. Il a développé une approche novatrice d’entretiens de confrontation pour la résolution de conflits.


À partir de son expérience dans la gestion de la communication de la Défense durant la première guerre du Golfe, il a créé une méthodologie de maîtrise des crises qui a fait ses preuves dans de multiples situations difficiles, lors de crises de changement, de situations d’urgence psychosociale ou de plans de sauvegarde de l’emploi.


Il a enseigné à l’ENA, au CELSA, à l’EFAP, dans plusieurs universités françaises ainsi qu’à l’École Supérieur du Commerce et des Affaires de Casablanca et à l’Université de Buenos-Aires. Il est l'auteur d’une vingtaine d’ouvrages.

 

 

 

Le jardin haïku

 

Quelques beaux poêmes

 

Dans une vieille mare,

une grenouille saute,

le bruit de l'eau.

Bashö (1644-1694)

 

 

Porté par l'obscurité.

Je croise une grande ombre

dans une paire d'yeux.

Tomas Transtromer (Prix Nobel 2011), traduit par Jacques Outin


 

Sur la plage

je regarde en arrière

pas la moindre trace de pas.

Hosai  (1885-1926)

 

 

J'étais là moi aussi -

et sur un mur blanchi à la chaux

se rassemblent les mouches.

Tomas Transtromer (Prix Nobel 2011), traduit par Jacques Outin

 

 

Il n'y a rien

dans mes poches -

rien que mes mains.

Kenshin (1961-1987)

 

 

Un papillon blanc sort
D'entre les rayures d'un zèbre.

Sei Imai

 

 

Plus que de l'aveugle
Du muet fait le malheur

La vue de la lune.

Kyoraï

 

 

Au coucou

Elle ne répond rien

La girouette en fer.

Seiho Awano

 

 

Le printemps passe.

Les oiseaux crient

Les yeux des poissons portent des larmes.

Bashö (1644-1694)

 

 

Plutôt  que les fleurs de cerisier

Les petits pâtés !

Retour des oies sauvages.

Matsunaga Teitoku (1571-1654)


 

Quelques essais personnels

 

Le bolet doré

au couteau de l'automne

craque mollement.

P.L.

 

 

La nuit est posée

l’hiver gagne la ville –

Frisson de moineau. 

P.L.


 

Un mille-pattes trébuche

-bruit de catastrophe-

entre quelques brins d'herbe.

P.L.


 

Cul grisâtre 

d'une bouteille lancée

dans la mer étroite -

bonjour Trieste.

P.L.

 

 

Goutte à goutte

- loupes hallucinées -

le toit s'égoutte.

P.L.

 

 

Au profond de la nuit

rentrent les meurtriers

le devoir accompli.

P.L.

 

 

Tendu comme un arc,

l'hiver scarifie

d'une autre ride le visage.

P.L.

 

 

Dans la nuit luisante

résonnent des pas

- un chien lève la patte -

P.L.

 

 

Inconsciente,

la rue se rue

vers sa fin.

P.L.

 

 

Au bal de la nuit

aux phalènes,

le pied glisse

sur les cadavres joyeux.

P.L.

 

 

La brume

nappe le relief

du jardin myope.

PL

 

 

Le rictus du caïman

remonte à l'oeil qui pétille.

Sa proie lui sourit.

PL

 

 

Le lacet défait

flâne près du soulier -

Le nez au vent.

PL

 

 

Elle a renversé son sac

à la recherche de ses clés -

Sourire amusé.

PL

 

 

Elle s'est jetée dans l'étang -

La lune abîmée

de désespoir.

PL

 

 

Où va la nuit dans le noir

quand je me retiens

de bouger et de vouloir?

PL

 

 

Le temps de la cigale

stridule sans fin,

puis tombe la nuit.

PL

 

 

Les bras écartés

il surgit de la neige

l'épouvantail brun.

PL

Le coin des livres


Réalité

Ch. André Psycho de la peur

Bruno


Precht


Billeter

Rencontres

Ch André


Savoir attendre

Gilligan

EKR

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Dejours light
Cyrulnik light
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MFH

Daewoo

 


La citation de la semaine

La routine, cette préface des révolutions !  Emile de Girardin - Les Cinquante-deux


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