Partager l'article ! Les RPS au coeur des préoccupations des dirigeants, moins de leurs actes: Il y a un an, le Ministère du Travail publiait la liste des bon ...
Il y a un an, le Ministère du Travail publiait la liste des bons et mauvais élèves, parmi
les entreprises de plus de 1 000 salariés ayant déclaré avoir signé un accord ou engagé un plan d’action concerté pour prévenir et gérer les risques psychosociaux. L’exposition médiatique des vagues de suicide dans les grandes entreprises et du plan d’urgence sur les RPS (risques psychosociaux) lancé par Xavier DARCOS peu de temps après, ont indéniablement conduit à une prise de conscience des dirigeants. Les entreprises, quelle que soit leur taille, ont aujourd’hui tout intérêt à considérer ces risques et à faire ce qu’il faut pour les prévenir.
L’enquête IFOP sur le bien-être psychologique au travail a interrogé par téléphone, en janvier dernier, 501 DRH et
dirigeants d’entreprises françaises en janvier dernier. Ses résultats ont été publiés le 1er avril. Premiers
enseignements : le bien-être psychologique au travail représente un enjeu important pour la quasi-totalité des
dirigeants d’entreprises interrogés (95%) et 6 dirigeants sur 10 estiment que leur entreprise est concernée par les
risques psychosociaux. Ce point, notons-le, marque une prise de conscience récente des enjeux portés par cette
thématique.
Une prise de conscience générale certes,
encouragée par l’image que peut renvoyer l’entreprise sur le sujet. Ainsi, la « promotion » du bien-être des
salariés représente un thème de préoccupation majeur pour 84% des dirigeants. Une promotion qui participe
notamment à l’amélioration des relations en interne, évoquée à 75% et à la réduction du taux d’absentéisme pour 56%
des personnes interrogées. Est citée en 3è position seulement, l’augmentation de la compétitivité et de la
productivité de l’entreprise.
Parmi les risques psychosociaux, les dirigeants citent en premier lieu le stress, avec un résultat plus marqué pour les entreprises de plus de 1 000 salariés, puis le mal-être ou l’état dépressif, tout en évoquant en parallèle les solutions de prévention.
En termes de prévention, une meilleure communication en interne arrive en tête des solutions, suivie par la gestion des conditions de travail. Et si 6 dirigeants sur 10 estiment que leur entreprise est
concernée par les risques psychosociaux (59%), le constat est plus marqué pour les plus de 1 000 salariés et
les entreprises du service.
Enfin, 2/3 des dirigeants et DRH interrogés ont déjà pris ou envisagent de prendre des mesures préventives pour pallier aux risques psychosociaux. Les grandes entreprises sont d’ailleurs davantage concernées par le sujet et un
grand nombre d’entre elles a mis en place des mesures pour prévenir ces risques ou prévoit de le faire. À l’inverse,
les plus petites, les moins de 100, n’envisagent pas d’actions préventives au cours des 12 prochains mois.
Les entreprises concernées par le bien-être psychologique des salariés mais n’ayant pas pris de mesures préventives (11% des cas) expliquent leur position par le fait qu’il ne s’agisse pas d’une priorité aujourd’hui (65%), mais également par le manque de ressources internes pour mener à bien un tel projet (55%) ou encore par le manque d’outils d’analyse pour réaliser un diagnostic de la situation.
En somme, les choses avancent dans les esprits, mais dans ce concret la réalité est sans doute un peu moins encourageante.
En effet, d'après un autre sondage publié récemment par l'Anact (Agence Nationale pour l'amélioration des conditions de travail, 51% des entreprises n'ont pas de plan d'action portant sur le
stress et 29%, si elles n'ont pas à proprement parler de plan de l'espèce, ont intégré la problématique dans leur politique de santé.Parmi les entreprises ayant un plan d'action spécifique, 63%
ont mis en place un processus pour détecter les signes précurseurs de stress, l'analyse des risques portant principalement sur l'organisation du travail et les facteurs sociaux. 55% des groupes
interrogés disent également analyser régulièrement les facteurs de risque et 49% indiquent avoir défini des indicateurs d'évaluation. Des scores qui indiquent, selon l'Anact que l'entreprise en
est encore "au stade de la sensibilisation sur les risques psychosociaux".
Conserver près de soi le Manuel d’Épictète
Épictète est né en 50 à Hiérapolis , en Phrygie. Esclave, il gagne Rome avec son maître Épaphrodite et suit les cours du stoïcien Musonius Rufus. Affranchi, il est banni par l’empereur Domitien et s’installe à Nicopolis, en Épire où il ouvre une école et c’est son élève Arrien qui compile son enseignement dans « le Manuel ». Ce livre porte ce titre parce qu’il faut toujours l’avoir « sous la main » et nombre de ceux qui s’y sont référés, de Marc Aurèle à Frédéric II de Prusse, le transportait avec eux dans les fontes de leurs montures.
La principale leçon du grand philosophe stoïcien se fonde sur la nécessaire distinction entre ce qui dépend de nous et ce qui n’en dépend pas. Seul ce qui dépend de nous peut être considéré comme un bien ou un mal, à savoir nos décisions, nos jugements, nos désirs. Ce qui ne relève pas de nous doit nous laisser froids et distants. Cependant, nous recevons des influences ou des faits extérieurs auxquels nous ajoutons généralement un jugement de valeur. Ainsi, ajoutons-nous à la vision d’un mort le fait qu’elle soit redoutable alors qu’une vision plus exacte du cycle de la vie et de la mort nous permettrait de mieux réguler nos craintes et nos émotions. Et de mieux diriger notre vie.
Voilà une leçon que nous gagnerions à faire notre dans une période où les agressions du monde son nombreuses et font des ravages. D’ autant qu’Épictète en parle dans un langage simple, quotidien et qui en rien n’a vieilli : le lecteur tombe malade, embrasse sa femme et ses enfants, prend un bain, voyage en bateau, fait l’amour…
Depuis vingt siècles et pour longtemps encore il est bon de glisser ce petit manuel dans ses fontes.
Un précieux manuel facile à se procurer.
Arrien, Pierre Hadot, LGDF, Essai, poche,
2000
Patrick Lamarque est conseil de dirigeants en matière de stratégie, de gestion des crises et de management du changement. Il est également coach pour dirigeant privés et publics. Il opère en France et à l’étranger.
Ancien élève à l'Ecole Nationale d’Administration, Patrick Lamarque, dans les années 80, a créé la mission communication interne et maîtrise du climat social à la Ville de Paris, coordonné la communication gouvernementale auprès du Premier ministre et conseillé pour sa communication le ministre de la Défense. Dans les années 90, il dirige la communication de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Bordeaux, puis celle de la Ville et de la Communauté Urbaine de Lyon. Il est ensuite appelé comme Conseiller auprès du Secrétaire d'État à la Défense, puis auprès de la Secrétaire d’Etat aux Personnes handicapées avant d’être chargé de la concertation et de l’accompagnement social à la Délégation Générale pour l’Armement.
Introducteur des études qualitatives dans l’analyse politique il a développé ces méthodes pour structurer une démarche globale de maîtrise du climat interne de l’entreprise. Il a développé une approche novatrice d’entretiens de confrontation pour la résolution de conflits.
À partir de son expérience dans la gestion de la communication de la Défense durant la première guerre du Golfe, il a créé une méthodologie de maîtrise des crises qui a fait ses preuves dans de multiples situations difficiles, lors de crises de changement, de situations d’urgence psychosociale ou de plans de sauvegarde de l’emploi.
Il enseigne à l’ENA, au CELSA, à l’EFAP, dans plusieurs universités françaises ainsi qu’à l’École Supérieur du Commerce et des Affaires de Casablanca et à l’Université de Buenos-Aires. Chroniqueur radio, il est auteur d’une vingtaine d’ouvrages.
Quelques beaux poêmes
Dans une vieille mare,
une grenouille saute,
le bruit de l'eau.
Bashö (1644-1694)
Porté par l'obscurité.
Je croise une grande ombre
dans une paire d'yeux.
Tomas Transtromer (Prix Nobel 2011), traduit par Jacques Outin
Sur la plage
je regarde en arrière
pas la moindre trace de pas.
Hosai (1885-1926)
J'étais là moi aussi -
et sur un mur blanchi à la chaux
se rassemblent les mouches.
Tomas Transtromer (Prix Nobel 2011), traduit par Jacques Outin
Il n'y a rien
dans mes poches -
rien que mes mains.
Kenshin (1961-1987)
Un papillon blanc sort
D'entre les rayures d'un zèbre.
Sei Imai
Plus que de l'aveugle
Du muet fait le malheur
La vue de la lune.
Kyoraï
Au coucou
Elle ne répond rien
La girouette en fer.
Seiho Awano
Le printemps passe.
Les oiseaux crient
Les yeux des poissons portent des larmes.
Bashö (1644-1694)
Plutôt que les fleurs de cerisier
Les petits pâtés !
Retour des oies sauvages.
Matsunaga Teitoku (1571-1654)
Quelques essais personnels
Le bolet doré
au couteau de l'automne
craque mollement.
P.L.
La nuit est posée
l’hiver gagne la ville –
Frisson de moineau.
P.L.
Un mille-pattes trébuche
-bruit de catastrophe-
entre quelques brins d'herbe.
P.L.
Cul grisâtre
d'une bouteille lancée
dans la mer étroite -
bonjour Trieste.
P.L.
Goutte à goutte
- loupes hallucinées -
le toit s'égoutte.
P.L.
Au profond de la nuit
rentrent les meurtriers
le devoir accompli.
P.L.
Tendu comme un arc,
l'hiver scarifie
d'une autre ride le visage.
P.L.
Dans la nuit luisante
résonnent des pas
- un chien lève la patte -
P.L.
Inconsciente,
la rue se rue
vers sa fin.
P.L.
Au bal de la nuit
aux phalènes,
le pied glisse
sur les cadavres joyeux.
P.L.
La brume
nappe le relief
du jardin myope.
PL
Le rictus du caïman
remonte à l'oeil qui pétille.
Sa proie lui sourit.
PL
Le lacet défait
flâne près du soulier -
Le nez au vent.
PL









La logique est une manière méthodique de se tromper en toute confiance. Robert Heinlein
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