Mardi 9 mars 2010 2 09 /03 /Mars /2010 18:57
Nous devons avoir le courage de refonder notre vision du management en mesurant combien nous avons tous trop poussé à l'individuation du travail. Et pas seulement pour de mauvaises raisons de rentabilité. Car, nous avons sincèrement suivi Herzberg sur sa vision de l'engagement de l'individu à travers sa motivation, et Maslow dans sa pyramide des besoins humains dont le niveau le plus élevé correspondait à "l'accomplissement de soi" dans le travail. Il n'y a d'ailleurs pas à rejeter l'ensemble de ces apports.

Mais, l'évolution du travail contemporain nous montre, dans ses crises individuelles (burn out, stress...) comme dans ses crises collectives (conflits interpersonnels, harcèlement...) que les humains ressentent un autre besoin, sans doute négligé depuis trop d'années : celui d'être soutenus par les leurs. Et ce soutien est d'autant plus fort qu'il est le produit d'un collectif. Parce que le groupe sera toujours plus puissant que l'individu isolé.

Nous le savions, certes. Certains ont continué à le mettre en pratique (les militaires, par exemple), mais dans l'univers de la production industrielle et, plus encore, tertiaire, cette idée simple a déserté la doxa ambiante.

Il faut donc, très vite, que nous retrouvions la richesse du collectif dans nos fonctionnement. Pas seulement cet "allez les petits" inspiré du rugby, mais un réel partage des enjeux, une plus grande pratique de la décision commune. Et aussi  lier au groupe des évaluations et des éléments de rémunération retraçant la performance de l'équipe. À procéder ainsi, je suis certain que nous limiterons grandement la plaie des risques psychosociaux que nous cherchons convulsivement à cautériser.
Par Patrick Lamarque - Publié dans : Le fil d'Ariane
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Le fil d'Ariane

 

  Tapies : la grande figure renversée

 

TAPIES Ocre, marron et blanc aux quatre 1972Lundi 6 février disparaissait, à l'âge de 88 ans, Antoni Tapies. Ce n'est pas simplement une part de l'âme catalane qui s'efface avec lui, mais une des plus grandes figures de la peinture européenne de la seconde moitié du XXème siècle. Celui qui, dans le monde de la peinture informelle, plus qu'abstraite, faisait le pendant à l'anglais Francis Bacon (mort d'ailleurs à Madrid en 1992) dans un ordre plus figuratif.

Tapies a toujours été viscéralement attaché à sa ville, celle de son aîné Miro, qu'il admirait et dont il a retenu la leçon, alors qu'il accompagnait le dadaïsme. Mais, sa grande période fut celle des années 60 à 2000, au cours desquelles il développa un langage singulier avec un vocabulaire récurrent ses traces de mains ou d'objets bruts arrachés à la ville.

Surtout, Tapies fut un humaniste, à travers son engagement contre le franquisme qui le jeta en prison en 1966, son goût aussi de l'écrit (il était fils d'éditeur, ami des poêtes, grand lecteur) et ses matières terreuses aux couleurs sourdes. Sa peinture traduisait la société en marche, fière et douloureuse, riche de son humilité aussi, quand celle de Bacon fouaillait l'introspection.

Je dois le dire simplement, Tapies va me manquer, moi qui ai été, depuis longtemps, accompagné par ses oeuvres. Cette semaine, les drapeaux de l'art et de la délectation sont en berne. Heureusement qu'en catalan "adieu" se dit "comiat", mot dans lequel je veux lire un appel à se rapprocher.

 

 

Digest

 

Patrick Lamarque est conseil de dirigeants en matière de stratégie, de gestion des crises et de management du changement. Il est également coach pour dirigeant privés et publics. Il opère en France et à l’étranger.


Ancien élève à l'Ecole Nationale d’Administration, Patrick Lamarque, dans les années 80, a créé la mission communication interne et maîtrise du climat social à la Ville de Paris, coordonné la communication gouvernementale auprès du Premier ministre et conseillé pour sa communication le ministre de la Défense. Dans les années 90, il dirige la communication de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Bordeaux, puis celle de la Ville et de la Communauté Urbaine de Lyon. Il est ensuite appelé comme Conseiller auprès du Secrétaire d'État à la Défense, puis auprès de la Secrétaire d’Etat aux Personnes handicapées avant d’être chargé de la concertation et de l’accompagnement social à la Délégation Générale pour l’Armement.


Introducteur des études qualitatives dans l’analyse politique il a développé ces méthodes pour structurer une démarche globale de maîtrise du climat interne de l’entreprise. Il a développé une approche novatrice d’entretiens de confrontation pour la résolution de conflits.


À partir de son expérience dans la gestion de la communication de la Défense durant la première guerre du Golfe, il a créé une méthodologie de maîtrise des crises qui a fait ses preuves dans de multiples situations difficiles, lors de crises de changement, de situations d’urgence psychosociale ou de plans de sauvegarde de l’emploi.


Il enseigne à l’ENA, au CELSA, à l’EFAP, dans plusieurs universités françaises ainsi qu’à l’École Supérieur du Commerce et des Affaires de Casablanca et à l’Université de Buenos-Aires. Chroniqueur radio, il est auteur d’une vingtaine d’ouvrages.

 

 

 

Le jardin haïku

 

Quelques beaux poêmes

 

Dans une vieille mare,

une grenouille saute,

le bruit de l'eau.

Bashö (1644-1694)

 

 

Porté par l'obscurité.

Je croise une grande ombre

dans une paire d'yeux.

Tomas Transtromer (Prix Nobel 2011), traduit par Jacques Outin


 

Sur la plage

je regarde en arrière

pas la moindre trace de pas.

Hosai  (1885-1926)

 

 

J'étais là moi aussi -

et sur un mur blanchi à la chaux

se rassemblent les mouches.

Tomas Transtromer (Prix Nobel 2011), traduit par Jacques Outin

 

 

Il n'y a rien

dans mes poches -

rien que mes mains.

Kenshin (1961-1987)

 

 

Un papillon blanc sort
D'entre les rayures d'un zèbre.

Sei Imai

 

 

Plus que de l'aveugle
Du muet fait le malheur

La vue de la lune.

Kyoraï

 

 

Au coucou

Elle ne répond rien

La girouette en fer.

Seiho Awano


 

Quelques essais personnels

 

Le bolet doré

au couteau de l'automne

craque mollement.

P.L.

 

 

La nuit est posée

l’hiver gagne la ville –

Frisson de moineau. 

P.L.


 

Un mille-pattes trébuche

-bruit de catastrophe-

entre quelques brins d'herbe.

P.L.


 

Cul grisâtre 

d'une bouteille lancée

dans la mer étroite -

bonjour Trieste.

P.L.

 

 

Goutte à goutte

- loupes hallucinées -

le toit s'égoutte.

P.L.

 

 

Au profond de la nuit

rentrent les meurtriers

le devoir accompli.

P.L.

 

 

Tendu comme un arc,

l'hiver scarifie

d'une autre ride le visage.

P.L.

 

 

Dans la nuit luisante

résonnent des pas

- un chien lève la patte -

P.L.

La citation de la semaine

 

Nulle action n'est assurée d'oeuvrer dans le sens de son intention. Edgar Morin 

 

Patrick Lamarque

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