Mercredi 1 décembre 2010 3 01 /12 /Déc /2010 23:46

DownloadedFile-2Les risques psychosociaux au travail (stress, dépression, violences...) varient suivant la qualification, le secteur d'activité mais aussi le sexe du salarié, selon une étude publiée ce mercredi 1er décembre par le ministère du Travail. Cette étude conduite par la DARES (ministère du Travail)et la DRESS analyse des résultats intermédiaires qui devraient être complétés dans le courant de l'année prochaine. Elle fait suite au rapport "Nasse-Légeron" de 2008.


Cette étude sur les indicateurs de RPS montre que les professions qualifiées sont plus confrontées à de fortes exigences au travail, les professions peu qualifiées étant plus touchées par le manque d'autonomie, de soutien ou de sécurité économique.Elle démontre également que les femmes sont plus exposées que les hommes au manque de marge de manoeuvre, de soutien social et de reconnaissance au travail.


Un rapport d'experts remis au gouvernement en octobre 2009 avait identifié une batterie provisoire de 40 indicateurs destinés à mieux cerner les risques psychosociaux. Ces indicateurs, regroupés en six familles (exigences du travail, exigences émotionnelles, autonomie et marges de manoeuvre, rapports sociaux et relations de travail, conflits de valeur), font l'objet de cette étude de la Dares , qui dresse un tableau d'ensemble des risques psychosociaux à partir d'enquêtes statistiques existantes.


L'étude souligne que les exigences au travail (quantité de travail, pression temporelle, complexité du travail, difficultés de conciliation vie professionnelle et vie familiale) sont plus importantes pour les salariés qualifiés, même si les ouvriers sont plus contraints dans leur rythme de travail. En 2007 par exemple, 23% des actifs occupés affirmaient qu'on leur demandait "toujours" ou "souvent" une quantité de travail excessive, les cadres et les professions intermédiaires se disant plus touchés que les ouvriers et employés.


A l'inverse, le manque de marge de manoeuvre et d'autonomie concerne en particulier les emplois d'exécution. En 2007, 20% des actifs occupés estimaient avoir "souvent" ou "toujours" très peu de liberté pour décider comment faire leur travail", et 38% disaient ne pas pouvoir interrompre momentanément leur travail quand ils le souhaitent. Ces chiffres montent à 29% et 46% pour les ouvriers.


De même, le manque de soutien et de reconnaissance au travail est le plus souvent ressenti par les femmes et les professions les moins qualifiées, note l'étude. Les conflits de valeurs (entre les exigences du travail et les valeurs personnelles ou professionnelles) touchent quant à eux plus souvent les hommes, et plus souvent les personnels de l'administration. Les ouvriers et indépendants y sont plutôt moins exposés.

 

Les salariés de l'industrie et plus précisément les ouvriers sont plus particulièrement exposés au sentiment d'insécurité de l'emploi et du travail, qui touche en revanche moins le secteur de l'administration, de la santé et du social.


Enfin, les exigence émotionnelles (tensions avec le public, obligation de maîtriser ses émotions, etc.) concernent plus souvent les femmes, parce qu'elles sont "plus présentes chez les employés et les professions intermédiaires ainsi que dans des secteurs où l'activité se déroule en général au contact du public, comme l'éducation, la santé ou l'action sociale", explique l'étude. Mais "à âge, secteur d'activité et catégories socioprofessionnelles identiques, ce sont en revanche les hommes qui sont les plus exposés aux tensions et agressions".

 

Cliquez ici : Le rapport publié par le ministère du Travail

Par Patrick Lamarque - Publié dans : Responsabilité sociale
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Le fil d'Ariane

 

Conserver près de soi le Manuel d’Épictète

 

Épictète est né en 50 à Hiérapolis , en Phrygie. Esclave, il gagne Rome avec son maître Épaphrodite et suit les cours du stoïcien Musonius Rufus. Affranchi, il est banni par l’empereur Domitien et s’installe à Nicopolis, en Épire où il ouvre une école et c’est son élève Arrien qui compile son enseignement dans « le Manuel ».  Ce livre porte ce titre parce qu’il faut toujours l’avoir « sous la main » et nombre de ceux qui s’y sont référés, de Marc Aurèle à Frédéric II de Prusse, le transportait avec eux dans les fontes de leurs montures.

 

La principale leçon du grand philosophe stoïcien se fonde sur la nécessaire distinction entre ce qui dépend de nous et ce qui n’en dépend pas. Seul ce qui dépend de nous peut être considéré comme un bien ou un mal, à savoir nos décisions, nos jugements, nos désirs. Ce qui ne relève pas de nous doit nous laisser froids et distants. Cependant, nous recevons des influences ou des faits extérieurs auxquels nous ajoutons généralement un jugement de valeur. Ainsi, ajoutons-nous à la vision d’un mort le fait qu’elle soit redoutable alors qu’une vision plus exacte du cycle de la vie et de la mort nous permettrait de mieux réguler nos craintes et nos émotions. Et de mieux diriger notre vie.

 

Voilà une leçon que nous gagnerions à faire notre dans une période où les agressions du monde son nombreuses et font des ravages. D’ autant qu’Épictète en parle dans un langage simple, quotidien et qui en rien n’a vieilli : le lecteur tombe malade, embrasse sa femme et ses enfants, prend un bain, voyage en bateau, fait l’amour…

 

Depuis vingt siècles et pour longtemps encore il est bon de glisser ce petit manuel dans ses fontes.

 

ÉPICTÈTEUn précieux manuel facile à se procurer.

Arrien, Pierre Hadot, LGDF, Essai, poche, 2000

 

 

 


 

 

Digest

 

Patrick Lamarque est conseil de dirigeants en matière de stratégie, de gestion des crises et de management du changement. Il est également coach pour dirigeant privés et publics. Il opère en France et à l’étranger.


Ancien élève à l'Ecole Nationale d’Administration, Patrick Lamarque, dans les années 80, a créé la mission communication interne et maîtrise du climat social à la Ville de Paris, coordonné la communication gouvernementale auprès du Premier ministre et conseillé pour sa communication le ministre de la Défense. Dans les années 90, il dirige la communication de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Bordeaux, puis celle de la Ville et de la Communauté Urbaine de Lyon. Il est ensuite appelé comme Conseiller auprès du Secrétaire d'État à la Défense, puis auprès de la Secrétaire d’Etat aux Personnes handicapées avant d’être chargé de la concertation et de l’accompagnement social à la Délégation Générale pour l’Armement.


Introducteur des études qualitatives dans l’analyse politique il a développé ces méthodes pour structurer une démarche globale de maîtrise du climat interne de l’entreprise. Il a développé une approche novatrice d’entretiens de confrontation pour la résolution de conflits.


À partir de son expérience dans la gestion de la communication de la Défense durant la première guerre du Golfe, il a créé une méthodologie de maîtrise des crises qui a fait ses preuves dans de multiples situations difficiles, lors de crises de changement, de situations d’urgence psychosociale ou de plans de sauvegarde de l’emploi.


Il enseigne à l’ENA, au CELSA, à l’EFAP, dans plusieurs universités françaises ainsi qu’à l’École Supérieur du Commerce et des Affaires de Casablanca et à l’Université de Buenos-Aires. Chroniqueur radio, il est auteur d’une vingtaine d’ouvrages.

 

 

 

Le jardin haïku

 

Quelques beaux poêmes

 

Dans une vieille mare,

une grenouille saute,

le bruit de l'eau.

Bashö (1644-1694)

 

 

Porté par l'obscurité.

Je croise une grande ombre

dans une paire d'yeux.

Tomas Transtromer (Prix Nobel 2011), traduit par Jacques Outin


 

Sur la plage

je regarde en arrière

pas la moindre trace de pas.

Hosai  (1885-1926)

 

 

J'étais là moi aussi -

et sur un mur blanchi à la chaux

se rassemblent les mouches.

Tomas Transtromer (Prix Nobel 2011), traduit par Jacques Outin

 

 

Il n'y a rien

dans mes poches -

rien que mes mains.

Kenshin (1961-1987)

 

 

Un papillon blanc sort
D'entre les rayures d'un zèbre.

Sei Imai

 

 

Plus que de l'aveugle
Du muet fait le malheur

La vue de la lune.

Kyoraï

 

 

Au coucou

Elle ne répond rien

La girouette en fer.

Seiho Awano

 

 

Le printemps passe.

Les oiseaux crient

Les yeux des poissons portent des larmes.

Bashö (1644-1694)

 

 

Plutôt  que les fleurs de cerisier

Les petits pâtés !

Retour des oies sauvages.

Matsunaga Teitoku (1571-1654)


 

Quelques essais personnels

 

Le bolet doré

au couteau de l'automne

craque mollement.

P.L.

 

 

La nuit est posée

l’hiver gagne la ville –

Frisson de moineau. 

P.L.


 

Un mille-pattes trébuche

-bruit de catastrophe-

entre quelques brins d'herbe.

P.L.


 

Cul grisâtre 

d'une bouteille lancée

dans la mer étroite -

bonjour Trieste.

P.L.

 

 

Goutte à goutte

- loupes hallucinées -

le toit s'égoutte.

P.L.

 

 

Au profond de la nuit

rentrent les meurtriers

le devoir accompli.

P.L.

 

 

Tendu comme un arc,

l'hiver scarifie

d'une autre ride le visage.

P.L.

 

 

Dans la nuit luisante

résonnent des pas

- un chien lève la patte -

P.L.

 

 

Inconsciente,

la rue se rue

vers sa fin.

P.L.

 

 

Au bal de la nuit

aux phalènes,

le pied glisse

sur les cadavres joyeux.

P.L.

 

 

La brume

nappe le relief

du jardin myope.

PL

 

 

Le rictus du caïman

remonte à l'oeil qui pétille.

Sa proie lui sourit.

PL

 

 

Le lacet défait

flâne près du soulier -

Le nez au vent.

PL

La citation de la semaine

  La logique est une manière méthodique de se tromper en toute confiance. Robert Heinlein 


Patrick Lamarque

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