Leadership

Dimanche 13 février 2011 7 13 /02 /Fév /2011 23:17

le discours d'un roi Remarquable film pour qui s’intéresse au coaching que « le discours d’un roi », de Tom Hooper, sorti en salle depuis le début du mois de février, d’après l’histoire vraie du père de l’actuelle reine Elisabeth II qui, contraint par la démission de son frère aîné, deviendra roi d’Angleterre juste avant la seconde guerre mondiale.

 

Incapable de s’exprimer en public du fait d’un bégaiement irrépressible, le futur Georges VI doit vaincre cette difficulté pour assumer son rôle de prince, puis de roi, à une époque où la radio surgit dans l’espace public. Après avoir essayé tous les orthophonistes de Londres, il se retrouve dans le cabinet d’un thérapeute peu orthodoxe du langage, Lionel Logue.

 

Dès le début, celui-ci impose ses règles : « les rendez-vous se passent dans mon cabinet », « appelez-moi Lionel, je vous appellerai Bertie ». Alors, celui qui est encore le duc d’York se rebelle, refuse les contrats, mais son « coach langagier » tient bon et s’appuie sur les premiers succès, pour démontre que surmonter ce handicap est possible.

 

Le client est motivé, combatif, travailleur. Son épouse le soutien et son thérapeute sait lui faire confiance. Le travail avançant, Logue prend le risque de dire tout haut ce que le prince, loyal à son frère, ne veut pas entendre, à savoir que celui-ci choisira le mariage avec Mrs Simpson et que le duc d'York devra accéder au trône. Ses croyances se trouvent alors bousculée. Il rompt avec son coach jusqu’au moment où, ibligé de se plier à la cérémonie d’intronisation à Westminster, il renouera avec lui.

 

Partant de la préparation de cette cérémonie officielle, un travail en profondeur se développe, sur les causes du bégaiement du monarque : terreur de son père, agoraphobie, peur de n’être pas à la hauteur. Jusqu’à cet instant ultime où, la guerre à l’Allemagne étant déclarée, il doit prononcer un discours radiophonique à la nation. On assiste à la préparation, avant de les retrouver tous les deux dans la cabine d’enregistrement. Se déploie  dans cet espace intime une relation de chef d’orchestre à soliste, pour un résultat qui lmpose le nouveau monarque comme ciment de la nation et rempart face à l’expansion nazie.

 

Il est alors porteur de sa vision, confiant dans sa propre identité et… libéré de ses phobies… Une leçon de coaching, vous dis-je, avec ses hésitations, ses accidents, ses voies frayées grâce à la confiance respective des deux personnes engagées dans la conversation ! Avec son ouverture à l'autre, aussi, et l'acceptation que c'est le client qui fait son chemin, dans son monde propre étranger à celui du coach. Une leçon d'altérité, en somme.

Par Patrick Lamarque - Publié dans : Leadership
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 15 novembre 2010 1 15 /11 /Nov /2010 10:53

2386417059-en-images-les-occupants-d-une-voiture-voient-un-Comment peut-on être femme ou homme politique ? De quel bois sont-ils faits pour encaisser tout ce stress, ces affrontements violents, ces heures de travail tardives tout en se surveillant constamment puisque, désormais, la moindre petite phrase de travers se paie cash ? Quoi qu’on en dise, ce sont des « athlètes de haut niveau » dont l’énergie et la résistance forcent l’admiration.

 

Certes, ils sont protégés par des entourages. Mais, plus ils grimpent vers les sommets plus il leur faut faire le tri entre amis du « premier cercle » et rats de cour.

 

Il n’empêche, il faut tenir le rythme et ne pas craquer. La légende leur attribue des moyens de décompression dans l’alcool, les déjeuners pantagruéliques et une libido surpuissante. En réalité, la majorité des politiques a une vie stricte, picore aux buffets, choisit le Perrier à la place du champagne et entretient sa condition physique.

 

Non, ce qui « tient » les politiques et leur permet de résister c’est d’abord la reconnaissance. Surtout que, contrairement à l’image qu’induit pour eux la nécessité de conserver leur sang-froid, ils partagent une grande intelligence émotionnelle qui se manifeste par leur goût des contacts. Ils se nourrissent des autres et, à ce titre, l’admiration qui généralement les entoure leur est le soutien le plus précieux. Aussi fort que celui de parents qui savent encourager leurs enfants. Ce soutien public conforte chez eux l’estime de soi. Parfois à l’excès, mais toute médaille a son revers.

 

Bien, direz-vous, mais comment font-ils lorsque l’adversité se renforce et que leur côte baisse ? C’est alors, en effet, qu’ils ont le plus besoin de leurs proches, de leurs entourages et de leurs militants. Et tant qu’ils demeurent tenus par un objectif qui permet de focaliser leur énergie et leurs espoirs, leur mental résiste.

 

En revanche, que vienne un temps de vacuité, conjugué avec la désertion des « amis » et les idées noires surgissent. Avec parfois des actes délétères. Comme des athlètes, ils sont capables de performances hors du commun et, à la fois vulnérables. Chez eux ce ne sont ni le ménisque, ni les adducteurs qui cèdent mais parfois le dos et souvent l’âme.

Par Patrick Lamarque - Publié dans : Leadership
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 6 novembre 2010 6 06 /11 /Nov /2010 19:23

 


À quoi sert le coach? Au-delà de toutes les considérations, il sert surtout à accompagner ses semblables, dans un monde débridé, où l'avenir est aussi flou que le présent et où la solitude est la plus partagée des situations.

 

Comment arrêter une décision importante en exposant ses interrogations à un miroir doté d'humanité ? Un miroir chaud, compréhensif toujours, et souvent doté de ces fulgurances dont la seule intelligence consiste à regarder les choses autrement.

 

En tout cas, tel est l'intérêt que je trouve au presque rien de ces rencontres si riches, autour des questions du quotidien de la vie professionnelle. Et vous, qu'en pensez-vous ?

Par Patrick Lamarque - Publié dans : Leadership
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 19 avril 2010 1 19 /04 /Avr /2010 21:15

Le volcan du glacier EyjafjallajokullComme des milliers de gens, je devais partir pour un voyage au long cours au moment où les avions se sont trouvés cloués au sol du fait de l'éruption de ce volcan islandais au nom imprononçable. Que faire contre la fatalité? Surtout lorsqu'elle ne nous coûte que quelques jours de loisirs et la déception des photos manquées. Et puis, qu'aurions-nous été penser si un avion s'était écrasé pour avoir mal digéré la silice répandue dans le ciel?

Il a donc fallu se réorganiser et passer plus de quatre heures à écouter l'horrible musique du call center, en plaignant les téléconseillers contraints de décevoir des paquets d'interlocuteurs sans pouvoir apporter la moindre réponse à leurs litanies de motifs impératifs de partir immédiatement.

Sauf que maintenant on s'interroge pour savoir s'il n'y a pas eu, ici encore, abus du principe de précaution. La mécanique serait assez voisine de celle qui a causé la grande peur de la grippe H1N1. Voilà donc des spécialistes qui, prenant en compte les mouvements des vents et la teneur en silice expulsée par la gueule du volcan, ont pris le maximum de garanties pour ne pas se voir reprocher, un jour peut-être, une coupable négligence.

Ainsi se met en branle le principe d'hyper-précaution à partir d'une timidité de bureau, toute banale. Partant de ce premier élément, chacun se met à se protéger, faisant claquer les parapluies plus fort encore que la fureur du volcan (du moins entendu depuis Paris!).

glaciation de la gouvernance

Je ne peux prétendre qu'il y ait eu risque ou pas risque au-dessus de nos têtes, en Europe de l'Ouest. Je prétends pas qu'il fallait laisser aller les avions en considérant que nos frontières avaient déjà démontré leur étanchéité lors de l'affaire du nuage de Tchernobyl. Mais, pourquoi diable a-t-on laissé un modèle mathématique décider de ce qu'il fallait faire? Ne pouvait-on pas lancer une cartographie réelle et non théorique du nuage en recourant aux moyens d'observation dont nous disposons pour assurer des prélèvements : essais d'avions comme l'ont fait certaines compagnies (dont la neutralité scientifique n'est pas prouvée), prélèvements par ballons sondes...

Bref, ne pouvait-on pas réagir à la crise, au niveau européen, sans hystérie précautionneuse ni pensée magique sur la fiabilité de notre aéronautique?

Il y a là un réel problème de gouvernance. Nos dirigeants se plaignent de ne plus disposer d'espace pour exercer leurs responsabilités, en matière de crise économique notamment, mais ils se refusent à les prendre lorsqu'ils peuvent le faire. Exemple de l'extension de cette glaciation de la gouvernance : à part Medvedev, ni Merkel, ni Sarkozy, ni Van Rompuy, ni Barroso n'ont eu l'idée d'affréter un train ou des hélicoptères pour se rendre à Cracovie dimanche afin d'accompagner les Polonais dans le deuil de leur Président. Qu'ils n'aillent pas demain leur reprocher leur euro-scepticisme.

En tout cas, ce n'est pas ainsi qu'on peut faire fonctionner une société complexe, sinon sa vulnérabilité au moindre grain de silice finira par avoir raison d'elle.

Par Patrick Lamarque - Publié dans : Leadership
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 11 janvier 2010 1 11 /01 /Jan /2010 06:30
Elus La livraison de janvier d'"Acteurs publics" nous apporte les résultats d'une intéressante enquête réalisée par l'IFOP à la demande du magazine (enquête auto-administrée en ligne, auprès de 539 fonctionnaires de catégorie A, rélaisée du 10 au 16 décembre 2009). Globalement, les hauts fonctionnaires ne critiquent pas tant l'action des élus et politiques  que leur capacité à conduire le changement et les réformes dans leur administration.

Globalement, ils ne sont que 35% à les considérer lcomme de bons gestionnaires du changement. De façon plus intéressante, on constate que le jugement varie selon la fonction publique dont il s'agit. À ce concours, ce sont les élus locaux qui sortent gagnants, avec 57% de jugements favorables, contre 34% dans la fonction publique d'État et 25% dans la fonction publique hospitalière.

Les critiques s'organisent autour de deux types de reproches. D'abord, une majorité de répondants relève un déficit d'implication des politiques qui agissent principalement par effets d'annonce (55%). Ensuite, seule une minorité de cadres publics estime que les responsables politiques s'impliquent réellement dans les réorganisations internes de l'administration (35%). Et 30% seulement considèrent qu'ils s'impliquent dans les conséquences humaines des réorganisations !

Par Patrick Lamarque - Publié dans : Leadership
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 16 décembre 2009 3 16 /12 /Déc /2009 22:16
refusLorsqu'un événement aussi traumatisant qu'une restructuration survient et que la stupeur du choc est passée, la personne entre dans une phase de déni. Sa durée est variable, car nous sommes tous inégaux en matière d'émotions, mais elle peut être longue de plusieurs mois.

La stratégie de changement qui est alors conduite doit en tenir compte. Et d'abord admettre cette fuite de la réalité, à base de raisonnements irréalistes, qui répond plus à la peur qu'à une démarche de résolution de la difficulté. Mais quelle attitude adopter ?
courbechangement


D'abord, éviter d'engager la moindre négociation car, l'individu ou le groupe n'est pas en état d'engager un échange clair et tout ce qui aura été concédé durant cette phase ne servira pas à assurer la transaction nécessaire à la sortie de crise : voir ci-dessus la courbe du changement.


Toutefois, le dialogue ne doit pas être rompu et doit se conduire selon quelques principes clairs :

- reconnaître la souffrance provoquée par la situation

- recontextualiser périodiquement la situation en rappelant ses motivations, à partir de faits inattaquables

- contre-argumenter avec empathie et sans agressivité

- ne pas hésiter à répéter et répéter encore

- exercer une pression progressivement plus forte en prenant appui sur le temps qui passe

- présenter une "vision de sortie de crise" motivante et justifiant les sacrifices.
Par Patrick Lamarque - Publié dans : Leadership
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Le fil d'Ariane

 

  Tapies : la grande figure renversée

 

TAPIES Ocre, marron et blanc aux quatre 1972Lundi 6 février disparaissait, à l'âge de 88 ans, Antoni Tapies. Ce n'est pas simplement une part de l'âme catalane qui s'efface avec lui, mais une des plus grandes figures de la peinture européenne de la seconde moitié du XXème siècle. Celui qui, dans le monde de la peinture informelle, plus qu'abstraite, faisait le pendant à l'anglais Francis Bacon (mort d'ailleurs à Madrid en 1992) dans un ordre plus figuratif.

Tapies a toujours été viscéralement attaché à sa ville, celle de son aîné Miro, qu'il admirait et dont il a retenu la leçon, alors qu'il accompagnait le dadaïsme. Mais, sa grande période fut celle des années 60 à 2000, au cours desquelles il développa un langage singulier avec un vocabulaire récurrent ses traces de mains ou d'objets bruts arrachés à la ville.

Surtout, Tapies fut un humaniste, à travers son engagement contre le franquisme qui le jeta en prison en 1966, son goût aussi de l'écrit (il était fils d'éditeur, ami des poêtes, grand lecteur) et ses matières terreuses aux couleurs sourdes. Sa peinture traduisait la société en marche, fière et douloureuse, riche de son humilité aussi, quand celle de Bacon fouaillait l'introspection.

Je dois le dire simplement, Tapies va me manquer, moi qui ai été, depuis longtemps, accompagné par ses oeuvres. Cette semaine, les drapeaux de l'art et de la délectation sont en berne. Heureusement qu'en catalan "adieu" se dit "comiat", mot dans lequel je veux lire un appel à se rapprocher.

 

 

Digest

 

Patrick Lamarque est conseil de dirigeants en matière de stratégie, de gestion des crises et de management du changement. Il est également coach pour dirigeant privés et publics. Il opère en France et à l’étranger.


Ancien élève à l'Ecole Nationale d’Administration, Patrick Lamarque, dans les années 80, a créé la mission communication interne et maîtrise du climat social à la Ville de Paris, coordonné la communication gouvernementale auprès du Premier ministre et conseillé pour sa communication le ministre de la Défense. Dans les années 90, il dirige la communication de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Bordeaux, puis celle de la Ville et de la Communauté Urbaine de Lyon. Il est ensuite appelé comme Conseiller auprès du Secrétaire d'État à la Défense, puis auprès de la Secrétaire d’Etat aux Personnes handicapées avant d’être chargé de la concertation et de l’accompagnement social à la Délégation Générale pour l’Armement.


Introducteur des études qualitatives dans l’analyse politique il a développé ces méthodes pour structurer une démarche globale de maîtrise du climat interne de l’entreprise. Il a développé une approche novatrice d’entretiens de confrontation pour la résolution de conflits.


À partir de son expérience dans la gestion de la communication de la Défense durant la première guerre du Golfe, il a créé une méthodologie de maîtrise des crises qui a fait ses preuves dans de multiples situations difficiles, lors de crises de changement, de situations d’urgence psychosociale ou de plans de sauvegarde de l’emploi.


Il enseigne à l’ENA, au CELSA, à l’EFAP, dans plusieurs universités françaises ainsi qu’à l’École Supérieur du Commerce et des Affaires de Casablanca et à l’Université de Buenos-Aires. Chroniqueur radio, il est auteur d’une vingtaine d’ouvrages.

 

 

 

Le jardin haïku

 

Quelques beaux poêmes

 

Dans une vieille mare,

une grenouille saute,

le bruit de l'eau.

Bashö (1644-1694)

 

 

Porté par l'obscurité.

Je croise une grande ombre

dans une paire d'yeux.

Tomas Transtromer (Prix Nobel 2011), traduit par Jacques Outin


 

Sur la plage

je regarde en arrière

pas la moindre trace de pas.

Hosai  (1885-1926)

 

 

J'étais là moi aussi -

et sur un mur blanchi à la chaux

se rassemblent les mouches.

Tomas Transtromer (Prix Nobel 2011), traduit par Jacques Outin

 

 

Il n'y a rien

dans mes poches -

rien que mes mains.

Kenshin (1961-1987)

 

 

Un papillon blanc sort
D'entre les rayures d'un zèbre.

Sei Imai

 

 

Plus que de l'aveugle
Du muet fait le malheur

La vue de la lune.

Kyoraï

 

 

Au coucou

Elle ne répond rien

La girouette en fer.

Seiho Awano


 

Quelques essais personnels

 

Le bolet doré

au couteau de l'automne

craque mollement.

P.L.

 

 

La nuit est posée

l’hiver gagne la ville –

Frisson de moineau. 

P.L.


 

Un mille-pattes trébuche

-bruit de catastrophe-

entre quelques brins d'herbe.

P.L.


 

Cul grisâtre 

d'une bouteille lancée

dans la mer étroite -

bonjour Trieste.

P.L.

 

 

Goutte à goutte

- loupes hallucinées -

le toit s'égoutte.

P.L.

 

 

Au profond de la nuit

rentrent les meurtriers

le devoir accompli.

P.L.

 

 

Tendu comme un arc,

l'hiver scarifie

d'une autre ride le visage.

P.L.

 

 

Dans la nuit luisante

résonnent des pas

- un chien lève la patte -

P.L.

La citation de la semaine

 

Nulle action n'est assurée d'oeuvrer dans le sens de son intention. Edgar Morin 

 

Patrick Lamarque

Créez votre badge

Le cabinet de curiosités

Recherche

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>

Syndication

  • Flux RSS des articles
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés