Management

Dimanche 5 février 2012 7 05 /02 /Fév /2012 22:35

QVT-1.jpegNous vivons un moment charnière au cours duquel nombre d'entreprises, après avoir lancé au cours des dernières années des diagnostics de risques psychosociaux, sont désormais en train de mettre en oeuvre les solutions adaptées à cette problématique en la transformant en démarche opérationnelle.

 

On y parle plus volontiers de "qualité de vie au travail" que de "risques". On y déploie des dispositifs d'écoute, des démarches préventives, des suivis longitudinaux de sites ou de services. Et les acteurs de l'entreprises, RH, représentant du personnel, médecins du travail, assistantes sociales et même managers se réunissent, suivent des formations et tentent de trouver les solutions adaptées lorsque certains collaborateurs paraissent flancher. C'est maintenant chaque semaine que nous nous trouvons impliqués dans de pareilles démarches, alors que les dernières années nous donnaient plutôt le sentiment de faire partie de la corporation des pompiers volants appelés juste avant que la maison s'effondre.

 

Certes, les Bisounours n'ont pas encore envahi la planète entreprise et l'on rencontre encore fréquemment des situations de harcèlement, des conditions de travail dégradées, des méthodes managériales d'un autre siècle... Mais - du moins me semble-t-il -, les choses commencent à changer, malgré un climat économique et une situation de l'emploi qui pousseraient à pronostiquer un durcissement généralisé du vécu du travail. La prise de conscience de la nécessité de mieux protéger les salariés serait-elle en train de faire son chemin?

 

Votre avis et vos expériences corroborent-ils ce sentiment?

Par Patrick Lamarque - Publié dans : Management
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Mardi 31 janvier 2012 2 31 /01 /Jan /2012 18:58

Prof En mai 2011, Carrefour santé social avait lancé un sondage auprès de plus de 5000 agents de l’Education Nationale, concernant les risques psychosociaux, l’épuisement professionnel et les troubles musculo-squelettiques (TMS). Les résultats de cette étude d’envergure nationale fait état que 24% des agents de l’Education nationale se disent en état de tension au travail, et 14% d’entre eux, en épuisement professionnel. Les plus touchés par ces troubles sont les conseillers principaux d’éducation, les personnels administratifs, les instituteurs et professeurs d'école des écoles élémentaires et les professeurs exerçant en collège.


La situation est telle qu’au cours des 12 derniers mois, une grande majorité aurait déjà connu un problème musculo-squelettique, touchant la nuque (78%), le bas du dos (75%), l’épaule (60%), le genou ou la jambe (54%). Si la prévalence des TMS ne constitue pas une spécificité des métiers de l’Education nationale, les douleurs à la nuque, au cou et dans le bas du dos sont cependant particulièrement fréquentes.



Forte demande psychologique, mais bonne latitude décisionnelle
Par ailleurs, l’enquête « Sumer », qui sert de référence en France (toutes professions confondues), confirme le malaise du corps enseignant. Elle y met ainsi en exergue une demande psychologique élevée, et montre que c'est à l'école qu'on est le plus stressé : 12% des cadres et 23% des salariés en général se disent tendus au travail, en comparaison des 24% de l’Education nationale.


En revanche, l’étude du Carrefour santé social remarque que, si les agents de l’Education nationale se trouvent soumis à une demande psychologique élevée, ils bénéficient d’une latitude décisionnelle importante. Ce dernier critère, qui correspond à la marge de manœuvre dont les personnels disposent pour assumer leur activité, contribue significativement à réduire le niveau de risque psychosocial.



Des catégories plus vulnérables que d'autres
Les principaux enseignements à retenir, se référant au modèle de Karasek, se résument comme suit :


> près d’1 agent sur 4 est tendu. Si la proportion d’actifs est identique à celle observée chez les cadres, celle des tendus est double.


La tension au travail touche davantage certains métiers : les conseillers principaux d’éducation (CPE) et les personnels techniques et administratifs sont les plus exposés. Parmi les enseignants, les instituteurs et professeurs des écoles se trouvent relativement plus régulièrement en situation de risque. En revanche, aucune corrélation n’apparaît entre la probabilité de tension et le sexe ou l’âge.


Le risque d’épuisement professionnel (burnout) est également supérieur pour les CPE, les personnels enseignants de l’école élémentaire et du collège, les hommes et les 55 ans et plus.


Les personnels du premier degré sont les plus concernés par le risque d’épuisement émotionnel.



Une importante prévalence des TMS
Une grande majorité des agents déclare avoir connu un problème d’ordre musculo-squelettique au cours des douze derniers mois concernant la nuque ou le cou (78%), le bas du dos (75%), l’épaule (60%), le genou ou la jambe (54%). Selon la zone du corps, entre un tiers et plus de la moitié des répondants déclare un problème au cours des 7 derniers jours.
Ces difficultés peuvent être accompagnées de douleurs  significatives à mesure que l’âge augmente. D’une manière générale, les femmes déclarent plus de problèmes que les hommes. La présence et la localisation de ces troubles musculo-squelettiques est, évidemment, à mettre en relation directe avec l’ergonomie et les exigences posturales de la profession exercée.



Téléchargez l'étude

Intitulée Etude des risques psychosociaux, de l’épuisement professionnel et des troubles musculo-squelettiques, l’enquête du Carrefour santé social a été réalisée à partir de 5 119 réponses à un questionnaire mis en ligne, entre mai et août 2011, sur le site Internet de la MGEN et de plusieurs organisations syndicales – d’où un « biais dans le profil des répondants », avec davantage d’enseignants (80 %) et de femmes (76 %), comparativement à la répartition connue des personnels de l'Éducation Nationale. Néanmoins, l'étude reste intéressante, riche et, malheureusement, la seule base dont nous disposons.

Par Patrick Lamarque - Publié dans : Management
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Samedi 21 janvier 2012 6 21 /01 /Jan /2012 00:00

Exclamation Cela faisait beau temps que l'on attendait une méthode pour prendre en compte les risques psychosociaux dans le document unique. Chacun (moi inclus!) bricolait de son côté, avec plus ou moins de bonheur. Or, voilà que l'ANACT vient de publier un kit, clair et pédagogique, accompagné de fiches pratiques, pour conduire une démarche rigoureuse et véritablement opérationnel.

 

De surcroît, le kit est téléchargeable sur le site de l'ANACT à l'adresse ci-après : http://www.anact.fr/web/actualite/essentiel?p_thingIdToShow=23389598......

 

 

Par Patrick Lamarque - Publié dans : Management
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Lundi 12 décembre 2011 1 12 /12 /Déc /2011 23:46

Savoir attendreSavoir attendre pour que la vie change

 

François Roustang

 

Odile Jacob poches, 2008

 

 

François Roustang est philosophe et psychanalyste, spécialiste de l’hypnose et il s’interroge sur les effets et le sens de l’analyse. Avec « savoir attendre », il aborde ce qui guérit vraiment à travers un parcours qui s’ouvre sur la disposition à laisser s’opérer le changement. Lequel, en psychothérapie, correspond à « une modification des rapports qu’un individu entretient avec lui-même, avec les autres personnes et les choses de son environnement ». Soit, « une transformation du complexe relationnel dans lequel se trouve inséré un individu ».

 

La première des peurs qui font résister au changement réside en ce que souvent, modifier la situation présente est encore plus pénible que la supporter. Au-moins y sommes-nous accoutumés. En effet, « les humains tiennent plus à leurs souffrances qu’à leur bonheur » et ils sont capables des plus subtiles inventions pour les entretenir. Comme le note François Roustang, « l’assurance ne peut venir au jour que par la perte des réassurances que nous nous donnons à nous-mêmes et à la recherche desquelles nous nous épuisons ». Pour provoquer le changement, il faut donc « tourner autour » du sujet pour trouver le point d’appui qui permettra d’activer le changement : c’est au sein du désarroi que la décision de changer peut émerger.

 

Quant au thérapeute, s’il veut éviter de projeter sur la situation son propre regard, il doit se tenir totalement ouvert à toutes les possibilités pour son patient, «être indifférent au résultat et s’attendre aussi bien à un échec qu’à un succès de la cure ». Il trouve là une sérénité qui signifie qu’il n’a pas à partager la souffrance du patient pour être en relation à lui. Puisqu’il ne peut pas inciter son interlocuteur à l’acceptation, il doit l’aider à instaurer une stratégie qui transforme le rapport à l’événement à l’origine de la souffrance. Il s’agit de le placer dans le présent, comme un élément du contexte actuel, de façon à éviter d’en rechercher les causes et de remâcher le passé. Le thérapeute entre alors dans une relation attentive, non pas à l’accumulation des détails racontés mais à l’extrême complexité de la situation : « aucune tentative d’analyse, aucun effort de compréhension, une absence de réflexion, caractérise son attitude. Nous sommes réduits à l’immédiateté du contact, non pas contact avec la souffrance, mais avec la totalité de la personne ».

 

Il s’appuie alors, étrangement, sur un « savoir de l’inaction » qui lui fait « renoncer au pourquoi », au savoir technique et même au psychisme. Le savoir du thérapeute s’intègre alors totalement à lui-même, comme le geste du golfeur devenu tellement naturel qu’il relève d’une forme de nature plus que de science. Littéralement, il laisse « se former un non-savoir, c’est-à-dire un savoir dénué d’intention et de volonté ». Ainsi, « il a cessé d’être le savoir préalable à l’action, il peut maintenant devenir le savoir de l’action qui n’a pas besoin de se savoir, mais qui la dirige à chaque instant parce qu’il se laisse investir par elle ». Dit autrement, il faut faire cesser la réflexion qui risque de compliquer le problème au lieu de le résoudre. Et François Roustang d’ajouter : « la solution d’un problème humain ne s’effectue jamais par une réponse à la question pourquoi ».

 

C’est la raison pour laquelle, « learning ne va jamais sans training ». C’est dans la mise en œuvre des gestes et des actes que s’opèrent les modifications. « On n’a jamais vu que le changement puisse s’opérer autrement que par le changement, et tour changement est un changement dans l’action » insiste François Roustang qui n’oublie pas « il suffit d’un geste », l’un de ses précédents ouvrages traitant de sa pratique de l’hypnose. Lacan, rappelle-t-il, disait souvent que la résistance n’est pas celle de l’analysant, mais celle de l’analyste. Il faut donc « trouver sans chercher ».

 

Cet ouvrage, qui explore avec clarté des notions relatives à la complexité, est, pour le coach, un véritable outil de travail, ou mieux une « voie » à la façon de Lao-Tseu. Par-delà les outils dont sa caisse déborde, il lui indique la seule posture qui vaille dans sa relation à ses clients.

Par Patrick Lamarque - Publié dans : Management
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Mardi 29 novembre 2011 2 29 /11 /Nov /2011 23:05

SurtravailLa question de la prévention des risques psychosociaux ou, dans sa formulation positive, celle du bien-être au travail doit-elle être abordée en déployant une caisse à outils dans laquelle chaque dispositif est a sa place ou bien en s’attachant à la caisse de résonnance que représente l’entreprise. Autrement dit, faut-il soigner un à un les effets du stress professionnel ou bien traiter leurs causes ?

 

Dans la pratique, la réponse doit envisager les deux approches : soigner prestement les effets et traiter avec patience les causes. Mais, il ne faut pas négliger la seconde thématique au prétexte que ses résultats ne  s’engrangent qu’à moyen terme.

 

En outre, il importe d’être clair quant aux résultats attendus : le but n’est pas d’atteindre un équilibre conçu comme un état stable mais de s’inscrire dans une dynamique résultant plutôt de la maîtrise de déséquilibres successifs.

 

Décalages 

* Le premier dysfonctionnement généralement constaté résulte du décalage important existant entre le discours institutionnel et la réalité vécue par les collaborateurs.

 

Gérer le stress au travail consiste alors à ne pas imposer au forceps les logiques technocratiques (fort opérantes par ailleurs), mais d’intégrer dans la conception des démarches les zones d’ombre et les perceptions des collaborateurs. Sinon, s’enclenche un conflit de visions qui se transforme rapidement en conflits de valeurs et en perte de légitimité pour les directions.

 

* Gérer le stress impose également de tenir compte des règles implicites de l’organisation car elles sont susceptibles de s’interposer entre la volonté des dirigeants et les latitudes opérationnelles des collaborateurs, engendrant chez ces derniers un stress lié à ce conflit entre objectifs fixés et moyens de les atteindre.

 

 

* Il faut aussi ne pas oublier la sagesse ménagère qui remarque qu’un escalier se balaye du haut vers le bas. Car, dans l’entreprise, la vertu cardinale c’est l’exemple. En matière de risques psychosociaux il convient que les dirigeants engagent leur personne dans leur prévention à partir d’une compréhension réelle du vécu de leur s collaborateurs. C’est uniquement ainsi qu’il pourront acquérir la si précieuse et si rare légitimité.

 

Car, c’est une responsabilité sociale de considérer que la performance sera atteinte à partir de la prise en compte réelle du vécu professionnel des salariés au lieu de le considérer comme une contrainte à gérer.

 

Management durable

Le bon sens témoigne qu’une prévention effective des risques psychosociaux s’inscrit dans la durée, se développe selon un principe de parcimonie et doit s’inclure dans un couple performance-création de valeur.

 

* La dimension de long terme est inévitable puisqu’elle passe nécessairement par la formation des managers et une certaine évolution de la culture d’entreprise. Il s’agit en effet de faire évoluer la représentation de la relation personnes-organisation.

 

* Le principe de parcimonie « nous apprend, insistent Steiler, Sadowsky et Roche[1], qu’en la matière, il n’est pas besoin de lancer des programmes gigantesques, mais bien plus d’investir dans des solutions pragmatiques issues des demandes et des besoins directs des collaborateurs. »

 

* Enfin, un programme de gestion du stress doit s’inclure dans une approche élargie de la notion de performance de l’entreprise, incluant la pérennité et l’intérêt de l’emploi des collaborateurs. Car, l’individu est créateur de valeur, surtout s’il est sollicité à travers un management collaboratif au lieu d’être regardé comme une variable d’ajustement.

 

Il importe donc de faire partager des comportements managériaux qui, sans être véritablement nouveaux, n’en ont pas moins été perdus de vue.

 

Bon sens managérial

Quelques principes méritent d’être inculqués, rappelés, cultivés avec patience et régularité.

 

* La visibilité du manager est essentielle pour les salariés. Chaque jour et, plus encore en période de crise. Sa présence rassure et fait de lui le nécessaire référent des collaborateurs. On peut ici se rappeler le célèbre MBWA américain ou Management By Walking Around consistant à circuler régulièrement dans les services, à la machine à café ou au restaurant d’entreprise.

 

* La pédagogie représente une autre nécessité du management et chacun sait qu’elle est un art de répétition.

 

* Pour cela, le responsable doit gérer son temps de telle sorte qu’il puisse en consacrer suffisamment à l’écoute de ses collaborateurs et au partage avec eux. Car, un des dangers que court le manager, c’est de chercher à s’en sortir par la volonté, en travaillant toujours plus, barricadé dans son bureau et coupé du reste de l’organisation.

 

* Il doit aussi tracer la voie, avec un sens rigoureux de la vérité : mieux vaut évoquer les difficultés lorsqu’elles interviennent et tracer une voie qui mette en perspective ce moment difficile à traverser qu’espérer masquer la réalité. Le courage est une des vertus cardinales du dirigeant mais, pour cela, il faut qu’il soit à la fois sûr de ses compétences et qu’il ne pourra réussir qu’avec la contribution de ses collaborateurs.

 

* Le dirigeant doit aussi considérer que les rituels de l’entreprise (cérémonies, remises de médailles, déjeuners…) sont « le sacré en action » et qu’ils « mettent en scène les symboles » (A. MacIntyre).

 

* Dans ce contexte, il doit s’efforcer de mettre en scène l’histoire collective (storytelling) en célébrant les héros du quotidien. Mais, c’est surtout dans l’établissement de relations profondes avec chaque membre de ses équipes que le leader assure son rôle, ainsi qu’en témoignent les militaires ou les entraîneurs sportifs.

 

L’expérience enseigne, en effet, que l’attitude des personnes vis-à-vis du stress dépend étroitement de leur manière de se représenter le stress. C’est pourquoi un des rôles du leader consiste à tracer un chemin nouveau pour éviter l’inhibition de l’action qu’engendrerait la crainte, comme l’ont montré les travaux d’Henri Laborit.

 

L’important, ainsi que le rappelle Boris Cyrulnik n’est pas tant ce qui arrive que ce que nous saurons en faire. C’est sans doute à ce niveau-là que l’on assure la meilleure prévention primaire des risques psychosociaux.



[1] Dominique Steiler, John Sadowsky, Loïck Roche, Le slow management, éloge du bien-être au travail, Presses Universitaires de Grenoble, 2010, p. 46

Par Patrick Lamarque - Publié dans : Management
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Samedi 9 avril 2011 6 09 /04 /Avr /2011 19:17

 EntrepriseIl y a un an, le Ministère du Travail publiait la liste des bons et mauvais élèves, parmi les entreprises de plus de 1 000 salariés ayant déclaré avoir signé un accord ou engagé un plan d’action concerté pour prévenir et gérer les risques psychosociaux. L’exposition médiatique des vagues de suicide dans les grandes entreprises et du plan d’urgence sur les RPS (risques psychosociaux) lancé par Xavier DARCOS peu de temps après, ont indéniablement conduit à une prise de conscience des dirigeants. Les entreprises, quelle que soit leur taille, ont aujourd’hui tout intérêt à considérer ces risques et à faire ce qu’il faut pour les prévenir.

L’enquête IFOP sur le bien-être psychologique au travail a interrogé par téléphone, en janvier dernier, 501 DRH et dirigeants d’entreprises françaises en janvier dernier. Ses résultats ont été publiés le 1er avril. Premiers enseignements : le bien-être psychologique au travail représente un enjeu important pour la quasi-totalité des dirigeants d’entreprises interrogés (95%) et 6 dirigeants sur 10 estiment que leur entreprise est concernée par les risques psychosociaux. Ce point, notons-le, marque une prise de conscience récente des enjeux portés par cette thématique.


 Une prise de conscience générale certes, encouragée par l’image que peut renvoyer l’entreprise sur le sujet. Ainsi,  la « promotion » du bien-être des salariés représente un thème de préoccupation majeur pour 84% des dirigeants.  Une promotion qui participe notamment à l’amélioration des relations en interne, évoquée à 75% et à la réduction du taux d’absentéisme pour 56% des personnes interrogées. Est citée en 3è position seulement, l’augmentation de la compétitivité et de la productivité de l’entreprise.

Parmi les risques psychosociaux, les dirigeants citent en premier lieu le stress, avec un résultat plus marqué pour les entreprises de plus de 1 000 salariés, puis le mal-être ou l’état dépressif, tout en évoquant en parallèle  les solutions de prévention.

En termes de prévention, une meilleure communication en interne arrive en tête des solutions, suivie par la gestion des conditions de travail.  Et si 6 dirigeants sur 10 estiment que leur entreprise est concernée par les risques psychosociaux (59%), le  constat est plus marqué pour les plus de 1 000 salariés et les entreprises du service.
 
Enfin, 2/3 des dirigeants et DRH interrogés ont déjà pris ou envisagent de prendre des mesures préventives pour pallier aux risques psychosociaux. Les grandes entreprises sont d’ailleurs davantage concernées par le sujet et un grand nombre d’entre elles a mis en place des mesures pour prévenir ces risques ou prévoit de le faire. À l’inverse, les plus petites, les moins de 100, n’envisagent pas d’actions préventives au cours des 12 prochains mois.

Les entreprises concernées par le bien-être psychologique des salariés mais n’ayant pas pris de mesures préventives (11% des cas) expliquent leur position par le fait qu’il ne s’agisse pas d’une priorité aujourd’hui (65%), mais également par le manque de ressources internes pour mener à bien un tel projet (55%) ou encore par le manque d’outils d’analyse pour réaliser un diagnostic de la situation.


En somme, les choses avancent dans les esprits, mais dans ce concret la réalité est sans doute un peu moins encourageante. En effet, d'après un autre sondage publié récemment par l'Anact (Agence Nationale pour l'amélioration des conditions de travail, 51% des entreprises n'ont pas de plan d'action portant sur le stress et 29%, si elles n'ont pas à proprement parler de plan de l'espèce, ont intégré la problématique dans leur politique de santé.Parmi les entreprises ayant un plan d'action spécifique, 63% ont mis en place un processus pour détecter les signes précurseurs de stress, l'analyse des risques portant principalement sur l'organisation du travail et les facteurs sociaux. 55% des groupes interrogés disent également analyser régulièrement les facteurs de risque et 49% indiquent avoir défini des indicateurs d'évaluation. Des scores qui indiquent, selon l'Anact que l'entreprise en est encore "au stade de la sensibilisation sur les risques psychosociaux".

 


Par Patrick Lamarque - Publié dans : Management
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Jeudi 16 décembre 2010 4 16 /12 /Déc /2010 18:29

louve seuleLes salariés jugent majoritairement satisfaisant leur niveau de bien-être au travail. C'est l'enseignement majeur du premier baromètre du bien-être au travail Ipsos-«La Tribune», qui mérite cependant d'être nuancé, puisque les salariés relèvent simultanément une dégradation de la situation pendant les six derniers mois. 64 % des salariés interrogés sont satisfaits de leur niveau de bien-être, parce qu'ils ont la possibilité de s'investir dans leur travail et d'avoir du relationnel. C'est un niveau cohérent avec les autres études sur le sujet, mais il faut acter une certaiane détérioration, puisque 45 % d'entre eux considèrent qu'il s'est dégradé au cours des six derniers mois (et 59 % dans les entreprises de plus de 500 personnes).


Du chemin reste à faire


De façon générale, les salariés jugent positivement les actions sur le bien-être au travail conduites par leurs entreprises : 86 % des salariés des entreprises qui ont pris des mesures pour lutter contre le stress sont satisfaits de leur niveau de bien-être, contre 64 % en moyenne. Leur niveau de stress est également sensiblement plus faible.


C'est dans le domaine de l'organisation du travail dans l'entreprise et de la reconnaissance du travail que les efforts ont été les mieux perçus. Voilà qui témoigne que les efforts en ce sens ne sont pas vains. Ils sont une source de mieux-être pour les salariés et de productivité pour les entreprises. Toutefois, du chemin reste à faire. En effet, un an après le plan d'urgence sur les risques psychosociaux mis en place par le ministère du Travail, seules 21 % des personnes interrogées ont le sentiment que leur entreprise en fait plus pour lutter contre le stress, indique l'étude.


Niveau de stress élevé


Au quotidien, les salariés jugent d'ailleurs leur niveau de stress élevé (62 %). Les cadres sont les premiers à s'en plaindre, mais le niveau de malaise des agents de maîtrise devient à son tour préoccupant. Cette population, qui est au plus près des clients, semble prendre de plein fouet l'augmentation du stress. Et il ne faudrait pas que ce maillon lâche, compte tenu de son rôle stratégique tant sur le bien être des salariés que sur la productivité.


Lien entre bien-être et productivité


Le baromètre montre également que 88 % des salariés jugent le sujet du bien-être au travail important et estiment que le lien avec la productivité est réel. 42 % d'entre eux estiment en effet que leur performance est affectée par le manque de bien-être. Pour inverser cette tendance, ils mettent en avant trois axes-clés : la visibilité professionnelle, le temps accordé au dialogue dans l'équipe, l'écoute du management et le confort de l'environnement de travail.


Vers qui se tourner ?


Les résultats du sondage montrent également qu'un tiers des Français estiment que leur travail peut provoquer de graves problèmes psychologiques et une majorité d'entre eux (54 %) et admettent ne pas savoir vers qui se tourner pour obtenir de l'aide.


Le travail aggrave les maux


Une large majorité de salariés en est persuadée, selon une étude publiée en fin de semaine dernière par le ministère du Travail : le travail accentue les pathologies choniques dont ils souffrent. D'après cette enquête, 68 % des salariés ont un ou plusieurs problèmes de santé chroniques, qu'il s'agisse de « problèmes de stress ou d'anxiété » (30 %), de « problèmes de dos » (26 %) ou de « maux de tête ou de migraines » (24 %). Or, dans près de la motié des cas (48 %), les salariés touchés considèrent que leur pathologie est « causée ou aggravée » par le travail. Les affections lombaires et musculo-squelettiques ainsi que les problèmes psychologiques sont les maux les plus fréquemment liés au monde du travail. Plus de 60 % des personnes qui en sont victimes citent, en effet, un lien de cause à effet entre leur pathologie, ou son ampleur, et leur emploi. Au premier rang des catégories socioprofessionnelles les plus sensibles à la pénibilité de leur métier, figurent les agriculteurs, les commerçants et artisans et les ouvriers. Et les hommes plus souvent que les femmes : ils sont 55 % à estimer que leurs maux sont aggravés ou causés par le travail, contre 47 % pour les secondes.

Par Patrick Lamarque - Publié dans : Management
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Vendredi 3 décembre 2010 5 03 /12 /Déc /2010 13:59

Entretien proDans l’entreprise, les risques psychosociaux se nichent partout. L’entretien annuel notamment, qui se déroule sans témoins, est un terrain propice aux débordements. Les critères d’évaluation étant de plus en plus fondés sur les comportements, le danger, pour le manager, est de glisser vers la vie intime du salarié.

 
L’entretien annuel représente une situation de pression pour le manager comme pour le managé. D’un côté comme de l’autre, chacun va activer ses défenses. Le manager aura tendance à être plus directif, plus manipulateur, plus agressif… nourrissant ainsi les tensions, l’inquiétude, le stress, bref les risques psychosociaux. » À la sortie d’un échange mal conduit, le collaborateur sera rongé par la sensation d’injustice, d’absurdité des directives, ou se sentira mis en échec. La qualité du climat dans lequel il se déroule, le type de questionnement et la formulation des commentaires écrits sont essentiels. Il faut y veiller comme au lait sur le feu. Quelques erreurs à éviter.

 


1.Formulations aventureuses

 
« Quel est votre niveau d’engagement ? », « Quel investissement psychique faites-vous dans le travail ? »… Depuis dix ans, les formules types n’ont cessé de s’enrichir de thèmes sur les comportements personnels, le « savoir être ». Ils s’intéressent autant au quantitatif (chiffres, niveau de business) qu’à la dimension humaine de l’individu, pourtant délicate à évaluer. Exemples d’items : comportement transversal, empathie, leadership (noté de 1 à 5). Ceci conduit les managers à poser ce type de questions tendancieuses. Ou bien à affirmer : « Vous êtes vraiment trop timide, enfant vous avez dû souffrir dans les cours d’école ».

 
Il est donc bien préférable de parler aux gens de ce qu’ils font et pas de ce qu’on pense qu’ils sont.

 

 
2. Manipulations

 
« Cela va comme tu veux sur le projet Z ? », « Tu te sens bien par rapport à tes compétences ? », « Est-ce que tu n’aurais pas besoin d’une formation par hasard ? » (sur un ton ironique). Manipuler quelqu’un dans l’échange, c’est entre autre lui poser une question qui simule l'intérêt pour lui en pointant es faiblesses. avec une manière de perversité..


Autre exemple de manipulation : le manager qui questionne la vie privée en insistant : « Comment ça va chez toi ? », « J’ai l’impression que ça ne va pas bien. », « Est-ce que tu es sûr de ne pas vouloir en parler ? ». L’entretien annuel n’est pas fait pour cela, ni pour lister les erreurs ou les difficultés professionnelles.

 

Ainsi, lorsqu'on désire conduire un entretien positif et motivant, il est préférable de ne pas s’appesantir sur les moments « critiques » du passé pour préférer les enjeux d'avenir (accompagnés des soutiens nécessaires).

 

 

3. Flou artistique


« Sois un peu moins perso, plus engagé ». Ce commentaire n’a rien d’un argument objectif. Vous n’êtes pas obligé de dire à votre collaborateur qu’il est génial. Il ne s’agit pas de lui faire plaisir, mais de lui donner du sens, des perspectives. Dites ce qui ne va pas, sans concession, mais avec le souci de la rigueur, de la précision. Le flou suscite l’interprétation, l’incompréhension et le malaise.
 Il faut donc préférer « J’aimerais que tu parles de tel sujet, dans telle réunion et que tu prennes le lead ! ». Vous donnerez ainsi des axes de progrès mesurables.


Il est donc bon d'avoir en tête des objectifs SMART : Spécifiques, Mesurables, Ambitieux, Réalistes, délimité dans le temps.


 
4. Injonctions paradoxales


« Il faut être réactif mais ne pas faire d’erreur », « Tu dois développer tes équipes et faire du chiffre ! »… Je relève trois facteurs de risques psychosociaux majeurs dans l’entretien d’évaluation. Primo, donner des objectifs qui n’ont pas sens pour le collaborateur. Il n’adhèrera pas et sera tiraillé entre son devoir et sa perception. Dans l’exemple ci-dessus, il se trouvera pris dans des injonctions paradoxales ingérables. Déboussolant !


Autre risque : examiner de façon partielle et partiale le travail de son collaborateur. Sans reconnaître sa performance, ni chercher à saisir pourquoi il n’a pas réussi sur certains points. Le sentiment d’injustice est alors garanti.


Enfin, fixer des objectifs impossibles à tenir aux yeux du collaborateur présente des dangers importants. Parce qu’il aura l’impression qu’ils dépassent ses ressources personnelles. Il ne se sentira alors pas à la hauteur, incapable, voire rabaissé.


 
5. Blocages ou précipitations


J’ai vu des entretiens durer de deux à trois heures ! C’est anormal. Personne n’y avait réfléchi en amont. Le désaccord a surgi et, bien sûr, chacun campa sur ses positions avec ses arguments.


À l’inverse, les entretiens express sont bien trop fréquents. Quand ils ne se passent pas par mails, avec échanges de formulaires remplis de chaque côté. Il n’y a alors aucune discussion. De quoi créer du stress !


 
6. Bachotage


L’entretien n’est ni une revue de résultats, ni du reporting, Il faut avoir quelque chose à dire de dense. Le manager ne s’y préparera donc pas en bachotant en quinze jours. Il récoltera de la matière toute l’année, en observant, en prenant des notes, en s’interrogeant. La seule façon de donner du sens à cet acte managérial essentiel. Et attention à ne pas escamoter les questions qui fâchent. Ce qui se produit dans 3 cas sur 5. Le non-dit est aussi un facteur de risque psychosocial. Aussi intense que la peur d’affronter son chef.

Par Patrick Lamarque - Publié dans : Management
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Mardi 30 novembre 2010 2 30 /11 /Nov /2010 18:11

penseurLes grandes théories du management ont vécu. Désormais, une multitude de nouveaux concepts revisitent l’organisation et la stratégie de l’entreprise : créativité collective, résilience, responsabilité sociale.
 
Trente ans après leur heure de gloire, les “papes” de la pensée managériale peinent à trouver des successeurs. Qui pour assurer la relève de ­Peter Drucker ? Quel théoricien pour succéder à Henry Mintzberg, fondateur de “l’école de la contingence” ? Les experts capables de penser l’entreprise dans sa globalité semblent aujourd’hui en panne de théorie.

D'autant que les entreprises se méfient des modèles et des solutions clés en main. Elles s’aperçoivent qu’être manager est plus complexe que ce que l’on apprend dans les livres ou dans les écoles. Un paradoxe, à l’heure où dirigeants et cadres recherchent des clés pour repenser les modèles organisationnels et stratégiques, tandis que les chercheurs avancent en tâtonnant.


 
Pragmatisme : en avant toute
 
De là, à ériger en nouveau paradigme “l’océan bleu”, il y a un pas. Cet enseignement théorisé par Chan Kim et Renee Mauborgne, deux chercheurs de l’Insead, s’appuie sur l’étude de 150 cas. Les professeurs y invitent les acteurs économiques à quitter les rives de “l’océan rouge” fait de concurrence acharnée pour plonger dans “l’océan bleu” réservé aux pionniers qui, en se positionnant sur des marchés encore inexplorés, ont réussi à s’affranchir de leurs compétiteurs.
Les consultants spécialisés font le même constat : “Dans les années 1980, on allait à Chicago rencontrer des universitaires pour comprendre les évolutions, trouver de nouveaux concepts. Désormais, nous sommes devenus pragmatiques et soucieux du spécifique.

Comment en est-on arrivé à cette situation ? Les recherches ne s’organisent plus autour de maîtres à penser, mais autour de réseaux thématiques regroupant plusieurs chercheurs travaillant sur les mêmes problématiques.Parmi eux, ceux abordant les questions de gouvernance, la transformation des organisations ou l’entrepreneurship ont particulièrement le vent en poupe. Sans oublier la responsabilité sociale, l’innovation, les risques psychosociaux, ou encore la gestion de la diversité.

La responsabilité sociale, une préoccupation également partagée dans les business schools. Car, aujourd'hui, la performance d’une entreprise dépend de sa capacité à adopter une démarche offensive prenant en compte les attentes de la société dans sa stratégie de développement, au lieu de se borner à étudier les conséquences de ses activités sur leur environnement.


 
Travail collaboratif et créativité
 
Ces recherches aident à nous poser de bonnes questions, à l’image de Morten Hansen, enseignant à l’Insead dont le récent ouvrage “Collaboration” met l’accent sur l’intérêt du travail collaboratif en s’appuyant sur son concept de “T-shaped management” : les managers doivent encourager leurs collaborateurs à donner le meilleur d’eux-mêmes dans leur domaine d’expertise (barre verticale du T) tout en veillant à prendre des éléments leur permettant de progresser dans les activités développées par d’autres (barre horizontale du T).

C'est grâce à ses conférences sur le management 2.0 et la créativité collective née de l’utilisation des réseaux sociaux que Gary Hamel, professeur à la London Business School fait un tabac dans les amphis et dans les cercles où se retrouve la crème des dirigeants. Quant à Jochen Menges, enseignant à Cambridge, il surfe sur le concept de “slow management”. Les dirigeants doivent, selon lui, revoir leurs méthodes de management et prendre le temps nécessaire pour construire le futur de l’entreprise avec leurs salariés.

Le credo de Don Sull, pour sa part, consiste à apprendre à manager dans l’incertitude. Pour ce professeur de la London Business School, repéré par le magazine “Fortune” comme l’un des dix penseurs en management les plus influents du moment, surfer sur la nouveauté du moment, en combinant de différentes manières des éléments déjà existants, permet de développer de nouveaux produits qui ne nécessitent pas de longs développements technologiques (parfois d’ailleurs sans utilité réelle une fois sortis des labos). Exemple : en pleine crise économique, le constructeur automobile Hyundai est le seul à avoir tiré son épingle du jeu outre-Atlantique en proposant aux consommateurs une “assurance” les autorisant à mettre fin au remboursement ou à rééchelonner les crédits consentis pour l’achat d’une voiture en cas de licenciement. Au moment où ses concurrents misaient sur les technologies propres… Côté français, les travaux sur la gouvernance de Pierre-Yves Gomez, enseignant à l’EM Lyon suscitent un véritable engouement. Il met en garde les décideurs contre les excès des modes managériaux bureaucratiques ne laissant pas de place à la créativité des salariés.


 

S’ouvrir à d’autres disciplines
 
Les managers se tournent également vers des recherches conduites dans d’autres disciplines dont les enseignements sont transposés dans le monde de l’entreprise. “Boris Cyrulnik et son concept de ‘résilience’ trouve de plus en plus d’écho”. Cette notion issue de la métallurgie – la disposition des métaux à reprendre leur forme après une forte déformation –, devient dans le domaine des sciences humaines, la capacité à rebondir et continuer à vivre pendant et après des événements imprévus ou douloureux.

Les décideurs sont également intéressés par les sociologues, à l’heure où la contestation des élites risque de créer de nouveaux fossés entre dirigeants et dirigés.

Bref, tout le monde cherche en sachant que les démarches actuelles (flux tendus, organisation matricielle...) sont de plus en plus risquées et pathogènes. Mais, sur le terrain des entreprises, les ravages continuent et se prolongeront tant qu'un nouveau gourou n'aura pas produit le "couteau suisse" du management, aisément applicable et qui résout tout.

Par Patrick Lamarque - Publié dans : Management
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Jeudi 11 novembre 2010 4 11 /11 /Nov /2010 21:57

1En termes de risques psychosociaux, l'époque des pionniers est nettement derrière nous. Nous avons plus récemment passé celle de la sensibilisation et de la légitimation du phénomène. Désormais, même si le déni demeure présent lorsque nous mettons le doigt sur des difficultés susceptibles de toucher certains acteurs, il n'est plus possibile de nier le risque, son existence et la nécessité de s'en saisir. Le temps est donc venu du déploiement des outils de prévention.

 

Pour que celui-ci ait lieu dans les conditions les meilleures, une méthodologie rigoureuse mérite être appropriée par l'entreprise, du haut en bas de la pyramide. Elle doit également être partagée avec les partenaires sociaux puisque ce sujet est maintenant au nombre des compétences des CHSCT.

 

L'appropriation d'une démarche préventive par les acteurs sociaux impose que cette méthodologie soit aussi opératoire, claire et appropriable que possible. Si elle doit s'adapter aux particularités de l'entreprise, elle doit surtout se couler dans la logique du consensus professionnel. Notamment pour ce qui regarde les divers facteurs de risques.

 

Voila pourquoi, l'élaboration de grilles de risques appelées à canaliser la vigilance des enquêteurs sur le terrain représente un impératif pratique. Elles ont aussi pour effet de répliquer les observations, d'une année à l'autre et d'un lieu à l'autre. Dans cet esprit, vous trouverez ci-dessous, à télécharger, un manuel réalisé par l'Institut National de Santé Publique du Québec.

 

La grille proposé permet de focaliser l'attention, successivement, sur :

 

1- le cadre de travail

 

> le contexte de travail et l'emploi

> l'absentéisme pour maladie

> la politique de santé au travail

> la violence et le harcèlement psychologique

> l'importance accordée au programme de retour au travail pour les personnes victimes de RPS

> la façon dont l'entreprise concilie travail et vie personnelle

 

2 - les composantes clés de l'organisation du travail

 

> la charge de travail

> la reconnaissance au travail

> le soutien social des supérieurs

> le soutien social des collègues

> la latitude décisionnelle

> l'information et la communication.

 

Très pratique, ce document décrit les concepts,  la manière de réaliser les observations avant de les hiérarchiser. Voilà un moyen très opérant de faire avancer la protection des salariés en matière de risques pqchosociaux.

 

Cliquez ici

 


 

Par Patrick Lamarque - Publié dans : Management
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Le fil d'Ariane

 

  Tapies : la grande figure renversée

 

TAPIES Ocre, marron et blanc aux quatre 1972Lundi 6 février disparaissait, à l'âge de 88 ans, Antoni Tapies. Ce n'est pas simplement une part de l'âme catalane qui s'efface avec lui, mais une des plus grandes figures de la peinture européenne de la seconde moitié du XXème siècle. Celui qui, dans le monde de la peinture informelle, plus qu'abstraite, faisait le pendant à l'anglais Francis Bacon (mort d'ailleurs à Madrid en 1992) dans un ordre plus figuratif.

Tapies a toujours été viscéralement attaché à sa ville, celle de son aîné Miro, qu'il admirait et dont il a retenu la leçon, alors qu'il accompagnait le dadaïsme. Mais, sa grande période fut celle des années 60 à 2000, au cours desquelles il développa un langage singulier avec un vocabulaire récurrent ses traces de mains ou d'objets bruts arrachés à la ville.

Surtout, Tapies fut un humaniste, à travers son engagement contre le franquisme qui le jeta en prison en 1966, son goût aussi de l'écrit (il était fils d'éditeur, ami des poêtes, grand lecteur) et ses matières terreuses aux couleurs sourdes. Sa peinture traduisait la société en marche, fière et douloureuse, riche de son humilité aussi, quand celle de Bacon fouaillait l'introspection.

Je dois le dire simplement, Tapies va me manquer, moi qui ai été, depuis longtemps, accompagné par ses oeuvres. Cette semaine, les drapeaux de l'art et de la délectation sont en berne. Heureusement qu'en catalan "adieu" se dit "comiat", mot dans lequel je veux lire un appel à se rapprocher.

 

 

Digest

 

Patrick Lamarque est conseil de dirigeants en matière de stratégie, de gestion des crises et de management du changement. Il est également coach pour dirigeant privés et publics. Il opère en France et à l’étranger.


Ancien élève à l'Ecole Nationale d’Administration, Patrick Lamarque, dans les années 80, a créé la mission communication interne et maîtrise du climat social à la Ville de Paris, coordonné la communication gouvernementale auprès du Premier ministre et conseillé pour sa communication le ministre de la Défense. Dans les années 90, il dirige la communication de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Bordeaux, puis celle de la Ville et de la Communauté Urbaine de Lyon. Il est ensuite appelé comme Conseiller auprès du Secrétaire d'État à la Défense, puis auprès de la Secrétaire d’Etat aux Personnes handicapées avant d’être chargé de la concertation et de l’accompagnement social à la Délégation Générale pour l’Armement.


Introducteur des études qualitatives dans l’analyse politique il a développé ces méthodes pour structurer une démarche globale de maîtrise du climat interne de l’entreprise. Il a développé une approche novatrice d’entretiens de confrontation pour la résolution de conflits.


À partir de son expérience dans la gestion de la communication de la Défense durant la première guerre du Golfe, il a créé une méthodologie de maîtrise des crises qui a fait ses preuves dans de multiples situations difficiles, lors de crises de changement, de situations d’urgence psychosociale ou de plans de sauvegarde de l’emploi.


Il enseigne à l’ENA, au CELSA, à l’EFAP, dans plusieurs universités françaises ainsi qu’à l’École Supérieur du Commerce et des Affaires de Casablanca et à l’Université de Buenos-Aires. Chroniqueur radio, il est auteur d’une vingtaine d’ouvrages.

 

 

 

Le jardin haïku

 

Quelques beaux poêmes

 

Dans une vieille mare,

une grenouille saute,

le bruit de l'eau.

Bashö (1644-1694)

 

 

Porté par l'obscurité.

Je croise une grande ombre

dans une paire d'yeux.

Tomas Transtromer (Prix Nobel 2011), traduit par Jacques Outin


 

Sur la plage

je regarde en arrière

pas la moindre trace de pas.

Hosai  (1885-1926)

 

 

J'étais là moi aussi -

et sur un mur blanchi à la chaux

se rassemblent les mouches.

Tomas Transtromer (Prix Nobel 2011), traduit par Jacques Outin

 

 

Il n'y a rien

dans mes poches -

rien que mes mains.

Kenshin (1961-1987)

 

 

Un papillon blanc sort
D'entre les rayures d'un zèbre.

Sei Imai

 

 

Plus que de l'aveugle
Du muet fait le malheur

La vue de la lune.

Kyoraï

 

 

Au coucou

Elle ne répond rien

La girouette en fer.

Seiho Awano


 

Quelques essais personnels

 

Le bolet doré

au couteau de l'automne

craque mollement.

P.L.

 

 

La nuit est posée

l’hiver gagne la ville –

Frisson de moineau. 

P.L.


 

Un mille-pattes trébuche

-bruit de catastrophe-

entre quelques brins d'herbe.

P.L.


 

Cul grisâtre 

d'une bouteille lancée

dans la mer étroite -

bonjour Trieste.

P.L.

 

 

Goutte à goutte

- loupes hallucinées -

le toit s'égoutte.

P.L.

 

 

Au profond de la nuit

rentrent les meurtriers

le devoir accompli.

P.L.

 

 

Tendu comme un arc,

l'hiver scarifie

d'une autre ride le visage.

P.L.

 

 

Dans la nuit luisante

résonnent des pas

- un chien lève la patte -

P.L.

La citation de la semaine

 

Nulle action n'est assurée d'oeuvrer dans le sens de son intention. Edgar Morin 

 

Patrick Lamarque

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