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Management

Lundi 22 avril 2013 1 22 /04 /Avr /2013 22:56

Atlas-201La charge de travail pourrait bien constituer le grand chantier des prochaines années en matière de risques psychosociaux. De nombreuses études démontrent les effets des réorganisations sur la charge de travail des salariés et, dans nombre de diagnostics internes, elle apparaît comme un facteur de risque élevé. Parallèlement à ce constat, les interventions récentes du législateur et la judiciarisation progressive des questions relatives à la "charge de travail" représentent des signaux d’alerte qui doivent inciter tout DRH, manager ou CHSCT à débatte de cette problématique en conservant à l’esprit la volonté de concilier des enjeux à priori contradictoires. 


Managers en situation d’équilibristes 

Si on se place sous l’angle de la direction, au sens large, l’enjeu réside dans une allocation optimale des ressources : il faut réduire ou, pour le moins, mettre sous contrôle les coûts. Dès lors, en fonction du volume d’activité, il faudra  trouver l’équilibre entre les effectifs et le volume d’activité dans un intervalle de temps précis. Lors d’une réorganisation, d’un plan social ou de l’introduction de changements, la charge de travail est alors souvent déterminée par une méthode strictement quantitative.

À l’inverse, du point de vue du salarié, la charge de travail met en cause le vécu subjectif du travail. Elle peut être perçue souvent comme trop importante "je suis débordé" ou, parfois, comme insuffisante "je n’ai pas grand-chose à faire". Dans tous les cas, lorsque les conditions de travail se dégradent, la charge de travail pèse sur la santé mentale. Les CHSCT et les médecins du travail ne manquent pas de remonter cette question épineuse.

Au milieu de cette vision duale, les managers  ont la lourde tâche de décliner auprès des équipes, des objectifs fixés dans des contextes contraints de raréfaction des moyens et des ressources. Pour eux, la charge de travail devient un exercice d’équilibriste entre objectifs/ressources/moyens.

Les enjeux diffèrent, mais faut-il pour autant faire comme s’ils étaient inconciliables ? Faut-il attendre l’intervention du droit ou d’un tribunal de grande instance pour agir sur la charge de travail ? Rappelons qu’en décembre 2012, le TGI de Créteil a fait suspendre le plan "Organisation 2012" de la FNAC au motif, notamment, d’une analyse insuffisante du report de la charge de travail sur les postes conservés. En juin 2011, les conclusions du TGI de Versailles à l’encontre de Renault mettaient également en évidence l’absence de mesures prises par l’entreprise pour évaluer la charge de travail d’un de ses salariés.

Considérer la complexité des faits

La charge de travail n’est pas un sujet nouveau en soi. Le modèle d’organisation scientifique du travail, à partir duquel se sont construites la plupart des organisations ou institutions et dont procèdent, de près ou de loin, les nouvelles formes d’organisation du travail), a toujours placé la question de la mesure, du contenu et de la répartition de la charge de travail au centre de ses préoccupations. Le foisonnement des définitions et des études met en relief deux points essentiels. D’une part, la polysémie de la charge de travail, d’autre part, la nécessité d’intégrer, dans toute réflexion sur la charge de travail, quatre faits indéniables qu’il est bon de rappeler.

Premièrement, depuis Taylor le travail a évolué et à coup sûr, le travail continuera d’évoluer. Deuxièmement, le travail revêt une dimension prescrite (les procédures, les objectifs, les règles parfois orales, etc.) et une dimension réelle (ce que fait véritablement le salarié au quotidien compte tenu des conditions, de l’organisation du travail, des liens sociaux tissés au sein du collectif de travail, etc.). Troisièmement, le travail s’exprime à travers un vécu subjectif des salariés. Ce vécu témoigne, en quelque sorte, de l’écart entre le travail réel et le travail prescrit. Enfin, le travail est un levier de développement, de fierté et de reconnaissance des salariés.

Accepter ces faits, c’est déjà faire évoluer les regards et commencer à semer les bonnes graines.

Manager, voilà une idée responsable

C’est pourquoi, pour faire évoluer les regards et agir sur la charge de travail, il est nécessaire de faire tomber les positions duales et de considérer le travail comme un outil de management, au même titre que gestion financière, le marketing ou la gestion des ressources humaines.

Il va donc bien falloir manager le travail. Un défi quand on sait combien la compréhension du travail est quasiment exclue des parcours de formation des managers, des décideurs et des jeunes diplômés en passe de conquérir les responsabilités.

Il conviendrait alors de procéder avec méthode, soit :

 > Se mettre d’abord d’accord sur la terminologie de "charge de travail", en clarifier les enjeux et les contours par population et métier ainsi que dans tout projet de transformation.

> Distinguer clairement mesure et évaluation de la charge de travail pour trouver l’équilibre entre deux approches, l'une quantitative par le biais du comptage, l'autre qualitative, au moyen d’une analyse des facteurs pesant sur la charge de travail.

 > Réfléchir à un dispositif d’évaluation et de suivi de la charge de travail, économiquement viable et socialement responsable.

Après le harcèlement moral de la fin des années 90, puis la pression du législateur pour aboutir à des plans d’action ou négocier des accords de prévention des risques psychosociaux à la fin de la première décennie, la charge de travail pourrait bien représenter le prochain grand chantier à ouvrir dans le cadre d’une démarche de Qualité de Vie au Travail. L’obligation du contrôle de la charge de travail des salariés dans les entreprises recourant au forfait jour par exemple (arrêt n°11-14540 du 26 septembre 2012 de la Cour de cassation), la multiplication et l’intensité des réorganisations, les changements de paradigmes socio-économiques que vivent nos sociétés modernes nécessitent d’agir dès à présent sur ce thème si l’on entend éviter qu’il devienne la bombe à retardement dont on perçoit déjà le tic-tac.

 

Par Patrick Lamarque - Publié dans : Management
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Mercredi 23 janvier 2013 3 23 /01 /Jan /2013 17:17

 

Unknown L’entreprise, et en premier lieu les managers de proximité, ont une obligation de vigilance à l’égard des symptômes de risques psychosociaux. À cet égard, il peut être utile de conserver à l’esprit la forme que prend généralement la dégradation psychique lorsque se met en place une dynamique délétère.

En revisitant nos expériences, nous pouvons décrire ce processus selon neuf stations d’un chemin de croix malheureusement trop quotidien. À chaque étape, si rien n’est entrepris, sa mécanique négative s’accélère tandis que se renforcent ses mécanismes de défense.

Station 1 - L’inhibition  

Tout commence par un salarié qui n’arrive plus à assumer ou à trouver seul la solution à une difficulté rencontrée dans son travail. Progressivement, il perd son niveau d’assertivité et de professionnalisme en atteignant, sur un point particulier de sa fonction, une forme de seuil d’incompétence -pour reprendre le vocabulaire de Lawrence J. PETER-. Il se trouve alors dans une incapacité momentanée à surmonter seul cet obstacle.

Or, la difficulté est grande pour le manager est de repérer cette inhibition quand son activité le contraint à agir en mode réactif sous la pression de l’urgence. Pourtant, beaucoup se joue là car un simple recadrage suffit la plupart du temps. Mais sans ce recadrage, la pression risque d’enfler pour le collaborateur, jusqu’à produire un stress perturbant. Et, si le manager n’intervient pas à ce niveau, le processus a tout lieu de continuer jusqu’à glisser vers le stade suivant.

Station 2 - La perte de confiance 

C’est alors que le collaborateur commence à perdre confiance en lui-même et dans son équipe à laquelle il ne sait plus demander de l’aide. Le fait d’avoir « calé » sur un point précis de son travail, s’ajoute à d’autres difficultés qu’il n’arrive plus à maîtriser. L’absence de vigilance du manager dans ce moment-là de son histoire professionnelle peut le conduire à perdre « pied » et se mettre en retrait.

Les risques psycho-sociaux traduisent, le plus souvent, une accumulation d’effets stressants. Il commence à réellement douter de son niveau de compétence professionnelle, de son adaptation à son poste, et il s’interroge sur sa réelle légitimité professionnelle. Ses efforts répétés sans résultat et ses interrogations sans réponse augmentent son niveau de fatigue, et altèrent son comportement (mauvaise humeur, indisponibilité).

Fréquemment, on observe un début de prise de médicament, généralement des calmants, des décontractants ou des somnifères.

Si le manager ne repère pas les symptômes de la démotivation ni n’intervient à ce stade du processus, le processus de dégradation continue.

Station 3 - La perte de lucidité 

Dans cette troisième étape, le salarié, après avoir perdu de son assurance et de sa confiance (en soi, dans les autres), commence à entamer son niveau de lucidité et de compréhension de ce qui est en train de se passer. Il commence à ressentir une certaine forme de « paranoïa » qui lui fait perdre la mesure des difficultés auxquelles il est confronté : il « grossit » la réalité et les conséquences des problèmes professionnels qu’il vit.

La non disponibilité du manager de proximité à ce moment névralgique du processus risque de le conduire à ne pas prendre suffisamment tôt la mesure de ce qui est en train de se produire et de la dégradation au travail. Plus encore, c’est l’ultime fois qu’il pourra intervenir pour installer une relation d’aide compréhensive et reconstructive pour son collaborateur.

À un niveau d’intensité supérieur, proche de l’état de panique, il commence à ne plus se situer professionnellement. Il compense plus qu’il n’intervient et son niveau d’anxiété est continuel. Il devient fébrile et susceptible, exagère l’importance et la portée de la moindre réflexion à son égard.

Les doses médicamenteuses augmentent, parfois accompagnées de prise de boisson ou de la consommation de cigarettes. Son entourage personnel commence à s’apercevoir du malaise occasionné par la situation professionnelle.

Station 4 - La victimisation 

Le salarié, à présent engagé dans un processus qui le mobilise entièrement, devient revendicatif. Il remet en cause les moyens à sa disposition et l’organisation à laquelle il impute le motif de sa démotivation. Après s’être amèrement remis en cause, il va à présent se défendre en s’attaquant à son entourage, et dans un premier temps à ce qui en constitue l’environnement factuel, immédiat, technique et organisationnel de sa fonction.

Le comportement du collaborateur ne peut alors plus échapper au manager qui doit absolument intervenir pour arrêter le processus et empêcher son s’aggravation. À présent, il lui appartient de changer de posture en intervenant plus fermement, en élevant son niveau d’exigence et en imposant un cadre contraignant.

La posture du subordonné emprunte de plus en plus à ce que Pascal BRUCKNER nomme la victimisation (in, La tentation de l’innocence). Installé dans une posture de victime, le subordonné subit les effets destructeurs du stress quotidien. Il est continuellement confronté à l’énervement, la rancœur sa frustration, sa colère, la violence (celle qu’il subit et celle qu’il répercute). I

Les arrêts de travail commencent à se multiplier. L’entourage professionnel du subordonné commence à subir les effets de sa démotivation qui pèse sur l’ambiance au sein de l’équipe et sur le climat social.

A ce stade, le manager ne peut plus « passer à côté » des effets de la démotivation du subordonné. Mais s’il n’intervient toujours pas en imposant son niveau d’exigence, le processus continue. Irrémédiablement, la situation va « pourrir » et rapidement « déraper ».

Station 5 - L’agressivité 

Dans cette situation, le collaborateur, à présent violemment entraîné dans le processus de désengagement, déplace l’objet de ses revendications et commence à remettre en cause les personnes, imputant à d’autres, à tort ou à raison, la responsabilité de sa démotivation. Le comportement du subordonné, devient largement perturbant pour l’activité et l’équipe.

Les risques psycho-sociaux, dans cette situation, sont devenus une réalité palpable. Les troubles du comportement sont visibles par tous, dans l’entourage du subordonné : irritable, vindicatif, les relations avec lui deviennent compliquées et fréquemment les sujets se transforment en quiproquos. Il se place de plus en plus en plus dans une posture en retrait, critique, voire caustique, envers toutes les personnes ou situations susceptibles de le remettre en cause.

Sa paranoïa se renforce (« les gens profitent de son absence pour lui nuire »). S’il multiplie les traitements et commencent à consulter plusieurs médecins, il n’est généralement pas encore prêt à engager un travail thérapeutique, niant sa part de responsabilité dans ce qui advient. Il élève son niveau d’exigence sur toutes les personnes de son entourage (collègues, encadrants, clients, fournisseurs).

Les collègues du salarié demandent au manager d’intervenir urgemment car la situation de travail se dégrade pour eux de façon alarmante. À ce stade, si le manager tarde à intervenir, ou s’il le fait faiblement, il prend la responsabilité de laisser la situation se dégrader.

Station 6 - Le conflit hiérarchique 

Dans cette situation, le salarié, prisonnier d’un processus qui commence à le dépasser et laissé libre d’exprimer sa rancœur et son dépit va à présent s’en prendre directement à son manager, le rendant responsable, par son action (ou son inaction) de sa démotivation. La difficulté, pour le manager, porte sur le fait que la revendication du collaborateur le remet lui-même en cause.

La posture du manager, là encore, pour permettre au subordonné démotivé de rebondir, repose sur sa capacité à élever son niveau d’exigence. Mais il ne peut plus le faire, à ce stade, qu’en relation avec la DRH, ou son n+1 hiérarchique, qui doit pouvoir servir de médiateur ou de relai d’autorité.

On est souvent arrivé alors à une situation qualifiée de harcèlement. Dans ses ressentis, le collaborateur exprime son sentiment d’être harcelé, en cristallisant sa rancœur sur le manager.

Les arrêts de travail, les expertises auprès de la médecine du travail ou des médecins traitants ne peuvent que constater un haut niveau de stress et ses conséquences sur l’état de santé du subordonné. La posture de victime est généralement vécue à ce stade sur un mode passif destiné à être lu comme un témoignage de la violence dont a fait l’objet le collaborateur.

L’absence d’éléments tangibles dans le dossier (entretiens, recommandations, pistes de re-motivation, engagements réciproques) empêche le retour à la normal. La tension monte d’un cran et le dossier devient un cas particulier que les représentants du personnel évoquent régulièrement lors des réunions de Délégués du Personnel ou dans le cadre du Comité d’Hygiène et Sécurité.

Le manager est maintenant contraint d’intervenir sous la pression des partenaires sociaux avec le concours de la DRH.


Station 7 - Le retrait

Le salarié, dont la démotivation est évidente pour tout le monde, commence à se désengager de l’activité en ne respectant plus les conditions d’exercice de sa fonction. La difficulté, pour le manager, tient au fait que sa responsabilité est à présent engagée et que sa non–intervention passée ne lui permet plus d’intervenir en toute légitimité. La posture du manager doit évoluer, avec encore plus de fermeté et il lui appartient de sanctionner tout débordement.

Les risques psycho-sociaux sont alors très importants. Si le subordonné n’a pas dans sa vie privée l’occasion de compenser ou de rétablir une situation professionnelle insupportable, les risques peuvent, à tout moment, produire des comportements extrêmes. Car le salarié est entré dans un nouveau comportement à tendance mortifère. Son désengagement exprime tout le mal-être et le désespoir qu’il porte continûment en lui.

A ce stade, le manager peut être tenté de baisser les bras et de laisser la place à la DRH et aux services sociaux. Cette attitude ne peut qu’aggraver la situation en désocialisant le salarié. Si aucune solution n’est apportée à la situation, celle-ci peut encore malheureusement se prolonger et le processus continuer.

 

Station 8 - Le hors-jeu

Dans cette situation, le salarié, dont la démotivation crée un véritable handicap à l’activité (un « poids mort »), flirte avec les interdits. Sachant que  le manager, qui n’est toujours pas intervenu efficacement, porte lui aussi la responsabilité des déviances, il mesure ses difficultés à se convaincre qu’il est encore possible de remédier à la situation. Il lui faudrait trouver et dépenser une énergie considérable pour faire rebondir son collaborateur, si tant est qu’il en ait encore envie certainement.

Les risques psycho-sociaux sont désormais extrêmes. Le salarié s’est mis en retrait de la vie du groupe, sa présence est très aléatoire (arrêts de travail, isolement). Son comportement mortifère devient provoquant, comme si, dans une réaction paradoxale de désespoir, il jouait avec les interdits dans le but de continuer à encore exister. Ses provocations sont autant d’appels à l’aide. Seul un recours extérieur (thérapeute, psy, médecin) pourrait ici maintenir un semblant d’équilibre.

L’état de santé du collaborateur devient épouvantable et il peut ne suit plus régulièrement les prescriptions médicales, ce qui lui provoque des états de crises ou des passages fréquents à l’hôpital ou auprès du médecin du travail.

La fonction du manager ne tient plus qu’à sa capacité à sanctionner tout débordement supplémentaire. Il doit intervenir pour sanctionner les hors-jeux, ne serait-ce que pour donner du sens au management du reste de l’équipe. Mais si la sanction n’est pas assortie d’un plan d’action permettant au salarié de s’en sortir, elle ne pourra mettre fin au processus en cours qui pourra encore s’aggraver.

 

Station 9 - La fuite suicidogène

Le salarié, démissionnaire dans ses actes et ses propos, est alors au fond du gouffre. Il s’exonère de toute contingence et s’affranchit de tout accord passé. Son absentéisme ou la violence de ses réactions sèment le désordre dans l’activité. Il a atteint un état potentiellement suicidaire. Le passage à l’acte ne dépend plus que d’une circonstance, parfois sans rapport avec l’importance des enjeux professionnels. Une décision, une réflexion, une annonce peuvent constituer autant d’effets déclencheurs d’un passage à l’acte.

Le comportement suicidaire est d’autant plus dangereux que la présence du collaborateur est irrégulière et que, lorsqu’il est présent, il a tendance à s’isoler et à se renfermer sur lui-même. Il parle peu, vit à l’écart et sur un rythme différent du reste de l’équipe. Seule la présence constante d’une oreille amie est susceptible d’éviter le pire.

La pression s’exerce sur le manager de la part de son entourage immédiat qui ne tolère pas son laxisme ou sa lâcheté. Il lui faut trouver une énergie considérable pour changer de posture et prouver sa détermination à sanctionner ce qu’il a cautionné parfois depuis un certain temps.

La concertation entre les recours extérieurs (famille, thérapeute, psy, médecin) et l’entourage amical du salarié peut permettre d’envisager un avenir, à très court terme, facilitant son changement de comportement et sa sortie progressive de son enfermement.

Rôle du manager dans la prévention primaire des risques psychosociaux 

Il existe une réelle opportunité à militer dans les entreprises pour une prévention primaire des RPS centrée sur le management de proximité. À cet effet, plusieurs actions peuvent être envisagées :

> l’exemplarité du top management et celui de l’encadrement,

 

> une organisation du travail qui équilibre les exigences de la performance et de l’ergonomie,

                 

> la qualité des relation qui privilégie la confiance,

 

> le niveau d’implication de chacun,

           

> la cohésion de groupe,

           

> une motivation individuelle et collective qui soutienne l’investissement de chacun dans sa mission.

 

         La qualité de la proximité représente le meilleur moyen de lutter contre l’apparition de risques psycho-sociaux qui viennent continuellement entamer l’état de santé des salariés dans l’entreprise.

 

Dans cette période de forte pression sur les performances et de changements rapides d’organisation, il est nécessaire de doter les managers des moyens de s’assurer que leurs subordonnés peuvent contribuer à la performance collective à hauteur de leurs talents et compétences tout en préservant leur santé et leur appétit d’agir.

Par Patrick Lamarque - Publié dans : Management
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Dimanche 13 janvier 2013 7 13 /01 /Jan /2013 19:11

Travail-et-emploi-n-129 large-small130 Michel Gollac (dir.)

 

Les risques psychosociaux au travail : d’une « question de société » à des questions scientifiques

 

Travail et emploi N° 129, janvier-mars 2012

 

Michel Gollac a coordonné ce numéro de Travail et emploi, la revue de la DARES (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques) qui explore par plusieurs approches croisées la question des RPS. « Mot-valise » de l’époque, certes, les RPS n’en définissent pas moins un champ social dont l’État, ses juridictions, les entreprises comme les acteurs sociaux se saisissent concrètement pour lui donner un sens opérationnel. Donc, comme le souligne Michel Gollac, ce terme « répond à une demande sociale ».

 

Épidémiologie des risques

D’un point de vue historique (article de N. Hatzfeld), l’approche RPS représente la forme présente d’un enjeu de responsabilisation des risques professionnels, apparu dès la fin du XIXème siècle autour de la question des modes de vie ouvriers. Les interrogations sur l’intensification du travail induites par le taylorisme ont conduit ensuite à l’indemnisation de certaines maladies dès 1919. Plus tard, avec l’entrée en scène de la psychologie, le durcissement des conditions de travail vient à être interrogé. Au fur et à mesure du temps, il ressort que les acteurs tendent à rationnaliser le risque à travers une approche épidémiologique qui vise à l’objectiver et à le mesurer.

 

Désajustements mal vécus

Quant aux modèles, l’approche de Karazek qui analyse les liens existant entre demande, latitude décisionnelle, support et leur impact sur la santé mentale est utilement complétée par celle issue des travaux de Siegrist, portant sur l’impact du déséquilibre du couple effort – récompense (article R. Ndjaboué, M. Vézina, C. Brisson). Il reste cependant à prendre en compte de nouveaux paramètres comme la justice organisationnelle, le leadership et la prédictibilité du travail pour élargir le niveau de notre compréhension des problématiques, questionnement qui entre en résonnance avec les travaux philosophiques d’Axel Honneth (voir mon compte-rendu sur ce blog) comme avec les constats que nous faisons à chaque étude sur le terrain.

 

Importante aussi la thématique relative aux apports des débats entre psychodynamique du travail et clinique de l’activité (article P. Molinier et A. Flottès). Il en ressort qu’il importe d’éviter de demeurer rivé à la psychologisation de la problématique de l’exercice professionnel. Les dimensions sociale et organisationnelle pèsent lourdement sur la réalité du vécu. Quant aux symptômes physiques repérés (troubles musculo-squelettiques, addictions, harcèlement, violences…), ils combinent des facteurs de prévalence totalement pluriels dont l’interaction ne peut pas être minoré et dont la dimension « genrée » mériterait un ensemble d’études dont on ressent fortement désormais le manque.

 

Enfin, la perception par les salariés d’un « désajustement » dans leur situation de travail est à l’origine de souffrances, confirmées par la littérature sur le sujet (article D. Cartron et C. Guaspare). Avec la situation du marché de l’emploi, l’écart entre poste et formation, tâche et savoirs viennent percuter la projection du salarié sur son poste et remettre en question sa conception du « bien travailler ». À la fois son esthétique et son éthique du travail.

Par Patrick Lamarque - Publié dans : Management
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Vendredi 16 novembre 2012 5 16 /11 /Nov /2012 17:52

UnknownDans le rapport rendu en février 2010, à la demande du Premier ministre, par Henri Lachmann, Christian Larose et Muriel Pénicaud les défaillances du management en relation avec la gestion de ressources humaines avaient été bien mises en évidence. Aujourd’hui, le Conseil Économique Social et Environnemental, saisi sa section du travail et de l’emploi en vue de cerner les facteurs de risques psychosociaux et leur impact sanitaire et économique. Le projet d’avis déclinera les préconisations à mettre en oeuvre pour lutter contre ces risques, en insistant sur leur prévention et l’amélioration de la prise en charge des victimes. Voilà une initiative qui me manque pas d’intérêt et dont nous attendrons le résultat avec impatience, eu égard à la qualité de travaux de cette institution.

Car, si la majorité des personnes s’estiment satisfaites de leur niveau de bien-être au travail, 62 % d’entre elles affirment ressentir un niveau de stress élevé, et trois sur dix estiment que leur travail actuel est susceptible de leur causer de graves problèmes psychologiques (sondage IPSOS 2010). Selon la Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés, 20 % des causes des arrêts maladie de plus de quarante-cinq jours seraient liées à des troubles psychosociaux. Comme le montre une très récente enquête IFOP-Fiducial (septembre 2012), les employeurs ne sont pas non plus épargnés, dans un contexte de crise économique et sociale majeure, par la souffrance psychique et les risques de santé qui en découlent.

En raison de leurs conséquences sur le fonctionnement de l’entreprise (absentéisme, turn-over, baisse de productivité, dégradation du climat social, mauvaise ambiance de travail, démotivation, baisse de créativité), les troubles psychosociaux engendrent un coût économique important pour l’entreprise comme pour la collectivité. Ils affectent ainsi notre compétitivité économique. 
Les partenaires sociaux se sont aussi emparés de cette question, comme en témoigne la signature des accords nationaux interprofessionnels du 2 juillet 2008 sur le stress au travail et du 26 mars 2010 sur le harcèlement et la violence au travail. Au Parlement, plusieurs réflexions sur le sujet ont aussi été conduites. Le juge tend aussi à développer une jurisprudence novatrice sur la base des dispositions du Code du travail relatives à la protection de la santé physique et mentale des salariés.

Cette question reste donc au coeur du débat public et il faut s’en féliciter.

Par Patrick Lamarque - Publié dans : Management
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Dimanche 21 octobre 2012 7 21 /10 /Oct /2012 19:31

Mercredi dernier, un homme se présentant comme un cadre d’Orange a été filmé en train d’agresser verbalement une employée de la SNCF. Il  lui lançait notamment "vous gagnez le smic, alors vous fermez votre gueule". La vidéo a fait le buzz jeudi sur internet.

 

Voir la vidéo ci-dessous

 

Difficilement exploitable et visiblement réalisée avec un téléphone, elle permet de suivre l'échange en ne montrant qu'un sol carrelé et les pieds de l'homme qui s'emporte.

"Moi, j'en ai marre de payer 9.000 euros (d'impôts) pour les fonctionnaires français. Moi, je ne respecte pas les fonctionnaires français!", lance notamment l'homme, excédé, en direction d'une femme agent de la SNCF, invisible également. "A 51 ans, ma catégorie, on en a marre ! Je gagne 70 K-euros (70.000 euros), vous êtes au smic, alors vous fermez votre gueule !", ajoute l'homme.

Postée mercredi soir par une personne identifiée sur son profil Twitter comme un jeune de 15 ans "passionné par le journalisme", la vidéo avait déjà été vue plus de 710.000 fois sur YouTube vendredi après-midi. Sur Twitter, les avis étaient partagés entre l'indignation, le sarcasme et la parodie.

Une employée qui maîtrise les situations de violences verbales

Cette affaire, pour nous, est riche d’enseignements. D’abord en ce qui concerne l’employée de la SNCF qui reste d'un calme olympien et se contente de lui rétorquer "c'est ridicule !" ou "veuillez respecter les gens" pour le ramener à la raison, respectant en cela les consignes des experts du sujet : ne pas répondre, conserver son calme, certes, mais aussi poser les lignes d’un cadre relationnel respectueux (nous publierons prochainement une fiche méthodologique sur le sujet).

Car, les salariés en contact avec les clients sont de plus en plus confrontés à des situations de ce type, à mesure que monte l’exaspération dans une société souffrante. Compliments donc à cette personne demeurée anonyme.

Une entreprise qui comprend le vécu de ses salariés

Compliments aussi à la direction d’Orange qui, après avoir identifié l’agresseur vendredi, a déclaré, par la voix de Bruno Mettling, directeur général adjoint en charge des ressources humaines du groupe : "comme nous nous y étions engagés hier, l'entreprise a pris le sujet très au sérieux et a présenté ses excuses à la salariée de la SNCF. Le salarié à l'origine de l'altercation a été identifié. Nous avons pris contact avec lui ce matin. Il nous a fait part de lourdes difficultés personnelles et de sa volonté de s'excuser auprès de l'intéressée et de son entreprise. Dans le cas présent, les mesures appropriées semblent davantage relever de l'accompagnement que de la sanction. Cela étant dit, cela n'excuse en rien ces propos inacceptables".

Voilà qui prend la juste mesure de la situation et qui manifeste une compréhension des difficultés auxquelles il est possible d’être confrontées. Un réaction qui témoigne, à côté de nombreuses mesures, du nouveau cours des relations humaines dans cette entreprise.

Par Patrick Lamarque - Publié dans : Management
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Dimanche 23 septembre 2012 7 23 /09 /Sep /2012 18:51


m'ieur Le présentéisme, qui pourrait se définir comme le fait d'être au bureau pour ne rien faire, est un mal insidieux dans l'entreprise, car difficile à quantifier. Mais il ajoute à l'absentéisme, qui sert souvent d'indicateur de la qualité de vie au travail, un absentéisme larvé, peut-être plus problématique encore Cette thématique gagnerait à être abordée lors de la négociation entre partenaires sociaux engagée vendredi sur la qualité de vie au travail et l'égalité professionnelle. Mais, si l'on veut agir sur le présentéisme, nous n'avons pas le choix : il faut améliorer la qualité de vie au travail.


Il est vrai que, fréquemment, les entreprises voient le problème à l'envers en pensant que la seule présence des collaborateurs suffit à assurer la performance productive. Or, avec les inquiétudes ambiantes sur l'emploi, de nombreuses personnes qui ne sont affectées que de troubles mineurs (réactions allergiques, petits eczémas, rhumes qui évoluent mal...) sont présentes au travail, mais éprouvent les pires difficultés pour se concentrer. Elles sont physiquement présentes, mais avec toutes les manifestations du désengagement.


Une étude de 2009 au Royaume-Uni illustre la nécessité d'agir : elle estimait que "les jours perdus attribués au présentéisme étaient 1,5 fois plus importants que ceux attribués à l'absentéisme". Aussi, certains experts partagent-ils l'idée que le présentéisme coûte plus cher que l'absentéisme, même si ce dernier demeure un bon indicateur du climat de l'entreprise.


On sait, en effet, qu'en période de crise, on observe toujours une diminution du taux d'absentéisme notamment parce que les salariés s'accrochent à leur emploi. Cela ne signifie pas, pour autant, qu'ils restent mobilisés. Ainsi, selon le Baromètre d'Alma Consulting Group publié au début du mois, le taux d'absentéisme dans les entreprises a atteint l'an dernier son niveau le plus bas depuis 2007 avec 3,84%, soit 14 jours d'absence par an et par salarié.


Par Patrick Lamarque - Publié dans : Management
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Vendredi 14 septembre 2012 5 14 /09 /Sep /2012 08:13

1629-dossier-RH-audit-socialConflits internes, dysfonctionnements dans la prise de décision, problèmes de recrutement et démissions qui se multiplient, absentéisme chronique, conditions de travail dégradées, turnover intensif, voire suicides… Nombreux sont les indices qui révèlent la dégradation du climat social dans une entreprise, sapent sa productivité et écornent son image. Ces situations critiques peuvent fournir l’occasion d’un audit social pour identifier les facteurs de risque en amont ou envisager des sorties de crise lorsque celle-ci a déjà éclaté. Un audit qui doit néanmoins s’insérer dans une démarche globale de résolution de crise, s’il veut garder toute son efficacité.

Il y a trois ans, France Télécom entreprenait un audit social de grande ampleur suite à la vague de suicides qui frappa ses rangs depuis la mise en place du Plan NexT. Le résultat semble porter ses fruits, puisque l’opérateur s’est depuis engagé à refonder la gestion de ses ressources humaines. Récemment, c’est La Poste qui a enclenché un audit social à titre curatif dans six régions, en réaction aux suicides de deux cadres survenus sur leurs lieux de travail au cours du mois de mars.

Au cours de cet audit, l’ex-secrétaire général de la CFDT, Jean Kaspar, a rencontré près de 500 salariés, cadres et syndicalistes qui partagent les mêmes inquiétudes concernant le management, l’organisation du travail et le manque de considération des agents. L’audit social met alors en lumière le fossé entre la politique sociale pratiquée par la direction et les attentes du personnel. D’ailleurs, selon une étude Cegos de juin 2012, 48 % des salariés considèrent que leur directeur des ressources humaines (DRH) est trop soumis à leur direction générale, et près d’un tiers des interrogés juge que leur DRH ne prend pas assez en compte le facteur humain. Au vu de ces chiffres peu flatteurs, pas de doute, les ressources humaines traversent une crise à prendre au sérieux.

Accepter d’affronter les problèmes


Dans le cadre d’une crise des ressources humaines internes, l’audit social a pour but de trouver des solutions au malaise social ambiant, à la situation qui se dégrade. C’est donc un outil à la disposition des dirigeants qui met en lumière les problèmes et risques encourus par l’entreprise. Ponctuel, il diffère des baromètres sociaux qui ne sont pas toujours suffisants pour faire remonter les dysfonctionnements et trouver des solutions.

Autre effet positif d’un audit social, l’accroissement de la motivation et la fidélisation des salariés qui se considèrent enfin écoutés et considérés par leur direction. Car, si dans les TPE et de nombreuses PME, les dirigeants s’impliquent fortement dans les ressources humaines et restent proches de leurs salariés, dans les groupes les relations entre la base et la direction sont rarement directes.

S’obliger à agir


Cependant, l’audit social ne constitue qu’un outil de diagnostic. Pour ne pas accroître les frustrations, il doit être suivi d’effets et de mesures concrètes. En effet, quand une entreprise procède à un audit social, elle suscite à la fois des craintes chez les salariés, comme celle d’être sur la sellette, mais aussi beaucoup d’espérances. Mais prendre la température d’un malade ne le guérit pas, il s’agit ensuite de trouver le bon traitement. Il en va de même pour une entreprise.

Le recours à l’audit social n’a encore rien du geste automatique pour les entreprises. Les PME, sauf situation de crise très aiguë, n’en éprouvent pas le besoin, tandis que les grands groupes s’y prêtent généralement en cas de souci ponctuel (absentéisme par exemple) ou quand les problèmes sociaux se muent en problèmes économiques coûteux.

Par Patrick Lamarque - Publié dans : Management
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Jeudi 13 septembre 2012 4 13 /09 /Sep /2012 23:01

Benchmark Le TGI de Lyon vient de juger que l’organisation collective de travail basée sur le benchmark compromet gravement la santé des salariés.

 

Depuis l’arrêt Snecma (Cass. soc., 5 mars 2008), l’obligation de sécurité de résultat, qui incombe à l’employeur vise l’organisation du travail. Selon le rapporteur de cet arrêt fondateur, Pierre Bailly, « cette obligation légale de sécurité, qui est une obligation de résultat, a pour conséquence nécessaire d’interdire à l’employeur de prendre toute mesure pouvant être de nature à compromettre la santé ou la sécurité des travailleurs ».

 

Le message a été entendu et la jurisprudence Snecma a essaimé. En dernier lieu, le TGI de Lyon vient de confirmer cette jurisprudence du droit de la santé et de la sécurité au travail en condamnant sévèrement l’organisation du travail fondée sur le benchmark à la Caisse d’épargne Rhône-Alpes Sud.

 

En première ligne, le syndicat Sud, qui a saisi le tribunal en vue d’interdire le système de benchmark. Avant lui, l’expert du CHSCT, l’inspection du travail, les assistantes sociales et la médecine du travail avaient alerté l’employeur « sur les risques psychosociaux d’un tel système ». En réponse, la Caisse d’épargne avait mis en place un observatoire des risques psychosociaux, un numéro vert, un plan d’action qualité du travail. Autant de mesures jugées « largement insuffisantes » par les juges lyonnais en ce qu’elles « ne visent pas à supprimer le risque à la source, mais à intervenir a posteriori une fois que le risque est révélé ».


 

Voilà qui pose de nouveau la question controversée, lancée par Christophe Dejours, du choix entre les actions curatives d’une part et, d’autre part, l’aménagement du travail à sa source lorsqu’il est manifeste qu’il est devenu pathogène. Cette vision inspire d’ailleurs l’article L 4121-2 du code du travail, moins cité que le L. 4121-1, qui se réfère à la nécessité de combattre les risques à la source. Il est probable qu’il deviendra, dans les prochains mois et les prochaines années, une référence importante dans les enjeux juridiques se rapportant à la santé au travail.

Par Patrick Lamarque - Publié dans : Management
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Jeudi 6 septembre 2012 4 06 /09 /Sep /2012 10:00

Victoire De plus en plus, travailler c’est souffrir. Et si nos entreprises faisaient un mauvais calcul en renforçant les pressions au lieu de les alléger pour que chacun puisse véritablement jouir du travail ?

 

S’engager

Les entreprises sont de plus en plus nombreuses à se soucier du niveau d’engagement de leurs employés, convaincues qu’il représente un des leviers de leur performance. Pour le mesurer, nombre d’entre elles déploient annuellement des sondages internes pour en mesurer le niveau et établissent des "benchmarks" avec les entreprises de leur secteur. 

 

Or, la performance est directement reliée au niveau d’énergie des individus. Des études conduites par le mouvement de psychologie positive né aux USA dans les années 90 ont porté sur ces notions d’énergie, de dynamique de motivation et de déclencheur de bonheur. Elles montrent que deux facteurs élèvent le niveau d’énergie : la peur, le plaisir.

 

Trembler

Notre éducation nous a souvent conditionnés (en particulier en France) à fonctionner sur la peur : peur de l’échec, de la sanction, de manquer, de perdre, du jugement. D’où résulte la prévalence d’un modèle relationnel fondé sur la défiance et la peur de l’autre, du rival, de l’étranger… Or la peur peut engendrer trois types de comportements : l’inhibition et l’immobilisme total ; l’évasion qui engendre la démission ; l’affrontement déclenché par la colère.

 

Il faut bien convenir que la peur constitue souvent l’énergie dominante dans le monde professionnel par le conditionnement dû à notre éducation et par la logique de défis permanents autour d’objectifs toujours plus élevés et des moyens plus restreints. Cette peur risque de conduire à l’épuisement des forces vitales des individus que traduit le "burnout".

 

Plaisir

Peut-être à cause de son étymologie qui renvoie au « tripalium », instrument de torture romain, le travail semble souvent antinomique de la notion de plaisir. Il est même parfois tabou, au plein sens d’interdit social.

 

Pourtant, le plaisir représente cette sensation que nous connaissons tous, lorsque le temps n’existe plus et où, pris dans un flux d’énergie vitale, nous donnons le meilleur de nous dans la tâche accomplir.

 

Dans les entretiens que nous conduisons avec des collaborateurs d’entreprises différentes, ceux-ci évoquent comme facteur de plaisir au travail les moments de lien (rencontres avec leurs collègues, travail en équipe, cafétéria ou cantine…), la fierté du travail bien fait, le sentiment d’être utile, la faculté de créer ou encore la reconnaissance par le supérieur et les collègues. Le salaire n’est que rarement cité.

Cette notion de plaisir est fortement ancrée dans les attentes de la génération Y ou "Digital Natives" nées après 1990 qui commencent à pousser la porte des entreprises. Ils recherchent l’interaction avec les autres et le lien représente pour eux un enjeu véritable. Il en va de même pour les femmes si l’on entend les sociologues du « Care ». Les unes et les autres aspirent à considérer le travail comme un jeu et fuient les luttes et la compétition exacerbée.

 

Si l’on croit que l’homme n’est pas fait pour la souffrance, mais bien pour vivre heureux, alors peut-être est-il temps de considérer comment l’entreprise pourrait devenir un lieu de plaisir pour contribuer à ce que la tradition philosophique nomme la « vie bonne ».

 

La plupart des actions conduites dans les entreprises aujourd’hui se focalisent sur les risques psychosociaux et le stress. Pourquoi, au contraire, ne pas chercher les voies et moyens d’une meilleure qualité de vie au travail en rétablissant, au cœur des processus de travail, la notion de plaisir ?

 

Par Patrick Lamarque - Publié dans : Management
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Mercredi 5 septembre 2012 3 05 /09 /Sep /2012 18:41

Pointage Le taux d'absentéisme dans les entreprises a atteint l'an dernier son niveau le plus bas depuis 2007 avec 3,84%, soit 14 jours d'absence par an et par salarié, selon le baromètre de l'absentéisme d'Alma Consulting Group publié mardi. Ce chiffre est en baisse par rapport à 2010 où il s'établissait à 4%, soit 14,5 jours par an et par salarié, et d'un point depuis trois ans, soit 3,8 jours de moins. L'absentéisme baisse globalement dans le secteur privé du fait, vraisemblablement, des inquiétudes engendrées par la crise économique.

Si les grands groupes enregistrent un absentéisme plus faible que les PME, cette différence provient de la nature des stratifications sociales de ces deux catégories d'entreprises. En effet, les  cadres, plus nombreux dans les groupes de taille importante, obtiennent la palme de l'assiduité avec un taux d'absence de 1,53%, soit 5,6 jours par an. A contrario, les ouvriers s'absentent plus souvent  (4,84%, soit 17,7 jours) en raison de la pénibilité de leur métier mais aussi du déficit de sens du travail et du manque de visibilité du processus global.

C'est dans les secteurs de la santé et des transports que l'absentéisme établit ses records avec respectivement 6,61%, soit 24 jours, et 5,13% soit 18,7 jours d'absence du travail. Dans le domaine de la santé, la forte dégradation constatée depuis cinq ans serait due à la fois à la féminisation du secteur et aux pressions issues des manques d'effectifs et d'un management désormais plus exigeant. En revanche, le BTP et l'industrie, pourtant les plus exposés aux accidents du travail, et pour la première fois les services, sont les secteurs les plus assidus avec respectivement des taux de 2,97% (10,8 jours), 3,58% (13,1 jours) et 3,32% (12,1 jours).

En termes régionaux, fait inédit, le Nord et la région Rhône-Alpes dépassent le Sud, qui était en tête depuis cinq ans. Ce renversement tient au tissu économique dans ces régions, composé essentiellement de PME pour lesquelles les taux d'absentéisme sont en forte hausse. A contrario, le Grand Ouest se révèle le plus présentéiste et le Bassin parisien enregistre également de bons résultats.

Ce baromètre a été réalisé de janvier à juin auprès des DRH de 241 entreprises représentant plus de 400.000 salariés en 2011.

Par Patrick Lamarque - Publié dans : Management
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Le fil d'Ariane

L'animation ci-dessous présente ma pratique du coaching individuel et d'équipe à destination des dirigeants. En cliquant sur l'image en bas à droite (petite croix) vous pourrez l'ouvrir en mode plein écran et, ainsi, la lire plus confortablement.

 


Digest

 

Patrick Lamarque est conseil de dirigeants en stratégie, gestion des crises et management du changement. Il est également coach pour dirigeant privés et publics et expert en prévention des risques psychosociaux. Il opère en France et à l’étranger.


Ancien élève à l'Ecole Nationale d’Administration, Patrick Lamarque, dans les années 80, a créé la mission communication interne et maîtrise du climat social à la Ville de Paris, coordonné la communication gouvernementale auprès du Premier ministre et conseillé pour sa communication le ministre de la Défense. Dans les années 90, il dirige la communication de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Bordeaux, puis celle de la Ville et de la Communauté Urbaine de Lyon. Il est ensuite appelé comme Conseiller auprès du Secrétaire d'État à la Défense, puis auprès de la Secrétaire d’Etat aux Personnes handicapées avant d’être chargé de la concertation et de l’accompagnement social à la Délégation Générale pour l’Armement.


Introducteur des études qualitatives dans l’analyse politique il a développé ces méthodes pour structurer une démarche globale de maîtrise du climat interne de l’entreprise. Il a développé une approche novatrice d’entretiens de confrontation pour la résolution de conflits.


À partir de son expérience dans la gestion de la communication de la Défense durant la première guerre du Golfe, il a créé une méthodologie de maîtrise des crises qui a fait ses preuves dans de multiples situations difficiles, lors de crises de changement, de situations d’urgence psychosociale ou de plans de sauvegarde de l’emploi.


Il a enseigné à l’ENA, au CELSA, à l’EFAP, dans plusieurs universités françaises ainsi qu’à l’École Supérieur du Commerce et des Affaires de Casablanca et à l’Université de Buenos-Aires. Il est l'auteur d’une vingtaine d’ouvrages.

 

 

 

Le jardin haïku

 

Quelques beaux poêmes

 

Dans une vieille mare,

une grenouille saute,

le bruit de l'eau.

Bashö (1644-1694)

 

 

Porté par l'obscurité.

Je croise une grande ombre

dans une paire d'yeux.

Tomas Transtromer (Prix Nobel 2011), traduit par Jacques Outin


 

Sur la plage

je regarde en arrière

pas la moindre trace de pas.

Hosai  (1885-1926)

 

 

J'étais là moi aussi -

et sur un mur blanchi à la chaux

se rassemblent les mouches.

Tomas Transtromer (Prix Nobel 2011), traduit par Jacques Outin

 

 

Il n'y a rien

dans mes poches -

rien que mes mains.

Kenshin (1961-1987)

 

 

Un papillon blanc sort
D'entre les rayures d'un zèbre.

Sei Imai

 

 

Plus que de l'aveugle
Du muet fait le malheur

La vue de la lune.

Kyoraï

 

 

Au coucou

Elle ne répond rien

La girouette en fer.

Seiho Awano

 

 

Le printemps passe.

Les oiseaux crient

Les yeux des poissons portent des larmes.

Bashö (1644-1694)

 

 

Plutôt  que les fleurs de cerisier

Les petits pâtés !

Retour des oies sauvages.

Matsunaga Teitoku (1571-1654)


 

Quelques essais personnels

 

Le bolet doré

au couteau de l'automne

craque mollement.

P.L.

 

 

La nuit est posée

l’hiver gagne la ville –

Frisson de moineau. 

P.L.


 

Un mille-pattes trébuche

-bruit de catastrophe-

entre quelques brins d'herbe.

P.L.


 

Cul grisâtre 

d'une bouteille lancée

dans la mer étroite -

bonjour Trieste.

P.L.

 

 

Goutte à goutte

- loupes hallucinées -

le toit s'égoutte.

P.L.

 

 

Au profond de la nuit

rentrent les meurtriers

le devoir accompli.

P.L.

 

 

Tendu comme un arc,

l'hiver scarifie

d'une autre ride le visage.

P.L.

 

 

Dans la nuit luisante

résonnent des pas

- un chien lève la patte -

P.L.

 

 

Inconsciente,

la rue se rue

vers sa fin.

P.L.

 

 

Au bal de la nuit

aux phalènes,

le pied glisse

sur les cadavres joyeux.

P.L.

 

 

La brume

nappe le relief

du jardin myope.

PL

 

 

Le rictus du caïman

remonte à l'oeil qui pétille.

Sa proie lui sourit.

PL

 

 

Le lacet défait

flâne près du soulier -

Le nez au vent.

PL

 

 

Elle a renversé son sac

à la recherche de ses clés -

Sourire amusé.

PL

 

 

Elle s'est jetée dans l'étang -

La lune abîmée

de désespoir.

PL

 

 

Où va la nuit dans le noir

quand je me retiens

de bouger et de vouloir?

PL

 

 

Le temps de la cigale

stridule sans fin,

puis tombe la nuit.

PL

 

 

Les bras écartés

il surgit de la neige

l'épouvantail brun.

PL

Le coin des livres


Réalité

Ch. André Psycho de la peur

Bruno


Precht


Billeter

Rencontres

Ch André


Savoir attendre

Gilligan

EKR

Cyrulnik-Morin


Dejours light
Cyrulnik light
Talaouit
41yAu4IM-BL. SL500 AA300
MFH

Daewoo

 


La citation de la semaine

La routine, cette préface des révolutions !  Emile de Girardin - Les Cinquante-deux


Patrick Lamarque

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