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Communication

Vendredi 22 mars 2013 5 22 /03 /Mars /2013 04:41

images-copie-2 Certains jours, il arrive que les idées reçues, auxquelles vous avez fini par croire après vous en être défendu, soient aimablement culbutées. Ainsi mardi soir, me trouvant prisonnier d’un métro en panne, ai-je dû reconsidérer l’image récurrente du parisien revêche et furieusement ignorant de l’autre alors que notre rame se trouvait arrêtée en plein tunnel, à 200 mètres de la gare de Passy.

 

D’abord, chacun a cru à l’habituel arrêt pour régulation du trafic. Prenant son mal en patience, il s’est replié dans ses pensées ou sur sa liseuse électronique dans l’attente du redémarrage. Puis le temps a passé, franchissant les limites habituelles d’une pause circulatoire tandis que le contrôleur annonçait, dans le grésillement puissant d’un micro peu audible, qu’il s’agissait d’une panne électrique dont on recherchait la cause.

 

Alors, j’ai vu mes compagnons se détendre, tenter d’appeler leur famille pour annoncer leur retard. Sans succès, car leur réseau se trouvait lui aussi en panne. Sauf dans un coin du wagon où, quelques bienheureux avaient réussi à se connecter et proposaient à la cantonade leur service téléphonique.

 

Certaines conversations se sont nouées. Un bordelais qui allait rater son avion à Orly proposait à une jeune couple de visiteurs américains, dans un anglais laborieux, ses conseils gastronomiques à Paris, avant de promouvoir le bassin d’Arcachon et la dune du Pilat. Certains proposaient de laisser leur siège à ceux qui étaient resté debout et les codes de la sociabilité se sont mis à retrouver la place que la tradition nous avait appris à leur assigner.

 

Ces mêmes codes ont joué à plein quand il a fallu, descendre sur la voie d’une hauteur de l’ordre d’un mètre trente. Chacun s’est aidé. Tous, nous avons patienté en attendant notre tour de longer le train entre le mur et le câble d’alimentation heureusement désamorcé, avant de marcher ensemble, sous la voûte magnifique, éclairée de loin en loin par quelques lumières de sécurité. Enjambant les traverses à leur rythme, nous avons rejoint la lumière de la station et la ville qui, étonnamment, se trouvait toujours là avec son quai éclairé, son réseau téléphonique et sa petite pluie bienfaisante.

 

Allez croire avec cela, que nous sommes enfermés perpétuité dans la carapace qui nous isole du monde, prêts à mordre celui qui fait mine de s’introduire dans notre territoire dont nous surveillons l’alentour du haut de notre infinie méfiance…

Par Patrick Lamarque - Publié dans : Communication
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Lundi 22 octobre 2012 1 22 /10 /Oct /2012 08:18

Client agressifL’enjeu de la qualité de la relation client est essentiel pour la plupart des entreprises et des services publics. Or, le contexte dans lequel évoluent les salariés du front office les expose à une montée en flèche des frustrations et à l’irascibilité  de leurs interlocuteurs.

 

De plus en plus irrités, impolis, voire agressifs, les clients (c’est-à-dire nous-mêmes) deviennent un réel problème pour des collaborateurs qui font métier de leur donner satisfaction. Or, même si le client est roi, ils ont droit au respect, même si la situation de l’interlocuteur explique peut-être en partie son attitude inappropriée (elle peut avoir attendu plus qu’elle le pensait, elle peut se trouver dans une situation personnelle difficile…).

 

D’abord, demander un changement de comportement

Conseil pratique : Dites calmement et clairement que s’il veut poursuivre avec vous il doit modifier son attitude. Vous serez alors à même de traiter son dossier. Le plus souvent, ceci permet de revenir à plus de sérénité.

 

Dans le même temps et même si cela n’est pas simple, il convient de demeurer calme et empathique. Donc, sans revenir sur ses dires et tout en maintenant le cadre posé, le collaborateur a tout avantage à manifester de la compréhension à l’égard de ce que ressent le client pour rétablir avec lui un fil de communication.

 

 

Laissez ensuite au client le temps de s’exprimer

 Conseil pratique : Parlez lentement, sans élever la voix. Soyez poli(e) et clair(e) notamment sur ce qui est possible ou non. Ne discutez pas. Écoutez son point de vue. Évitez la confrontation et la provocation.

 

Dans tous les cas, il s’agit de rester calme et clair, tout en demeurant vigilant à sa sécurité personnelle. Car, le plus souvent, calme sera « contagieux » et l’on pourra voir l’interlocuteur s’excuser.

 

 

Créer un climat d’apaisement sans négliger sa propre sécurité

 Conseil pratique : Évitez de bouger brusquement. Évitez les gestes qui pourraient apparaître menaçants . Gardez vos distances avec la personne.

 

Bien entendu, le salarié ne doit jamais perdre de vue sa propre sécurité. Ainsi doit-il conserver son comptoir ou son bureau d’accueil rangé sans objet lourd ou pointu à portée de main.

 

Si besoin, il peut demander l’aide d’un collègue ou d’un manager car, le plus souvent, l’arrivée d’un tiers met fin à l’attitude d’affrontement.

 

 

Par Patrick Lamarque - Publié dans : Communication
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Jeudi 6 septembre 2012 4 06 /09 /Sep /2012 18:49

Le ministère belge du travail lance une campagne télévisée destinée à attirer l'attention sur les effets du stress, des violences au travail, du harcèlement.

 

Cette campagne sera diffusée via 2 spots TV, des dépliants et des affiches chez les médecins généralistes et les médecins du travail. Elle s'appue sur un site Internet www.sesentirbienautravail.be qui comporte un test intéressant que je vous invite à faire : http://www.sesentirbienautravail.be/node/31/take

 

Cette campagne vise à favoriser un changement de mentalité, une prise de conscience de la nécessité d’agir dans le domaine des risques psychosociaux en s’adressant directement au grand public (qui comprend l’entourage des travailleurs).  Il entend encourager les personnes à être attentives aux signes, souvent faiblement perceptibles, qui révèlent le mal-être au travail. Car, faute d’attention, ils peuvent s’aggraver jusqu’à devenir pathologiques. C'est cet effet de spirale que la campagne entend prévenir.

 

Voici les deux spots diffusés :

 


 

Par Patrick Lamarque - Publié dans : Communication
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Mardi 26 juin 2012 2 26 /06 /Juin /2012 19:14

Horacio Coppola 1 Horacio Coppola, immense photographe argentin est mort, à 105 ans, au bout d'une vie pleine. Après des études au Bauhaus, il a vécu un temps à Paris avant de retourner dans sa ville et de lui appliquer une vision moderniste à base de cadrages serrés et de lumières nocturnes éclatantes.

 

Son livre Buenos Aires, pulbié en 1936, reste une étape de la photographie sud américaine... et un objet introuvable ! Ainsi, ne le perdra-t-on jamais de vue.

 

 

Horacio Coppola - peaton de B-A

Horacio Coppola


Par Patrick Lamarque - Publié dans : Communication
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Dimanche 29 avril 2012 7 29 /04 /Avr /2012 00:10

Réalité Paul Watzlawick

 

La réalité de la réalité

Confusion, désinformation, communication

 

Traduit par Edgar Roskis

Première édition Random House, New-York et Toronto, 1976

Éditions du Seuil, Paris 1978 – Collection Points essais, 1984

 

Cet ouvrage de référence, publié en 1976 par Paul Watzlawick, thérapeute au Mental Research Institute de Palo Alto et professeur à Stanford, demeure aujourd’hui encore une des pierres angulaires de la pensée constructiviste. Dès la première phrase, l’auteur fixe clairement son propos en indiquant s’attacher au « procès par lequel la communication crée ce que nous appelons réalité ». Et, quelques lignes plus loin, il précise ainsi sa vision : « de toutes les illusions, la plus périlleuse consiste à penser qu’il n’existe qu’une seule réalité. En fait, ce qui existe, ce sont différentes perceptions de la réalité, dont certaines peuvent être contradictoires, et qui sont toutes des effets de la communication, non le reflet de vérités objectives et éternelles ». - Au secours Saint Thomas ! Comment puis-je encore croire ce que j’imagine voir ?

 

Particulièrement édifiante apparaît cette approche pour les gens de communication, pour les coachs et pour tous ceux qui s’intéressent aux relations humaines. P.W. la définit en l’opposant à la démarches scientifique traditionnelle en relevant que « l’interprétation scientifique dispose de deux méthodes : l’une consiste à développer une théorie pour montrer dans un deuxième temps comment les fait observables la corroborent ; l’autre présente de nombreux exemples tirés de contextes différents, puis entreprend d’en dégager, d’un point de vue pratique, la structure commune et les conclusions qui s’ensuivent. Dans la première, les exemples ont valeur de preuve ; dans la seconde, leur fonction est métaphorique et illustrative : ils sont là pour expliquer quelque chose, pour le transcrire dans un langage plus accessible, mais nécessairement dans le but de prouver quoi que ce soit. J’ai choisi la seconde approche… »

 

Beaucoup de nos pratiques se tiennent dans ces affirmations : ne pas chercher à prouver mais à illustrer, non pour démontrer une vérité transcendante mais pour aider à faire émerger la voie pragmatique vers une solution. La meilleure ? Allez savoir, mais du moment où elle est satisfaisante, elle est bonne.

 

1 – La confusion

Dès qu’il s’agit d’interactions humaines, il est important de favoriser la compréhension et de réduire la confusion, sachant toutefois que tout comportement en présence d’autrui a valeur de message et qu’en ce sens il définit et modifie le rapport entre les personnes. Une des difficultés régulièrement rencontrés par les traducteurs face aux significations multiples des messages, quand ceux-ci ne se trouvent pas affectés de la fameuse « double contrainte » (double bind). Comme lorsqu’on exige de quelqu’un un comportement qui, par sa nature même doit être spontané (ex. « sois spontané »), et qui, de ce seul fait ne peut plus l’être.

 

Mais, la confusion ne présente pas que des inconvénients. Elle aiguise aussi nos sens et notre attention aux détails. On l’utilise en psychothérapie pour transformer la vision d’une personne et le concept taoïste de wu-wei (inattention délibérée) met en évidence combien il peut être important de ne pas laisser son esprit conduire toute chose (dans l’art chevaleresque du tir à l’arc, par exemple).

 

D’ailleurs, dans les situations où nos capacités habituelles de perception et d’intelligence ne suffisent plus à fournir des réponses, nous avons recours à certaines autres capacités qui ne semblent pas gouvernées par la conscience… Où l’on retrouve la valeur du lâcher-prise !

 

2 – La désinformation

P.W. emprunte ce terme au monde du renseignement, soucieux souvent de brouiller la vision du réel que se forme l’adversaire pour provoquer chez lui des réactions obéissant à une logique fallacieuse, un peu comme les animaux soumis à des expériences de récompense arbitraire.

 

D’autant qu’il est démontré, par Alex Bavelas, « qu’une fois notre esprit emporté par une explication séduisante, une formulation la contredisant, loin d’engendrer une correction, provoquera une élaboration de l’explication ». Ce qui signifie que l’explication devient « autovalidante » en ce sens qu’elle peut se renforcer autant par une preuve de sa vérité que par sa réfutation. Et que, l’ordre et le chaos, contrairement à l’opinion générale, ne sont pas des vérités objectives mais qu’ils se trouvent déterminés par le point de vue de l’observateur. Ce que P.W. nomme « ponctuation » (i.e. point de vue) en renvoyant à titre d’exemple au vieux dilemme de l’œuf et de la poule dont l’antériorité d’un des deux termes est le seul fait du choix d’un point de vue.

 

D’ailleurs, on n’est pas obligé de croire vrai tout ce qui s’affirme, il suffit qu’on le tienne pour nécessaire. Telle est la prémisse des désinformations produites par les rumeurs comme la célèbre « rumeur d’Orléans », étudiée par Edgar Morin ou par le désir ardent que nous éprouvons de nous trouver en accord avec notre groupe de référence. De cette obligation dans laquelle nous nous trouvons de ponctuer une interaction, résultent inévitablement des règles interprétatives quant à ce qui est advenu. Et, au fur et à mesure des échanges, chaque message, quelle qu’en soit la forme, réduit inévitablement le nombre possible des mouvements suivants.

 

Il y a ainsi dans la relation intersubjective une dimension presque toujours circulaire, comme en témoigne le « dilemme des prisonniers » énoncé par Albert Trucker, professeur de mathématiques à Princeton : un magistrat tient deux hommes pour suspects d’un vol à main armée ; les preuves manquent pour porter l’affaire devant les tribunaux ; il convoque les deux hommes et leur dit avoir besoin d’aveux pour les faire inculper, sans quoi il peut seulement les poursuivre pour détention d’armes à feu, délit qui les fait encourir six mois de prison ; s’ils avouent tous les deux, il leur promet la sanction minimale pour vol à main armée, soit deux ans ; mais, si un seul avoue, il sera considéré comme témoin officiel et relaxé, tandis que l’autre écopera du maximum, soit vingt ans. Puis il les fait enfermer dans des cellules séparées à partir desquelles ils ne peuvent pas élaborer une décision commune. Que faire face à cette situation ? Ne rien dire et prendre six mois est certainement la plus économique des solutions. Mais, si l’un d’eux en vient à se demander « et si mon compagnon profitait de la situation pour avouer ? » … À partir d’ici intervient une question centrale de la relation intersubjective : « que pense-t-il que je pense qu’il pourra penser que je pense… » Ad infinitum, on retrouve alors la problématique de la désinformation et de la contre-désinformation par les services secrets ou les stratèges.

 

De fait, on confond généralement deux aspects différents de la réalité. « Le premier a trait aux propriétés purement physiques, objectivement sensibles de choses, et est intimement lié à une perception sensorielle correcte, au sens « commun » ou à une vérification objective, répétable et scientifique. Le second concerne l’attribution d’une signification et d’une valeur à ces choses et il se fonde sur la communication », distingue P.W. Pour ma part, je préfère réserver le mot de « réel » au premier sens et considérer la « réalité » comme se référant au second.

Par Patrick Lamarque - Publié dans : Communication
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Vendredi 2 mars 2012 5 02 /03 /Mars /2012 16:23

BrunoGiordano Bruno (1548-1600), par sa formation théologique, philosophique et cabaliste est un des grands modèles del’humaniste de la Renaissance. Simultanément, il est encore représentatif de la scholastique médiévale par son approche classificatoire des thèmes qu’il aborde. Ainsi, lorsqu’il fut condamné à périr sur le bûcher pour avoir refusé d’entériner le dogme établi, il déclara « 1. Qu’il n’avait pas le désir de se repentir. 2. Qu’il n’y avait pas lieu de se repentir. 3. Qu’il n’y avait pas matière à se repentir ». En conséquence, on décida de brûler « 1. Les livres. 2. Leur auteur. 3. Des branches de chêne-liège ».

 

Dans son traité intitulé Des liens, inachevé et demeuré inédit jusqu’à la fin du XIXème siècle, il aborde avec une extraordinaire ouverture d’esprit la question de la relation, peu souvent traitée en termes philosophiques à son époque. Et, il le réalise en accumulant d’extraordinaires fulgurances que ne renierait pas un spécialiste contemporain des sciences humaines. Ainsi, ses premières phrases, fort systémiques : « Il est nécessaire que celui qui doit former un lien possède en quelque façon une compréhension d’ensemble de l’univers, s’il veut être capable de lier un homme – lequel est comme l’épilogue de toute la création. En effet, (…) c’est dans l’espèce humaine qu’il est donné d’observer le mieux toutes les espèces, par des rapports de correspondance »…

 

Les sciences humaines en germe

Sur une théorie de la complexité bien avant son heure, voilà qu’il remarque un peu plus loin « rien n’existe qui ne soit un et simple, de même quantité et de même qualité… »

 

Néanmoins, son projet demeure assez proche de celui de Machiavel : conseiller, non pas tant le Prince que celui que l’on ne nommait pas encore l’acteur social et qui pourrait bien ici prendre les traits d’un urbaniste : «  Le lieur s’apprête en vue de la ligature (…) par trois moyens : l’ordre, la mesure et l’aspect. L’ordre donne les intervalles entre les parties, la mesure définit la quantité, l’esprit se manifeste dans les figures, les linéaments, les couleurs ».

 

Il n’est pas jusqu’à la théorie de l’image que Giordano Bruno n’esquisse avec une remarquable intuition : « l’imagination et l’opinion, écrit-il, lient aussi plus les gens que ne le font la raison, et bien plus étroitement qu’elle ». Et d’insister : « il n’est pas vrai que la force du lien, comme on l’a prétendu, procède du bien – c’est plutôt l’opinion du bien qui a pouvoir de lier… » Étonnant, n’est-ce pas ?

 

Pour peu que l’on consente à l’effort de franchir quelques siècles (un peu plus de quatre, tout de même), on mesure combien il est important de demeurer attentifs aux intuitions en contradiction radicale avec la doxa du moment à laquelle nous relient tant d’habitudes de pensée.

 

L’intuition de la vie

D’ailleurs, fin psychologue, Bruno poursuit : « l’orateur capte la bienveillance par son art en faisant aussi que ses auditeurs et le juge trouvent en lui quelque chose d’eux-mêmes ». Quant à la durabilité des liens, il témoigne, dans un autre registre et avec toute l’expérience des divorcés contemporains qu’il « est naturel (…) de désirer être délié de ses liens, tout comme l’instant auparavant nous avons pu être assujettis par un inclination propre et spontanée ».

 

Néanmoins, au-delà de tout cynisme, il faut bien un part de vérité dans toute relation. Ce que Giordano Bruno traduit comme suit : « Il n’est pas possible de lier à soi quelqu’un à qui le lieur ne soit  aussi une attaché lui-même ; les liens adhèrent en effet à ce qui est lié, s’y insinuent ». D’ailleurs, « tous les liens sont liés au lien d’amour » et « c’est surtout en une disposition réciproque du ravisseur et du ravi que consiste la raison du lien… » Constructiviste déjà, notre Bruno !

 

Véritablement, pour sa connaissance intime de l’humain, il y a beaucoup à glaner dans cet ouvrage, malgré les siècles qui nous séparent de son élaboration… Une distance qui introduit une dimension de vertige dans la lecture que l’auteur adoucit d’une moquerie finale : « les philosophes, qui se font gloire (…) de la connaissance de toute chose, s’accommodent fort bien de ne pas être loués pour la vigueur de leurs pectoraux ».

 

 

Référence : Giordano Bruno, Des liens, traduction Danielle Sonnier et Boris Donné, Paris, Éd. Allia, 2010

Par Patrick Lamarque - Publié dans : Communication
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Samedi 11 février 2012 6 11 /02 /Fév /2012 17:36

 

2isar-coaching personnelLa démarche du coach, orientée vers les solutions, emprunte beaucoup aux thérapies brèves développées par Milton Erickson (1901-1980), mêms s'il n'est pas, à proprement parler, une thérapie. Le coaching orienté vers les solutions vise à prendre appui sur les compétences, les ressources et les points forts du sujet, plutôt que de s’interroger sur ses échecs et ses limites. Erickson développe une vision positive du travail avec le client qui « repose sur l’hypothèse que la personnalité a une forte tendance naturelle à se modifier si on lui en donne l’occasion ». Ces pratiques se sont développées à partir de 1966 autour de l’Institut de Recherche Mentale (MRI) et de ses animateurs, Watzlawick, Fisch et Weakland, avant d’être complétées par le Centre de Thérapie Familiale Brève (BFTC) à Milwaukee. Elles reposent sur certaines hypothèses et convictions fondatrices.

 

Le client dispose de toutes les ressources nécessaires

Pour nous, il est certain que le client dispose des ressources et des points forts nécessaires à la résolution de ses problèmes. C’est d’ailleurs lui qui connaît son besoin et, par conséquent, définit son objectif. Nous l’incitons simplement à le préciser le mieux possible pour le circonscrire. Partant, il nous suffit d’encourager le changement pour qu’il se déploie et s’étende, comme une pelote que l’on tirerait une fois trouvé le bout du fil. Là se tient le rôle principal du coach : repérer et amplifier le changement.

 

Dans cette perspective, Il n’est pas indispensable d’en savoir beaucoup sur le problème pour le résoudre, car ce sont aux moments d’exception (les réussites, même limitées) que nous nous attachons pour inciter le client à les reproduire. D’autant qu’il n’y a pas une façon « juste » de voir les choses ; différents points de vue peuvent être tout aussi valables, s’adapter aux faits et produire un changement. À l’inverse de la démarche psychanalytique, il ne nous est donc pas nécessaire de rechercher la cause profonde ou la fonction d’un problème pour le résoudre.

 

La confiance dans l’atteinte du résultat

Lorsque le changement est obtenu, il s’installe rapidement chez le client qui le désirait profondément. Par surcroît, un petit déplacement entraîne souvent des modifications dans d’autres parties du système relationnel dans lequel il est établi, car les principaux enjeux sont liés entre eux.

 

Ainsi pouvons-nous obtenir résoudre rapidement le problème à traiter et la durée moyenne des traitements se situe au-dessous de dix séances. Parfois même, une seule séance suffit. À la condition, évidemment, que l’intérêt soit centré sur ce qui est réalisable et peut être changé plutôt que sur l’inaccessible.

 

La confiance est un puissant levier.

 

Par Patrick Lamarque - Publié dans : Communication
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Samedi 6 août 2011 6 06 /08 /Août /2011 17:28

1865137501 - copieC'est fréquemment que l'on constate combien la santé mentale des salariés dépend du sens que chacun d'eux donne à son travail. Une personne qui trouve un sens dans son travail est plus susceptible d’être en meilleure santé qu’une personne qui n’en trouve pas; elle est également plus encline à s’engager affectivement dans ses fonctions et donc à être plus efficace. Mais que signifie au juste ce qui pourrait n'être qu'un mot-valise appelé à enjoliver une réalité morose?

Cohérence

Le travail a un sens quand il y a cohérence entre la personne et le travail qu’elle accomplit. Elle se sent alors en harmonie avec ce qu’elle fait tous les jours. Cet effet de cohérence l'incite à considérer que son travail a un but, un dessein, de la valeur, de l’importance. Dès 1991, Baumeister a déterminé quatre besoins associés au sens que les personnes donnent à leur vie : le besoin d’avoir une raison d’être ou de vivre; celui d’avoir un certain contrôle sur son destin et sur ses projets; celui encore de se sentir en cohérence morale avec ses valeurs; enfin, le besoin d’être traité avec dignité. La satisfaction de ces besoins engendre le sentiment d’avoir une vie qui a un sens; s’ils ne sont pas satisfaits, la dépression guette.Le sens remplit trois fonctions psychologiques : il oriente les attitudes et les conduites de l’individu; il aide la personne à traverser les épreuves de la vie et à surmonter les problèmes; il permet de mettre en perspective les événements qui forgent son histoire. De même dans le travail, le sens donné à son action engendre un sentiment de sécurité psychologique et de sérénité qui aide une personne à surmonter les inévitables difficultés.

Contenu et relations

Certes, il est possible de s’adapter à une situation de travail qui nous apparaît absurde, qui manque de sens à nos yeux, mais cette adaptation se fait au détriment de quelque chose : l’ajustement des aspirations, la modification des valeurs rattachées au travail, le détournement de l’attention, l’accroissement de la valeur attribuée au salaire, la désaffection à l’égard du travail et de l’employeur, l’affaiblissement de l’estime de soi... En somme, le sens du travail (ses caractéristiques et son contenu) et le sens au travail (le contexte et les relations) sont essentiels à  la santé mentale et au bien-être psychologique, mais aussi la prévention de la maladie ou de la détresse psychologique.

Ainsi, le sens peut-il procéder des qualités intrinsèques du travail lui-même (le contenu), ou au milieu dans lequel il s’accomplit (le contexte). Par exemple, il est possible de réaliser un travail qui a un sens dans un milieu dépourvu de sens, ou d'accomplir un travail qui n’a pas de sens dans un milieu qui en a un. Mieux, on connaît des situations dans lesquelles on assure un travail qui a un sens dans un milieu qui en a un aussi !

Mais cette situation est largement dépendante de sa perception par le salarié. Si un employé perçoit positivement son travail, il lui trouvera un sens, et se sentira bien physiquement et mentalement. Il sera enclin à se présenter à l’heure à son travail, à s’engager affectivement dans ses activités, à se montrer vigilant, voire créatif, dans l’exercice de ses fonctions, à coopérer avec les autres pour atteindre les objectifs fixés et à donner le rendement attendu. En revanche, si un employé perçoit négativement son travail, fera appel à des stratégies défensives pour assurer un présentéisme dépourvu d'engagement réel et, s'il n'y parvient pas, il ressentira des symptômes de stress, voire de détresse, ainsi que des difficultés pathologiques.

Perceptions et enjeux de communication

Dans une même organisation, des personnes ayant le même type d’emploi et travaillant dans les mêmes conditions rapportent des états psychologiques différents. Certaines éprouvent de la détresse – elles représentent un pourcentage d’environ 20 % –, alors que d’autres disent qu’elles vont bien, et même qu’elles sont heureuses dans leur travail.

Comme il semble que chaque personne perçoit à sa façon le travail qu’elle réalise et les conditions dans lesquelles elle l’accomplit, certains chercheurs ont tenté de déterminer les caractéristiques individuelles qui peuvent expliquer ces différences. Parmi celles-ci, les unes semblent plus importantes que les autres. Ce sont l’âge, le niveau de scolarité, le sexe et le type de personnalité. Ainsi, les employés les moins instruits tendent à attribuer plus d’importance aux aspects extrinsèques du travail (Davidson et Caddell, 1994). constate que les travailleurs âgés se distinguent des jeunes par l’importance qu’ils accordent à la possibilité que leur offre le travail d’enseigner aux autres, de les former et de leur transmettre leur expérience (Mor-Barak,1995)  Selon d'autres auteurs, le sens et la représentation du travail évoluerait avec l'âge, passant d'enjeux identitaires à des enjeux plus matériels et de carrière chez les trentenaires avant de valoriser l'utilité du travail et la progression personnelle.

Le sens donné à son travail est donc éminemment subjectif car il s’élabore à partir de l’expérience et des caractéristiques individuelles du salarié ainsi que des émotions que lui fait vivre sa vie professionnelle. Pratt et Ashforth (2003) appellent ce processus «attribution de sens» (sensemaking).Certains pourraient croire un peu rapidement qu’il ne sert à rien de chercher à intervenir dans un champ aussi relatif. Mais, bien au contraire, puisque le sens du travail et avec lui le bien-être des salariés est largement ouvert au jeu des perceptions et des représentations, il s'analyse comme un phénomène communicationnel qu'il est possible de travailler, aussi bien et aussi profondément que l'image de l'entreprise.

Par Patrick Lamarque - Publié dans : Communication
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Mardi 9 novembre 2010 2 09 /11 /Nov /2010 05:42

spot FTL’humain est enfin de retour chez France Telecom. Dimanche soir sur TF1, le making of des nouveaux spots publicitaires d’Orange a été diffusé, dans un écran événementiel de 2 minutes 30 secondes. On y retrouve les fous rires, les ratages et les inhibitions des salariés, devenus acteurs d'un jour. Bref, de l'humain derrière une signature publicitaire.

Car cette nouvelle campagne d’image vise à remettre de l’humain dans la communication. Au même titre d’ailleurs que les principaux opérateurs qui, eux aussi, remettent désormais de l’humain dans leur communication publicitaire. Orange leur a donc emboîté le pas de ses concurrents en activant le même levier : ce sont les employés qui portent haut l'engagement de l'entreprise auprès de ses clients.

Dans cette campagne, réalisée par Publicis Conseil. Trente-six salariés d'Orange, sélectionnés sur 450 volontaires, se passent le relais dans le spot en se partageant les mots d'une même phrase qui dit tout ce que la fibre apporte dans 600.000 foyers. Ainsi est introduite la nouvelle signature de l'opérateur: «La vie change avec Orange».

À l’évidence, cette posture entre en résonance avec la vague de suicides qui a secoué France Télécom. La crédibilité, voire la sincérité de cette nouvelle prise de parole se révèle donc d'autant plus cruciale. Mais, il était important, pour tous les opérateurs et a fortiori pour l’opérateur historique, de veiller à nettoyer leur image des effets négatifs d’une crise qui a impacté largement le secteur des télécommunications mais plus largement celui des entreprises. Car on sent bien qu’aujourd’hui, le déni de risques psychosociaux est beaucoup moins systématique que par le passé.

Sans doute constaterons-nous, dans quelque temps, qu’il y aura eu un avant et un après crise chez France Telecom.

Par Patrick Lamarque - Publié dans : Communication
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Mardi 20 avril 2010 2 20 /04 /Avr /2010 21:11

vaccinL'Organisation mondiale de la Santé (OMS), accusée d'avoir dramatisé l'impact potentiel de la grippe A(H1N1), a fini par reconnaître des failles dans sa gestion de la pandémie. Keiji Fukuda, le principal spécialiste de la question au sein de l'organisation, a estimé que l'OMS n'avait pas suffisamment communiqué sur l'incertitude qui prévaut dans tous les cas de pandémie. "Beaucoup ont interprété cela comme un processus dénué de transparence", a-t-il expliqué.


Le principal reproche adressé à l'OMS est d'avoir insufflé un vent de panique sur les conséquences de cette pandémie grippale, la première depuis 40 ans, qui s'est révélée beaucoup moins meurtrière que l'on pouvait le craindre. Face aux recommandations de l'agence onusienne, les Etats ont accumulé des doses de vaccins qui n'ont finalement été d'aucune utilité. D'aucuns se sont interrogés sur les liens de l'OMS avec l'industrie pharmaceutique, des laboratoires comme GlaxoSmithKline ou Sanofi-Aventis ayant engrangé de confortables bénéfices grâce aux vaccins.


La souche de grippe A(H1N1) est apparue au Mexique et aux Etats-Unis il y a un an exactement. Elle a provoqué la mort de 17.770 personnes dans 213 pays, selon l'OMS, qui a déclaré l'état de pandémie mondiale en juin 2009. La plupart des victimes étaient jeunes, d'un âge moyen de 37 ans, contre 75 ans pour la grippe saisonnière. La pandémie est toujours officiellement en cours.


Peurs et web 2.0


L'échelle d'alerte à la pandémie de l'OMS, qui compte six degrés, aurait entretenu une certaine confusion. Celle-ci prend en compte la progression géographique d'un virus, mais pas son degré de gravité.


L'OMS a bien tenté de mesurer la gravité de la nouvelle souche en comparant les taux de mortalité, mais cela s'est révélé difficile car la fiabilité des informations varie en fonction des pays, certains d'entre eux ne disposant même pas de registres des naissances et des décès.


Keiji Fukuda a noté qu'un autre virus grippal, celui de la grippe aviaire H5N1, beaucoup plus mortel - 60% des personnes infectées en sont mortes depuis 2003 - avait contribué à augmenter la peur d'une prochaine grande pandémie. Il a également jugé difficile de répondre à la demande des opinions publiques au fur et à mesure de l'expansion du virus, et remarqué que les blogs, Twitter et autres nouveaux médias avaient alimenté rumeurs et critiques. "Toutes les populations du monde attendaient des informations immédiates", a-t-il dit. "D'une certaine manière, il n'y a aucun droit à l'erreur."

Il y a eu "des informations, des rumeurs, beaucoup de spéculations et des critiques dans de nombreux supports" médiatiques, a rappelé le conseiller spécial pour les grippes de l'OMS, Keiji Fukuda, en revenant sur les difficultés rencontrées par l'organisation dans sa communication sur la pandémie.


Les experts ont donc décidé de se pencher plus en détail sur la question de la communication, à propos de laquelle le Dr Fukuda a reconnu qu'il y avait eu de la "confusion", notamment en ce qui concerne la terminologie utilisée à propos du virus et de la pandémie.


Un ancien responsable des maladies contagieuses de l'OMS, David Heymann, a lui aussi estimé qu'il y a désormais "un nouveau facteur" à prendre en compte dans la communication sur les grandes crises sanitaires.
"Il est très difficile de corriger les idées erronées" une fois qu'elles circulent sur internet et dans les réseaux sociaux, a-t-il expliqué.

Campagnes anti-vaccin

 

"Les campagnes anti-vaccination ont compliqué la tâche des services de santé publique", a aussi fait valoir le dr Fukuda, alors que les vaccins ont cristallisé nombre de critiques contre la gestion de l'OMS. Des cas d'allergies graves au vaccin, et des décès suspects chez des personnes venant d'être vaccinées, ont été amplement commentés et relayés, renforçant la réticence des populations à se faire vacciner.


Nombre de pays se sont alors retrouvés avec des millions de vaccins inutilisés promis à la destruction, déclenchant une polémique sur l'exagération de la menace par l'OMS sous pression des laboratoires pharmaceutiques, alors même que le virus se révélait moins meurtrier qu'initialement craint.

Par Patrick Lamarque - Publié dans : Communication
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Le fil d'Ariane

L'animation ci-dessous présente ma pratique du coaching individuel et d'équipe à destination des dirigeants. En cliquant sur l'image en bas à droite (petite croix) vous pourrez l'ouvrir en mode plein écran et, ainsi, la lire plus confortablement.

 


Digest

 

Patrick Lamarque est conseil de dirigeants en stratégie, gestion des crises et management du changement. Il est également coach pour dirigeant privés et publics et expert en prévention des risques psychosociaux. Il opère en France et à l’étranger.


Ancien élève à l'Ecole Nationale d’Administration, Patrick Lamarque, dans les années 80, a créé la mission communication interne et maîtrise du climat social à la Ville de Paris, coordonné la communication gouvernementale auprès du Premier ministre et conseillé pour sa communication le ministre de la Défense. Dans les années 90, il dirige la communication de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Bordeaux, puis celle de la Ville et de la Communauté Urbaine de Lyon. Il est ensuite appelé comme Conseiller auprès du Secrétaire d'État à la Défense, puis auprès de la Secrétaire d’Etat aux Personnes handicapées avant d’être chargé de la concertation et de l’accompagnement social à la Délégation Générale pour l’Armement.


Introducteur des études qualitatives dans l’analyse politique il a développé ces méthodes pour structurer une démarche globale de maîtrise du climat interne de l’entreprise. Il a développé une approche novatrice d’entretiens de confrontation pour la résolution de conflits.


À partir de son expérience dans la gestion de la communication de la Défense durant la première guerre du Golfe, il a créé une méthodologie de maîtrise des crises qui a fait ses preuves dans de multiples situations difficiles, lors de crises de changement, de situations d’urgence psychosociale ou de plans de sauvegarde de l’emploi.


Il a enseigné à l’ENA, au CELSA, à l’EFAP, dans plusieurs universités françaises ainsi qu’à l’École Supérieur du Commerce et des Affaires de Casablanca et à l’Université de Buenos-Aires. Il est l'auteur d’une vingtaine d’ouvrages.

 

 

 

Le jardin haïku

 

Quelques beaux poêmes

 

Dans une vieille mare,

une grenouille saute,

le bruit de l'eau.

Bashö (1644-1694)

 

 

Porté par l'obscurité.

Je croise une grande ombre

dans une paire d'yeux.

Tomas Transtromer (Prix Nobel 2011), traduit par Jacques Outin


 

Sur la plage

je regarde en arrière

pas la moindre trace de pas.

Hosai  (1885-1926)

 

 

J'étais là moi aussi -

et sur un mur blanchi à la chaux

se rassemblent les mouches.

Tomas Transtromer (Prix Nobel 2011), traduit par Jacques Outin

 

 

Il n'y a rien

dans mes poches -

rien que mes mains.

Kenshin (1961-1987)

 

 

Un papillon blanc sort
D'entre les rayures d'un zèbre.

Sei Imai

 

 

Plus que de l'aveugle
Du muet fait le malheur

La vue de la lune.

Kyoraï

 

 

Au coucou

Elle ne répond rien

La girouette en fer.

Seiho Awano

 

 

Le printemps passe.

Les oiseaux crient

Les yeux des poissons portent des larmes.

Bashö (1644-1694)

 

 

Plutôt  que les fleurs de cerisier

Les petits pâtés !

Retour des oies sauvages.

Matsunaga Teitoku (1571-1654)


 

Quelques essais personnels

 

Le bolet doré

au couteau de l'automne

craque mollement.

P.L.

 

 

La nuit est posée

l’hiver gagne la ville –

Frisson de moineau. 

P.L.


 

Un mille-pattes trébuche

-bruit de catastrophe-

entre quelques brins d'herbe.

P.L.


 

Cul grisâtre 

d'une bouteille lancée

dans la mer étroite -

bonjour Trieste.

P.L.

 

 

Goutte à goutte

- loupes hallucinées -

le toit s'égoutte.

P.L.

 

 

Au profond de la nuit

rentrent les meurtriers

le devoir accompli.

P.L.

 

 

Tendu comme un arc,

l'hiver scarifie

d'une autre ride le visage.

P.L.

 

 

Dans la nuit luisante

résonnent des pas

- un chien lève la patte -

P.L.

 

 

Inconsciente,

la rue se rue

vers sa fin.

P.L.

 

 

Au bal de la nuit

aux phalènes,

le pied glisse

sur les cadavres joyeux.

P.L.

 

 

La brume

nappe le relief

du jardin myope.

PL

 

 

Le rictus du caïman

remonte à l'oeil qui pétille.

Sa proie lui sourit.

PL

 

 

Le lacet défait

flâne près du soulier -

Le nez au vent.

PL

 

 

Elle a renversé son sac

à la recherche de ses clés -

Sourire amusé.

PL

 

 

Elle s'est jetée dans l'étang -

La lune abîmée

de désespoir.

PL

 

 

Où va la nuit dans le noir

quand je me retiens

de bouger et de vouloir?

PL

 

 

Le temps de la cigale

stridule sans fin,

puis tombe la nuit.

PL

 

 

Les bras écartés

il surgit de la neige

l'épouvantail brun.

PL

Le coin des livres


Réalité

Ch. André Psycho de la peur

Bruno


Precht


Billeter

Rencontres

Ch André


Savoir attendre

Gilligan

EKR

Cyrulnik-Morin


Dejours light
Cyrulnik light
Talaouit
41yAu4IM-BL. SL500 AA300
MFH

Daewoo

 


La citation de la semaine

La routine, cette préface des révolutions !  Emile de Girardin - Les Cinquante-deux


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