Communication

Samedi 11 février 2012 6 11 /02 /Fév /2012 17:36

2isar-coaching personnelLa démarche du coach, orientée vers les solutions, emprunte beaucoup aux thérapies brèves développées par Milton Erickson (1901-1980), mêms s'il n'est pas, à proprement parler, une thérapie. Le coaching orienté vers les solutions vise à prendre appui sur les compétences, les ressources et les points forts du sujet, plutôt que de s’interroger sur ses échecs et ses limites. Erickson développe une vision positive du travail avec le client qui « repose sur l’hypothèse que la personnalité a une forte tendance naturelle à se modifier si on lui en donne l’occasion ». Ces pratiques se sont développées à partir de 1966 autour de l’Institut de Recherche Mentale (MRI) et de ses animateurs, Watzlawick, Fisch et Weakland, avant d’être compétées par le Centre de Thérapie Familiale Brève (BFTC) à Milwaukee. Elles reposent sur certaines hypothèses et convictions fondatrices.

 

Le client dispose de toutes les ressources nécessaires

Pour nous, il est certain que le client dispose des ressources et des points forts nécessaires à la résolution de ses problèmes. C’est d’ailleurs lui qui connaît son besoin et, par conséquent, définit son objectif. Nous l’incitons simplement à le préciser le mieux possible pour le circonscrire. Partant, il nous suffit d’encourager le changement pour qu’il se déploie et s’étende, comme une pelote que l’on tirerait une fois trouvé le bout du fil. Là se tient le rôle principal du coach : repérer et amplifier le changement.

 

Dans cette perspective, Il n’est pas indispensable d’en savoir beaucoup sur le problème pour le résoudre, car ce sont aux moments d’exception (les réussites, même limitées) que nous nous attachons pour inciter le client à les reproduire. D’autant qu’il n’y a pas une façon « juste » de voir les choses ; différents points de vue peuvent être tout aussi valables, s’adapter aux faits et produire un changement. À l’inverse de la démarche psychanalytique, il ne nous est donc pas nécessaire de rechercher la cause profonde ou la fonction d’un problème pour le résoudre.

 

La confiance dans l’atteinte du résultat

Lorsque le changement est obtenu, il s’installe rapidement chez le client qui le désirait profondément. Par surcroît, un petit déplacement entraîne souvent des modifications dans d’autres parties du système relationnel dans lequel il est établi, car les principaux enjeux sont liés entre eux.

 

Ainsi pouvons-nous obtenir résoudre rapidement le problème à traiter et la durée moyenne des traitements se situe au-dessous de dix séances. Parfois même, une seule séance suffit. À la condition, évidemment, que l’intérêt soit centré sur ce qui est réalisable et peut être changé plutôt que sur l’inaccessible.

 

La confiance est un puissant levier.

 

Par Patrick Lamarque - Publié dans : Communication
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Samedi 6 août 2011 6 06 /08 /Août /2011 17:28

1865137501 - copieC'est fréquemment que l'on constate combien la santé mentale des salariés dépend du sens que chacun d'eux donne à son travail. Une personne qui trouve un sens dans son travail est plus susceptible d’être en meilleure santé qu’une personne qui n’en trouve pas; elle est également plus encline à s’engager affectivement dans ses fonctions et donc à être plus efficace. Mais que signifie au juste ce qui pourrait n'être qu'un mot-valise appelé à enjoliver une réalité morose?

Cohérence

Le travail a un sens quand il y a cohérence entre la personne et le travail qu’elle accomplit. Elle se sent alors en harmonie avec ce qu’elle fait tous les jours. Cet effet de cohérence l'incite à considérer que son travail a un but, un dessein, de la valeur, de l’importance. Dès 1991, Baumeister a déterminé quatre besoins associés au sens que les personnes donnent à leur vie : le besoin d’avoir une raison d’être ou de vivre; celui d’avoir un certain contrôle sur son destin et sur ses projets; celui encore de se sentir en cohérence morale avec ses valeurs; enfin, le besoin d’être traité avec dignité. La satisfaction de ces besoins engendre le sentiment d’avoir une vie qui a un sens; s’ils ne sont pas satisfaits, la dépression guette.Le sens remplit trois fonctions psychologiques : il oriente les attitudes et les conduites de l’individu; il aide la personne à traverser les épreuves de la vie et à surmonter les problèmes; il permet de mettre en perspective les événements qui forgent son histoire. De même dans le travail, le sens donné à son action engendre un sentiment de sécurité psychologique et de sérénité qui aide une personne à surmonter les inévitables difficultés.

Contenu et relations

Certes, il est possible de s’adapter à une situation de travail qui nous apparaît absurde, qui manque de sens à nos yeux, mais cette adaptation se fait au détriment de quelque chose : l’ajustement des aspirations, la modification des valeurs rattachées au travail, le détournement de l’attention, l’accroissement de la valeur attribuée au salaire, la désaffection à l’égard du travail et de l’employeur, l’affaiblissement de l’estime de soi... En somme, le sens du travail (ses caractéristiques et son contenu) et le sens au travail (le contexte et les relations) sont essentiels à  la santé mentale et au bien-être psychologique, mais aussi la prévention de la maladie ou de la détresse psychologique.

Ainsi, le sens peut-il procéder des qualités intrinsèques du travail lui-même (le contenu), ou au milieu dans lequel il s’accomplit (le contexte). Par exemple, il est possible de réaliser un travail qui a un sens dans un milieu dépourvu de sens, ou d'accomplir un travail qui n’a pas de sens dans un milieu qui en a un. Mieux, on connaît des situations dans lesquelles on assure un travail qui a un sens dans un milieu qui en a un aussi !

Mais cette situation est largement dépendante de sa perception par le salarié. Si un employé perçoit positivement son travail, il lui trouvera un sens, et se sentira bien physiquement et mentalement. Il sera enclin à se présenter à l’heure à son travail, à s’engager affectivement dans ses activités, à se montrer vigilant, voire créatif, dans l’exercice de ses fonctions, à coopérer avec les autres pour atteindre les objectifs fixés et à donner le rendement attendu. En revanche, si un employé perçoit négativement son travail, fera appel à des stratégies défensives pour assurer un présentéisme dépourvu d'engagement réel et, s'il n'y parvient pas, il ressentira des symptômes de stress, voire de détresse, ainsi que des difficultés pathologiques.

Perceptions et enjeux de communication

Dans une même organisation, des personnes ayant le même type d’emploi et travaillant dans les mêmes conditions rapportent des états psychologiques différents. Certaines éprouvent de la détresse – elles représentent un pourcentage d’environ 20 % –, alors que d’autres disent qu’elles vont bien, et même qu’elles sont heureuses dans leur travail.

Comme il semble que chaque personne perçoit à sa façon le travail qu’elle réalise et les conditions dans lesquelles elle l’accomplit, certains chercheurs ont tenté de déterminer les caractéristiques individuelles qui peuvent expliquer ces différences. Parmi celles-ci, les unes semblent plus importantes que les autres. Ce sont l’âge, le niveau de scolarité, le sexe et le type de personnalité. Ainsi, les employés les moins instruits tendent à attribuer plus d’importance aux aspects extrinsèques du travail (Davidson et Caddell, 1994). constate que les travailleurs âgés se distinguent des jeunes par l’importance qu’ils accordent à la possibilité que leur offre le travail d’enseigner aux autres, de les former et de leur transmettre leur expérience (Mor-Barak,1995)  Selon d'autres auteurs, le sens et la représentation du travail évoluerait avec l'âge, passant d'enjeux identitaires à des enjeux plus matériels et de carrière chez les trentenaires avant de valoriser l'utilité du travail et la progression personnelle.

Le sens donné à son travail est donc éminemment subjectif car il s’élabore à partir de l’expérience et des caractéristiques individuelles du salarié ainsi que des émotions que lui fait vivre sa vie professionnelle. Pratt et Ashforth (2003) appellent ce processus «attribution de sens» (sensemaking).Certains pourraient croire un peu rapidement qu’il ne sert à rien de chercher à intervenir dans un champ aussi relatif. Mais, bien au contraire, puisque le sens du travail et avec lui le bien-être des salariés est largement ouvert au jeu des perceptions et des représentations, il s'analyse comme un phénomène communicationnel qu'il est possible de travailler, aussi bien et aussi profondément que l'image de l'entreprise.

Par Patrick Lamarque - Publié dans : Communication
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Mardi 9 novembre 2010 2 09 /11 /Nov /2010 05:42

spot FTL’humain est enfin de retour chez France Telecom. Dimanche soir sur TF1, le making of des nouveaux spots publicitaires d’Orange a été diffusé, dans un écran événementiel de 2 minutes 30 secondes. On y retrouve les fous rires, les ratages et les inhibitions des salariés, devenus acteurs d'un jour. Bref, de l'humain derrière une signature publicitaire.

Car cette nouvelle campagne d’image vise à remettre de l’humain dans la communication. Au même titre d’ailleurs que les principaux opérateurs qui, eux aussi, remettent désormais de l’humain dans leur communication publicitaire. Orange leur a donc emboîté le pas de ses concurrents en activant le même levier : ce sont les employés qui portent haut l'engagement de l'entreprise auprès de ses clients.

Dans cette campagne, réalisée par Publicis Conseil. Trente-six salariés d'Orange, sélectionnés sur 450 volontaires, se passent le relais dans le spot en se partageant les mots d'une même phrase qui dit tout ce que la fibre apporte dans 600.000 foyers. Ainsi est introduite la nouvelle signature de l'opérateur: «La vie change avec Orange».

À l’évidence, cette posture entre en résonance avec la vague de suicides qui a secoué France Télécom. La crédibilité, voire la sincérité de cette nouvelle prise de parole se révèle donc d'autant plus cruciale. Mais, il était important, pour tous les opérateurs et a fortiori pour l’opérateur historique, de veiller à nettoyer leur image des effets négatifs d’une crise qui a impacté largement le secteur des télécommunications mais plus largement celui des entreprises. Car on sent bien qu’aujourd’hui, le déni de risques psychosociaux est beaucoup moins systématique que par le passé.

Sans doute constaterons-nous, dans quelque temps, qu’il y aura eu un avant et un après crise chez France Telecom.

Par Patrick Lamarque - Publié dans : Communication
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Mardi 20 avril 2010 2 20 /04 /Avr /2010 21:11

vaccinL'Organisation mondiale de la Santé (OMS), accusée d'avoir dramatisé l'impact potentiel de la grippe A(H1N1), a fini par reconnaître des failles dans sa gestion de la pandémie. Keiji Fukuda, le principal spécialiste de la question au sein de l'organisation, a estimé que l'OMS n'avait pas suffisamment communiqué sur l'incertitude qui prévaut dans tous les cas de pandémie. "Beaucoup ont interprété cela comme un processus dénué de transparence", a-t-il expliqué.


Le principal reproche adressé à l'OMS est d'avoir insufflé un vent de panique sur les conséquences de cette pandémie grippale, la première depuis 40 ans, qui s'est révélée beaucoup moins meurtrière que l'on pouvait le craindre. Face aux recommandations de l'agence onusienne, les Etats ont accumulé des doses de vaccins qui n'ont finalement été d'aucune utilité. D'aucuns se sont interrogés sur les liens de l'OMS avec l'industrie pharmaceutique, des laboratoires comme GlaxoSmithKline ou Sanofi-Aventis ayant engrangé de confortables bénéfices grâce aux vaccins.


La souche de grippe A(H1N1) est apparue au Mexique et aux Etats-Unis il y a un an exactement. Elle a provoqué la mort de 17.770 personnes dans 213 pays, selon l'OMS, qui a déclaré l'état de pandémie mondiale en juin 2009. La plupart des victimes étaient jeunes, d'un âge moyen de 37 ans, contre 75 ans pour la grippe saisonnière. La pandémie est toujours officiellement en cours.


Peurs et web 2.0


L'échelle d'alerte à la pandémie de l'OMS, qui compte six degrés, aurait entretenu une certaine confusion. Celle-ci prend en compte la progression géographique d'un virus, mais pas son degré de gravité.


L'OMS a bien tenté de mesurer la gravité de la nouvelle souche en comparant les taux de mortalité, mais cela s'est révélé difficile car la fiabilité des informations varie en fonction des pays, certains d'entre eux ne disposant même pas de registres des naissances et des décès.


Keiji Fukuda a noté qu'un autre virus grippal, celui de la grippe aviaire H5N1, beaucoup plus mortel - 60% des personnes infectées en sont mortes depuis 2003 - avait contribué à augmenter la peur d'une prochaine grande pandémie. Il a également jugé difficile de répondre à la demande des opinions publiques au fur et à mesure de l'expansion du virus, et remarqué que les blogs, Twitter et autres nouveaux médias avaient alimenté rumeurs et critiques. "Toutes les populations du monde attendaient des informations immédiates", a-t-il dit. "D'une certaine manière, il n'y a aucun droit à l'erreur."

Il y a eu "des informations, des rumeurs, beaucoup de spéculations et des critiques dans de nombreux supports" médiatiques, a rappelé le conseiller spécial pour les grippes de l'OMS, Keiji Fukuda, en revenant sur les difficultés rencontrées par l'organisation dans sa communication sur la pandémie.


Les experts ont donc décidé de se pencher plus en détail sur la question de la communication, à propos de laquelle le Dr Fukuda a reconnu qu'il y avait eu de la "confusion", notamment en ce qui concerne la terminologie utilisée à propos du virus et de la pandémie.


Un ancien responsable des maladies contagieuses de l'OMS, David Heymann, a lui aussi estimé qu'il y a désormais "un nouveau facteur" à prendre en compte dans la communication sur les grandes crises sanitaires.
"Il est très difficile de corriger les idées erronées" une fois qu'elles circulent sur internet et dans les réseaux sociaux, a-t-il expliqué.

Campagnes anti-vaccin

 

"Les campagnes anti-vaccination ont compliqué la tâche des services de santé publique", a aussi fait valoir le dr Fukuda, alors que les vaccins ont cristallisé nombre de critiques contre la gestion de l'OMS. Des cas d'allergies graves au vaccin, et des décès suspects chez des personnes venant d'être vaccinées, ont été amplement commentés et relayés, renforçant la réticence des populations à se faire vacciner.


Nombre de pays se sont alors retrouvés avec des millions de vaccins inutilisés promis à la destruction, déclenchant une polémique sur l'exagération de la menace par l'OMS sous pression des laboratoires pharmaceutiques, alors même que le virus se révélait moins meurtrier qu'initialement craint.

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Mardi 20 avril 2010 2 20 /04 /Avr /2010 07:45

PulitzerL'un des très prestigieux prix Pulitzer a été décerné lundi pour la première fois à un site d'information sur internet, ProPublica, pour un article sur un centre médical de La Nouvelle-Orléans après le passage de l'ouragan Katrina en 2005. L'article de Sheri Fink récompensé a été rédigé en collaboration avec le New York Times Magazine.

 

Par ailleurs, le site internet www.sfgate.com du San Francisco Chronicle remporte pour sa part le prix dans la catégorie "dessins de presse". Là aussi c'est une première.


Au total, c'est le Washington Post qui récolte la meilleure moisson, avec quatre citations.

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Samedi 3 avril 2010 6 03 /04 /Avr /2010 08:06

Steve Jobs, patron de la firme, présente son nouveau prodEncore une fois, Steve Jobs a démontré, non seulement son talent, mais encore sa science de la présentation convaincante lors du lancement de l'ipad, le 27 janvier.


Bien sûr, l'appareil est malin, son prix attractif et il fera un tabac. Mais regardez surtout comment il travail son message autour d'une même idée sur laquelle il revient, son déplacement dans l'espace. Voyez comment la répartition des rôles est bien assurée entre les intervenants. Et surtout, à l'usage de ceux qui nous abreuvent de présentation power point illisibles, observez comment l'image sert d'appui au discours comme autant de slogans... Magistral !

 

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Mercredi 27 janvier 2010 3 27 /01 /Jan /2010 23:41

RéseauxL’année 2009 a été marquée par une amplification de la notoriété des réseaux en ligne et le top three des réseaux sociaux progresse encore, d’après l’enquête  réalisé en novembre dernier par l’IFOP.

… Le podium est….

1er Facebook avec une notoriété de 97% en progression de 4 points

2ème Copains d’avant, avec 93% en augmentation de 4 points

3ème Myspace, 83% et une amélioration de 5 points.

Derrière Twitter est à 63%, alors qu’il n’atteignait que 4% de notoriété un an plus tôt, à l’automne 2008. Mais, malgré sa progression en notoriété, il peine à décoller en termes de membres.


En nombres de membres, c’est Copains d’avant (49% des internautes tricolores) qui réunit le plus de Français devant Windows Live et Facebook.

Au total, 77% des internautes déclarent être membres d’un réseau social. 25% appartiennent à un seul réseau, tandis que la moyenne s’établit à 1,9.

Devant cette progression continue du Web 2.0, il est devenu impossible de booster une notoriété ou de gérer une crise. Or, nombre de nos décideurs, s'ils en ont entendu parler n'ont pas les idées claires sur l'usage à en faire. Voilà qui nous laisse du pain sur la planche.

Diapositive 1
Par Patrick Lamarque - Publié dans : Communication
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Samedi 2 janvier 2010 6 02 /01 /Jan /2010 22:29
images Pour la presse, l'année 2009 a été particulièrement difficile à traverser : chute des recettes publicitaires, recul des ventes de la presse écrite ( - 7% de diffusion moyenne pour les quotidiens nationaux), érosion de l'audience des principales chaînes télévisées, succession de plans économiques dans les quotidiens (Le Parisien, La Tribune, Les Échos). Aux États-Unis, la tonalité fut identique : en 1970, presque tous les américains achetaient un quotidien, en 2000, ils n'étaient qu'un sur deux et l'an passé un sur trois; du même coup, 28 000 postes de journalistes y étaient supprimés en 2009.

Chez nous, l'État a réalisé des efforts en débloquant 70 millions d'euros sur trois ans pour l'aide au portage, 20 millions pour le service de la presse en ligne et en maintenant le moratoire sur la hausse des tarifs postaux applicables à la presse. Mais, le marché de l'information subit de profonds changements.

Désormais, l'idée du journaliste plurimédias est  une réalité. Le 16 décembre dernier, la direction et les journalistes des Échos signaient ainsi un accord sur la fusion des rédactions papier et web. À grande vitesse, les frontières entre l'écrit, le son, l'image et l'électronique s'effacent pour faire place à un journalisme globalisé. Lequel doit s'adapter au web 2.0 puisque les professionnels doivent aller chercher maintemant les consommateurs d'information sur les réseaux sociaux, Twitter et Facebook.

Dans le même temps, le public évolue dans ses attentes. Il cherche moins à consommer de grands événements que d'assister à la narration du monde qui l'entoure. Le sommet de Copenhague a ainsi fait un flop médiatique dès qu'il est apparu que rien de fondamental ne s'y passerait, alors qu'en juin, le film "Home" était un succès. La langue policée des politiques qui gomme les aspérités du réel, cette "langue de coton" qui nous enveloppe aujourd'hui, est délaissée au profit de la montée des humoristes, qui sont les véritables chroniqueurs actuels.

Il va donc falloir que la presse se réforme
très vite, afin qu'elle continue à exercer ce rôle d'éclaireur de la démocratie qui est finalement le sien.
Par Patrick Lamarque - Publié dans : Communication
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Samedi 26 décembre 2009 6 26 /12 /Déc /2009 09:01
effets-d-optique-suisse-1229761415-1089886 Sur l'Internet, Eurostar a essuyé une véritable tempête à l'occasion de la rupture du trafic du 18 au 21 décembre. Les passagers furieux, bloqués sous le tunnel n'avaient plus que leur pouce pour pleurer sur leur écran de mobile. Et leurs familles aussi dans les gares censées les accueillir.

Des milliers de messages ont été postés sur les réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter pour critiquer Eurostar. Exemple : "Pouvez-vous me faire parvenir le nom et l'adresse de votre cabinet d'avocats ?" ; "Je ferai de mon mieux pour qu'Eurostar souffre tellement de cette situation qu'elle soit conduite à la faillite." La déferlante  a pris Eurostar de court. C'est ce qu'a reconnu l'agence de communication We Are Social, appelée en catastrophe samedi 19 décembre. Jusqu'alors, elle n'avait mené que des opérations de marketing sur les réseaux sociaux. Aussitôt, des salariés de l'agence se sont attelés au travail avec les équipes de communication d'Eurostar à la gare de Saint-Pancras, à Londres, pour tenter de répondre aux interrogations et critiques des internautes clients.

Ce cas est révélateur de l'impréparation des entreprises à faire face à un ouragan numérique. Avant Eurostar, d'autres entreprises ont dû réagir promptement pour tenter de sauver leur e-reputation. Récemment, les sponsors de Tiger Woods - Accenture, Gillette, AT & T ou Pepsi - ont pris leurs distances avec le golfeur à la suite des attaques que l'icône subissait via la Toile. Auparavant, la Société générale avait créé un poste de "responsable de protection de la marque" au  service communication après avoir subi deux "attaques" sur le Net : pendant l'affaire Jérôme Kerviel puis quand des vidéos amateurs ridiculisant la banque sur la musique du feuilleton Dallas ont circulé des milliers de fois sur YouTube. Et toutes les entreprises, de la multinationale à la PME, redoutent de subir un jour une "blague" comme celle qui a atteint la chaîne Domino's Pizza aux Etats-Unis : en avril deux salariés ont posté sur YouTube des images d'eux-mêmes en train d'éternuer violemment sur une pizza ou de fourrer un doigt dans une autre avant de l'emballer et de la donner à un client.

Plus les produits d'une entreprise sont proches du grand public, plus sa réflexion sur le bon usage des réseaux sociaux est aiguisée. A chaque incident sur son réseau, la SNCF sait bien qu'elle risque d'être emportée par la houle Internet. Elle a donc gréé sa propre plate-forme Internet "Opinions et débats" pour que les discussions s'organisent autour d'elle. 16 000 personnes sont inscrites et 2 500 à 4 000 interventions sont répertoriées chaque jour.

La même SNCF, à partir de sa veille Internet, accepte le jeu avec le public en sachant rebondir sur la réaction d'un usager ayant pignon sur blog. Même la dérision est prise au sérieux : il a suffi qu'un groupe de fans de 160 000 personnes sur Facebook propose de mettre la voix d'Homer Simpson dans toutes les gares de la SNCF pour que l'entreprise prenne la proposition au mot. Et le 1er avril, on a diffusé les annonces dans les gares avec la voix d'Homer Simpson, avec en sus un film réalisé par la direction de la communication et diffusé sur YouTube.

Il est clair que l'horizon de la communication de crise s'élargit considérablement avec le web 2.0.


Par Patrick Lamarque - Publié dans : Communication
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Mardi 20 octobre 2009 2 20 /10 /Oct /2009 20:57

Alors que les couloirs de France Télécom bruissent de pronostics sur l'intérêt d'un départ anticipé ou non de Didier Lombard, l'enquête sur la souffrance au travail vient d'être lancée. Vous trouverez ci-dessous le document dans sa version intégrale. Il est bien fait et peut servir de canevas dans bien des situations.

À ceci près qu'il ne faut pas se tromper sur sa fonction et son intérêt. Car, comme toute enquête publique en entreprise, il représente un excellent outil de communication appelé à montrer que la direction se préoccupe des personnes. Accompagnée par l'annonce, aujourd'hui, du gel des mutations jusqu'à la fin de l'année et par les visites de terrain de Stéphane Richard, sa fonction principale consiste à témoigner de la volonté d'un nouveau cours social dans l'entreprise.

En revanche, il y aurait eu beaucoup plus efficace et opérationnel pour connaître en profondeur la situation : conduire une enquête qualitative en interne, soit en face à face, soit sous forme de focus groups.... Mais, il faut bien reconnaître que, plus qu'une connaissance détaillée des préoccupations et des analyses au travail dans l'esprit des personnels, c'est bien un coup de comm qui était nécessaire pour commencer !

Alors sondage ou pas sondage ? Oui au sondage si la crise est explosive. Non, si on l'anticipe en traitant à froid les risques psychosociaux.



questionnaire-france-telecom.pdf questionnaire-france-telecom.pdf


courriel-france-telecom.pdf courriel-france-telecom.pdf
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Le fil d'Ariane

 

  Tapies : la grande figure renversée

 

TAPIES Ocre, marron et blanc aux quatre 1972Lundi 6 février disparaissait, à l'âge de 88 ans, Antoni Tapies. Ce n'est pas simplement une part de l'âme catalane qui s'efface avec lui, mais une des plus grandes figures de la peinture européenne de la seconde moitié du XXème siècle. Celui qui, dans le monde de la peinture informelle, plus qu'abstraite, faisait le pendant à l'anglais Francis Bacon (mort d'ailleurs à Madrid en 1992) dans un ordre plus figuratif.

Tapies a toujours été viscéralement attaché à sa ville, celle de son aîné Miro, qu'il admirait et dont il a retenu la leçon, alors qu'il accompagnait le dadaïsme. Mais, sa grande période fut celle des années 60 à 2000, au cours desquelles il développa un langage singulier avec un vocabulaire récurrent ses traces de mains ou d'objets bruts arrachés à la ville.

Surtout, Tapies fut un humaniste, à travers son engagement contre le franquisme qui le jeta en prison en 1966, son goût aussi de l'écrit (il était fils d'éditeur, ami des poêtes, grand lecteur) et ses matières terreuses aux couleurs sourdes. Sa peinture traduisait la société en marche, fière et douloureuse, riche de son humilité aussi, quand celle de Bacon fouaillait l'introspection.

Je dois le dire simplement, Tapies va me manquer, moi qui ai été, depuis longtemps, accompagné par ses oeuvres. Cette semaine, les drapeaux de l'art et de la délectation sont en berne. Heureusement qu'en catalan "adieu" se dit "comiat", mot dans lequel je veux lire un appel à se rapprocher.

 

 

Digest

 

Patrick Lamarque est conseil de dirigeants en matière de stratégie, de gestion des crises et de management du changement. Il est également coach pour dirigeant privés et publics. Il opère en France et à l’étranger.


Ancien élève à l'Ecole Nationale d’Administration, Patrick Lamarque, dans les années 80, a créé la mission communication interne et maîtrise du climat social à la Ville de Paris, coordonné la communication gouvernementale auprès du Premier ministre et conseillé pour sa communication le ministre de la Défense. Dans les années 90, il dirige la communication de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Bordeaux, puis celle de la Ville et de la Communauté Urbaine de Lyon. Il est ensuite appelé comme Conseiller auprès du Secrétaire d'État à la Défense, puis auprès de la Secrétaire d’Etat aux Personnes handicapées avant d’être chargé de la concertation et de l’accompagnement social à la Délégation Générale pour l’Armement.


Introducteur des études qualitatives dans l’analyse politique il a développé ces méthodes pour structurer une démarche globale de maîtrise du climat interne de l’entreprise. Il a développé une approche novatrice d’entretiens de confrontation pour la résolution de conflits.


À partir de son expérience dans la gestion de la communication de la Défense durant la première guerre du Golfe, il a créé une méthodologie de maîtrise des crises qui a fait ses preuves dans de multiples situations difficiles, lors de crises de changement, de situations d’urgence psychosociale ou de plans de sauvegarde de l’emploi.


Il enseigne à l’ENA, au CELSA, à l’EFAP, dans plusieurs universités françaises ainsi qu’à l’École Supérieur du Commerce et des Affaires de Casablanca et à l’Université de Buenos-Aires. Chroniqueur radio, il est auteur d’une vingtaine d’ouvrages.

 

 

 

Le jardin haïku

 

Quelques beaux poêmes

 

Dans une vieille mare,

une grenouille saute,

le bruit de l'eau.

Bashö (1644-1694)

 

 

Porté par l'obscurité.

Je croise une grande ombre

dans une paire d'yeux.

Tomas Transtromer (Prix Nobel 2011), traduit par Jacques Outin


 

Sur la plage

je regarde en arrière

pas la moindre trace de pas.

Hosai  (1885-1926)

 

 

J'étais là moi aussi -

et sur un mur blanchi à la chaux

se rassemblent les mouches.

Tomas Transtromer (Prix Nobel 2011), traduit par Jacques Outin

 

 

Il n'y a rien

dans mes poches -

rien que mes mains.

Kenshin (1961-1987)

 

 

Un papillon blanc sort
D'entre les rayures d'un zèbre.

Sei Imai

 

 

Plus que de l'aveugle
Du muet fait le malheur

La vue de la lune.

Kyoraï

 

 

Au coucou

Elle ne répond rien

La girouette en fer.

Seiho Awano


 

Quelques essais personnels

 

Le bolet doré

au couteau de l'automne

craque mollement.

P.L.

 

 

La nuit est posée

l’hiver gagne la ville –

Frisson de moineau. 

P.L.


 

Un mille-pattes trébuche

-bruit de catastrophe-

entre quelques brins d'herbe.

P.L.


 

Cul grisâtre 

d'une bouteille lancée

dans la mer étroite -

bonjour Trieste.

P.L.

 

 

Goutte à goutte

- loupes hallucinées -

le toit s'égoutte.

P.L.

 

 

Au profond de la nuit

rentrent les meurtriers

le devoir accompli.

P.L.

 

 

Tendu comme un arc,

l'hiver scarifie

d'une autre ride le visage.

P.L.

 

 

Dans la nuit luisante

résonnent des pas

- un chien lève la patte -

P.L.

La citation de la semaine

 

Nulle action n'est assurée d'oeuvrer dans le sens de son intention. Edgar Morin 

 

Patrick Lamarque

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