Plans sociaux

Dimanche 4 avril 2010 7 04 /04 /Avr /2010 13:20

didaxis portage senior2L'observatoire de l'ANPE a publié, en mars, une étude intéressante sur le chômage des plus de 50 ans (vous pourrez la télécharger en PDF en cliquant ci-desous).

Il apparaît d'abord que le taux de chômage des seniors, moins élevé que celui des autres tranches d’âge. Mais, ceci ne rend compte que partiellement leur situation sur le marché du travail. En effet, si environ 600 000 demandeurs d’emploi (catégories 1, 2, 3, 6, 7 et 8) étaient âgés de 50 ans ou plus à fin décembre 2005, 400 000 autres personnes bénéficiaires du régime d’assurance chômage ou du régime de solidarité chômage étaient également sans emploi mais dispensées d'en rechercher un. Ce que porte à 1 million le nombre du plus de 50 ans éloignés du marché du travail.

Les demandeurs d’emploi seniors se caractérisent par leurs difficultés à se réinsérer : plus d’un sur deux est au chômage de longue durée et près d’un sur trois est au chômage depuis plus de deux ans. Leur entrée au chômage se produit le plus souvent à la suite d’un licenciement et leur sortie du chômage se révèle difficile : trois sur dix reprennent un emploi, contre un sur deux pour les 25 à 49 ans. De surcroît, à partir de 55 ans, ils sortent principalement vers l’inactivité.

Majoritairement employés qualifiés, on trouve cependant des proportions plus importantes d’ouvriers et de cadres que chez les plus jeunes. Parmi les ouvriers, la part des demandeurs d’emploi de nationalité étrangère est relativement importante : 23% contre 12 % pour l’ensemble. Par ailleurs, si environ un senior sur sept est reconnu travailleur handicapé, cette situation concerne plus d’un senior sur cinq parmi les non qualifiés.

En ce qui concerne les emplois et métiers recherchés par les seniors, plus d’un tiers des hommes est inscrit dans un métier du transport et de la logistique, de la mécanique et de l’électronique ou du BTP, tandis que pour les femmes, plus d’un tiers d’entre elles recherchent un emploi dans la seule catégorie des services aux personnes et aux collectivités. Cette concentration des femmes sur un nombre restreint de métiers est plus marquée que chez leurs cadettes.

 

Cliquer ici pour accéder au rapport : http://ddata.over-blog.com/3/17/15/09/Chomage-seniors.pdf

Par Patrick Lamarque - Publié dans : Plans sociaux
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 6 mars 2010 6 06 /03 /Mars /2010 00:02
6-Stress.jpgDans nombre d'interventions qui nous sont données de réaliser ces derniers temps, des relations hiérarchiques difficiles, souvent qualifiées de harcèlement moral, sont en jeu. Or, en y regardant de près, le harceleur (ou la harceleuse) est souvent lui-même une victime. Victime de la fragilisation de sa situation, de plus en plus en compétition avec de plus jeunes, moins chers et plus à la page. Victime des restructurations permanentes. Victime de l'intensification extrême du travail ces dernières années. Et ceci partout, secteurs public et secteur concurrentiel confondus, ce mal ronge de nombreux cadres fragilisés.

La culture de la performance à tout prix, la maladie de la mesure et du reporting, la réduction des effectifs de soutien et d'assistance, l’organisation et  les conditions de travail qui en découlent pèsent sur le vécu des cadres. Certains vivent un conflit intérieur entre leur désir narcissique d'être performant, le sentiment d'être déconsidérés et l'effondrement de l'estime de soi qui s'ensuit.  D'où le désenchantement actuel du travail, voire le  burnout, ou encore le transfert de la pression, majoré de l'angoisse du cadre, sur ses collaborateurs qui vivent un harcèlement insupportable.

Dans ce contexte, l'individualisation des situations, que justifiait l'autonomie, est devenue perverse : à l'origine facteur de motivation, elle est désormais un objet de pression et de culpabilisation. C'est pourquoi personne n'est plus vraiment dupe des méthodes de développement personnel mis en avant jusque là pour remotiver les personnes en perte de vitesse. Les egos blessés ne se remettent jamais totalement de leurs souffrances.

De surcroît, les rapports de coopération se sont usés. Les salariés, cadres ou non cadres, ne se sentent pas soutenus par un collectif puisqu'on les individualise de plus en plus. Or, l'expérience nous le rappelle souvent : c'est en reconstituant du collectif qu'on engendre le soutien indispensable à la reconstruction des individus en souffrance. 
Par Patrick Lamarque - Publié dans : Plans sociaux
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 13 novembre 2009 5 13 /11 /Nov /2009 21:53
Fusion encore instable de l'ANPE et des ASSEDIC, Pôle Emploi interroge ses salariés sur les risques psychosociaux subis dans leur activité. En une semaine, environ 30% d'entre eux auraient déjà répondu. Ceci explique peut-être que le site de ce service soit souvent inaccessible, comme en témoigne la capture d'écran ci-dessous :



Assurant être "très attentif à la question du stress", Christian Charpy, directeur général, a ajouté : "Cela va nous permettre d'engager des négociations pour signer d'ici fin février" un accord sur les conditions de travail et la prévention du stress.
Les 107 questions transmises aux quelque 47.000 salariés portent notamment sur leur charge de travail, leur autonomie, la reconnaissance de leur travail, leur temps de travail, les difficultés relationnelles mais aussi leur sentiment face à la fusion, leur santé ou encore les agressions dont ils ont pu être victimes.

Le 20 octobre dernier, au soir d'une grève suivie des personnels de Pôle emploi pour protester contre leurs conditions de travail, M. Charpy avait annoncé l'ouverture "d'ici la fin de la semaine, avec l'espoir d'aboutir avant la fin de l'année, (d')une négociation sur la prévention du stress". Les salariés de Pôle emploi sont donc invités depuis le 5 novembre et jusqu'au 20 novembre à répondre par internet à un questionnaire sur le stress au travail, la direction souhaitant ainsi établir une "photographie" des "risques psychosociaux" sur la base du "ressenti des salariés au travail".

Les "premiers éléments d'analyse" sont attendus courant décembre, la totalité "courant janvier", a indiqué jeudi dernier la direction de Pôle emploi.

Par Patrick Lamarque - Publié dans : Plans sociaux
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Le fil d'Ariane

 

  Tapies : la grande figure renversée

 

TAPIES Ocre, marron et blanc aux quatre 1972Lundi 6 février disparaissait, à l'âge de 88 ans, Antoni Tapies. Ce n'est pas simplement une part de l'âme catalane qui s'efface avec lui, mais une des plus grandes figures de la peinture européenne de la seconde moitié du XXème siècle. Celui qui, dans le monde de la peinture informelle, plus qu'abstraite, faisait le pendant à l'anglais Francis Bacon (mort d'ailleurs à Madrid en 1992) dans un ordre plus figuratif.

Tapies a toujours été viscéralement attaché à sa ville, celle de son aîné Miro, qu'il admirait et dont il a retenu la leçon, alors qu'il accompagnait le dadaïsme. Mais, sa grande période fut celle des années 60 à 2000, au cours desquelles il développa un langage singulier avec un vocabulaire récurrent ses traces de mains ou d'objets bruts arrachés à la ville.

Surtout, Tapies fut un humaniste, à travers son engagement contre le franquisme qui le jeta en prison en 1966, son goût aussi de l'écrit (il était fils d'éditeur, ami des poêtes, grand lecteur) et ses matières terreuses aux couleurs sourdes. Sa peinture traduisait la société en marche, fière et douloureuse, riche de son humilité aussi, quand celle de Bacon fouaillait l'introspection.

Je dois le dire simplement, Tapies va me manquer, moi qui ai été, depuis longtemps, accompagné par ses oeuvres. Cette semaine, les drapeaux de l'art et de la délectation sont en berne. Heureusement qu'en catalan "adieu" se dit "comiat", mot dans lequel je veux lire un appel à se rapprocher.

 

 

Digest

 

Patrick Lamarque est conseil de dirigeants en matière de stratégie, de gestion des crises et de management du changement. Il est également coach pour dirigeant privés et publics. Il opère en France et à l’étranger.


Ancien élève à l'Ecole Nationale d’Administration, Patrick Lamarque, dans les années 80, a créé la mission communication interne et maîtrise du climat social à la Ville de Paris, coordonné la communication gouvernementale auprès du Premier ministre et conseillé pour sa communication le ministre de la Défense. Dans les années 90, il dirige la communication de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Bordeaux, puis celle de la Ville et de la Communauté Urbaine de Lyon. Il est ensuite appelé comme Conseiller auprès du Secrétaire d'État à la Défense, puis auprès de la Secrétaire d’Etat aux Personnes handicapées avant d’être chargé de la concertation et de l’accompagnement social à la Délégation Générale pour l’Armement.


Introducteur des études qualitatives dans l’analyse politique il a développé ces méthodes pour structurer une démarche globale de maîtrise du climat interne de l’entreprise. Il a développé une approche novatrice d’entretiens de confrontation pour la résolution de conflits.


À partir de son expérience dans la gestion de la communication de la Défense durant la première guerre du Golfe, il a créé une méthodologie de maîtrise des crises qui a fait ses preuves dans de multiples situations difficiles, lors de crises de changement, de situations d’urgence psychosociale ou de plans de sauvegarde de l’emploi.


Il enseigne à l’ENA, au CELSA, à l’EFAP, dans plusieurs universités françaises ainsi qu’à l’École Supérieur du Commerce et des Affaires de Casablanca et à l’Université de Buenos-Aires. Chroniqueur radio, il est auteur d’une vingtaine d’ouvrages.

 

 

 

Le jardin haïku

 

Quelques beaux poêmes

 

Dans une vieille mare,

une grenouille saute,

le bruit de l'eau.

Bashö (1644-1694)

 

 

Porté par l'obscurité.

Je croise une grande ombre

dans une paire d'yeux.

Tomas Transtromer (Prix Nobel 2011), traduit par Jacques Outin


 

Sur la plage

je regarde en arrière

pas la moindre trace de pas.

Hosai  (1885-1926)

 

 

J'étais là moi aussi -

et sur un mur blanchi à la chaux

se rassemblent les mouches.

Tomas Transtromer (Prix Nobel 2011), traduit par Jacques Outin

 

 

Il n'y a rien

dans mes poches -

rien que mes mains.

Kenshin (1961-1987)

 

 

Un papillon blanc sort
D'entre les rayures d'un zèbre.

Sei Imai

 

 

Plus que de l'aveugle
Du muet fait le malheur

La vue de la lune.

Kyoraï

 

 

Au coucou

Elle ne répond rien

La girouette en fer.

Seiho Awano


 

Quelques essais personnels

 

Le bolet doré

au couteau de l'automne

craque mollement.

P.L.

 

 

La nuit est posée

l’hiver gagne la ville –

Frisson de moineau. 

P.L.


 

Un mille-pattes trébuche

-bruit de catastrophe-

entre quelques brins d'herbe.

P.L.


 

Cul grisâtre 

d'une bouteille lancée

dans la mer étroite -

bonjour Trieste.

P.L.

 

 

Goutte à goutte

- loupes hallucinées -

le toit s'égoutte.

P.L.

 

 

Au profond de la nuit

rentrent les meurtriers

le devoir accompli.

P.L.

 

 

Tendu comme un arc,

l'hiver scarifie

d'une autre ride le visage.

P.L.

 

 

Dans la nuit luisante

résonnent des pas

- un chien lève la patte -

P.L.

La citation de la semaine

 

Nulle action n'est assurée d'oeuvrer dans le sens de son intention. Edgar Morin 

 

Patrick Lamarque

Créez votre badge

Le cabinet de curiosités

Recherche

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>

Syndication

  • Flux RSS des articles
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés